Les livres numériques ne font plus recette

Mickaël Bazoge |

Le bon vieux bouquin, celui qui sent l’encre et le papier, a de beaux jours devant lui. À l’instar du vinyle pour la musique dématérialisée sans âme ni chaleur, le livre traditionnel résiste à la poussée des e-books, en particulier aux États-Unis et au Royaume-Uni. Mieux encore, leurs ventes progressent alors que celles des livres numériques déclinent.

L’an dernier, de l’autre côté de la Manche, les ventes d’e-books ont plongé de 17% selon la Publishers Association. Aux États-Unis, sur les neuf premiers mois de l’année 2016, l’Association of American Publishers a calculé des ventes en baisse de 18,7% ! Les livres classiques en profitent pour augmenter leurs ventes : +7% au Royaume-Uni, +7,5% aux États-Unis (livres de poche).

Les causes qui redonnent du pep’s aux bouquins traditionnels sont variées : les livres de cuisine sont plus simples à utiliser (en cuisine), les livres pour enfants sont toujours très populaires dans leur format classique, et puis donner en cadeau un livre de papier fait toujours son petit effet.

Le marché français reste encore solide pour les livres numériques. GfK note que pour l’année 2016, les ventes d’e-books sont bien orientées avec une progression de 13% en volume, et de 12% en valeur. Néanmoins, la France part de très bas : les livres numériques ne représentent que 2,5% du total du chiffre d’affaires total du marché du livre (3,5% des volumes totaux).

La littérature de genre (SF, polars…) est la plus prisée en numérique, où elle compte de 10 à 15% des ventes totales. Pour le genre « romance », le numérique représente quasiment la moitié du marché ! Il n’y a qu’à voir le nombre insensé de bouquins « fleur bleue » (et autres couleurs) sur l’iBooks Store.

La conséquence de ce regain d’intérêt pour le papier, du moins sur les marchés anglo-saxon, c’est une baisse des ventes de liseuses : celles-ci ont plongé de 40% entre 2011 et 2016. Heureusement pour elles, les tablettes ont d’autres arguments à faire valoir que la seule activité de lecture.


avatar petergab | 

"Les livres numériques ne font plus recette"
Cela fait même plusieurs années que ça plonge.
Ce n'est pas le couple iBooks Author et Photos devenus incompatibles avec l'arrivée de Photos, qui va arranger les choses. Et Apple ne répond toujours pas à ce problème.
Dans iBooks Author, palette multimedia, on ne voit pas les photos, ni le contenu d'iTunes.
Si avec l'outil fait pour on ne peut pas créer des livres, il ne faut pas s'étonner.
L'ensemble rejoint Aperture dans sa tombe, il y a des baffes qui se perdent parfois.
Manquerait plus qu'ils ferment le canal livre classique depuis Photos...

avatar JadEstuaire | 

Le livre papier n'est pas prisonnier d'un écosystème et on peut le transmettre ou le prêter sans contrainte à qui on veut?

avatar Bigdidou | 

@JadEstuaire
"Le livre papier n'est pas prisonnier d'un écosystème et on peut le transmettre ou le prêter sans contrainte à qui on veut?"

C'est vrai, on perd l'âme de l'objet et le plaisir de farfouiller dans sa bibliothèque.
Après quel gain de place... Et en vacances ou en déplacement, une liseuse c'est quand même bien pratique...
Pour les bouquins techniques, qui, en plus, dans certains domaines, se périment vite, le numériques est une vraie petite révolution.
Pour la littérature, je suis plus ambivalent.
La bd, même sur le grand iPad, il y a une immense perte de plaisir, probablement liée aux sensations de l'enfance, l'odeur du papier et de l'encre, ou autre chose que je ne retrouve pas.
Ma résistance au changement, sans doute ;)

avatar John McClane | 

Je ne lis plus que sur iPad à présent, et j'adore.
Par contre les prix ne sont pas réalistes : ils sont souvent plus chers que les livres en papier, alors qu'ils ne coûtent rien à produire ! La semaine dernière j'ai acheté un livre iBooks à treize euros alors qu'on le trouve en format poche à six euros...

avatar House M.D. | 

@John McClane

Problème français en majeure partie, les livres numériques ont obligation d'afficher au moins le même prix que les livres papier, pour ne pas tuer les librairies.

avatar occam | 

@John McClane

Il est impératif de consulter attentivement cette analyse détaillée avant de conclure que « les livres numériques ne font plus recette » :
http://authorearnings.com/report/dbw2017/

Pour toute comparaison, il faudrait savoir à quels chiffres de base bruts on se réfère, avant de clamer des pourcentages.

Ensuite, il faudrait effectuer une comparaison avec et sans Amazon, qui détient la part du lion de la distribution.

Il faudrait aussi voir de près quelle influence un changement de régime de rabais chez Amazon exerce sur les marges des éditeurs et les prix de ventes. Influence qui détermine le choix des consommateurs.
Un exemple frappant se trouve illustré dans l'étude que je cite.

Comme si souvent, tant les avis de décès que les clameurs de résurrection s'avèrent prématurés.

avatar en ballade | 

@John McClane

La tablette n'est pas adaptée a la lecture a contrario de la liseuse....sante des yeux oblige

avatar Hoooti | 

Ça se donne, ça se revend, ça se transmet, ça se prête, ça s'égare, ça se retrouve, ça s'échange. Le livre est un objet symbolique de communication et de partage, que ne sera jamais l'ebook.
Longue vie aux livres.

avatar iPop | 

@Hoooti
ça se prête

Prêter c'est perdre. Je ne compte plus le nombre de livres que j'ai du racheter.

avatar Franckali | 

Je ne lis plus que sur ipad également, une centaine de livre partout, une centaine de BD ! Très agréable à lire le soir dans son lit, passer d'un livre à l'autre facilement!
Bref pour moi je fuis plutôt le papier... s'abîme, ne se prête pas aussi facilement à sa famille, difficile à transporter et prend de la place. Mon cas: je vis à l'étranger, j'achète un livre et avec le partage familial toute ma famille en France en profite sur l'ipad (pareil pour film série etc...). Et comme je voyage beaucoup c'est juste énorme d'avoir sa collection de BD, mangas etc avec soit ( et au passage les mangas sur ipad c'est beaucoup plus confortable que les version papier jaune , et moins CHER et souvent des Grosses promo!!

avatar ovea | 

Le parcours harassant pour l'utilisation
du livre numérique sur n'importe quel support
en restrain son adoption

(((En cause, les DRM ou protection qui vont pourtant contre les lois les interdisants)))

avatar Giloup92 | 

Si vous vous intéressez à un sujet (historique par exemple) vous trouvez un grand nombre de livres numériques en anglais de bonne qualité à un pris très bas alors que leurs équivalents en français, quand ils existent sur le sujet, sont beaucoup plus chers. Sans parler des éditeurs français qui ne se donnent même pas la peine de sortir une édition numérique de leurs ouvrages.
Quand aux traductions (de l'allemand par exemple) en version numérique, elles sont généralement moitié moins chères en anglais qu'en français.

avatar Switcher | 

"Les livres numériques ne font plus recette".
Ce qui est inquiétant, c'est que le marché du livre-papier reste atone également.
Les librairies résistent, mais les hypers (le principal endroit où l'on achète des livres, il me semble) ont vu leurs ventes décliner de 30%. Lassitude du public relative aux "best-sellers" et choix éditoriaux imposés ?
L'évolution du marché semble prendre pas mal de gens de cours en tout cas.

avatar debione | 

BAh, quand t'a passé ta journée à pondre de la merde sur FB et en lire autant sur Message et wath's App, normal que tu n'aies plus trop envie de lire en plus pour le plaisir...

Je pense que jamais les gens n'ont autant lu et écris de texte que maintenant, je pense que cela doit aussi avoir son importance dans le cas de la moindre envie de lire encore pour le plaisir...

avatar JadEstuaire | 

Ça feras sûrement le bonheur des ophtalmos dans quelques années ?

avatar DarKcWiZ | 

Alors étant fan de comics le numérique m'as permis de pouvoir lire toute les petites séries qui n'aurais jamais été disponible ici et je trouve que lire des bd sur une tablette c'est bien plus confortable.
À contrario je n'aime pas lire de livre sur tablette je trouve cela moins confortable que le format papier et bizarrement je rentre moins rapidement dans l'histoire.

avatar Bruno de Malaisie | 

Habitant en Malaisie, iBooks m'est indispensable. Que ce soit pour des livres en français, en anglais ou des pdf pour la recherche.
J'ai tout ce dont j'ai besoin sur moi.
Avec différentes teintes de lecture en fonction de l'heure.
Parfait pour moi.

avatar stemou75 | 

Il y a ceux qui aiment la lecture et ceux qui aiment les livres. Pour les premiers le numérique est un avantage, pouvoir transporter et stocker facilement une bibliothèque avec soi. Pour les seconds le numérique est sans âme.

La baisse des ventes de liseuses est-elle due au fait que les gens sont déjà équipés ? Ou bien qu'ils préfèrent acheter une tablette ?

avatar Phoenixxu | 

Et puis bon...
payer une version numérique quasiment le même prix qu'une version physique... ça n'encourage pas non plus !

avatar Lestat1886 | 

A part pour des essais ou des livres types manuel (économie, etc.) je privilégie toujours le physique

avatar cetici | 

Le prix des livres numériques est sûrement la cause première, surtout quand on en trouve régulièrement qui sont plus cher que les livres papier !!

Perso je lis 90% en livre numérique mais pas sur iPad, sur une liseuse car le confort de lecture est sans pareil.

avatar weagt | 

Le livre numérique souffre de deux problèmes majeurs :
1 Comme évoqué le fait que le prix soit pratiquement le même que la version papier n'est pas encourageant, surtout si on considère l'économie non négligeable que les éditeurs font en diffusant en numérique, pas de papier, pas d'impression, pas de transports, pas de réseaux de distributions...

2 Si on achète un livre sur Kindle on ne peut le lire qu'avec un Kindle ou sur l'application Kindle qui selon les plateformes n'est pas toujours très pratique, de même un livre acheté dans l'iBooks store ne pourra être lu que dans iBooks. Si on pouvait acheter un livre et utiliser le fichier comme on le veut là ça serait génial et à vrai dire normal. Les DRM sur les livres numérique c'est comme si pour les livres papiers on ne pouvait les lire que dans un endroit précis.

avatar Giloup92 | 

@weagt
2 L'application Kindle sur iPad est parfaite.

avatar tbr | 

@weagt

calibre est ton ami.

avatar Rikly | 

Quand je vois la m... pardon la galère avec iBooks, je n'ai pas trop envie d'acheter du numérique. Et puis les DRM, les prix surfaits...

avatar marenostrum | 

le vrai livre sert de décoration et il est représentatif. si on veut connaitre d'un coup l'intelligence de quelqu'un on regarde sa bibliothèque.

avatar occam | 

@marenostrum

"le vrai livre sert de décoration et il est représentatif."

Point barre.

Rien ne prouve la lecture avenue des volumes ainsi exposés.
Encore moins leur compréhension.

Le rapport entre bibliométrie et quotient intellectuel, pour autant qu'il existe, n'est certainement pas linéaire.

avatar YAZombie | 

Ben dis donc… si tu crois que c'est même un indice mineur tu ne dois pas en avoir beaucoup…

avatar tbr | 

@marenostrum

"Si on veut connaitre d'un coup l'intelligence de quelqu'un on regarde sa bibliothèque."

Non. Le nombre de bibliothèques garnies de livres jamais lus prouve non seulement que les gens veulent se donner un genre "intello" et qu'en plus, ce sont des Tartuffes.

avatar Mike Mac | 

@marenostrum

Pour celui qui emprunte beaucoup en bibliothèque, tu vas avoir du mal à mesurer son intelligence.

avatar gattuz | 

J'aime beaucoup les ebooks depuis l'achat de mon kindle voyage il y a peu de temps. Je me suis remis à la lecture, chose qui était impossible avec mon iPad qui m'ébloui au bout de quelques minutes.

avatar pat3 | 

Je lis beaucoup (c'est mon métier, mais j'ai toujours beaucoup lu), et aujourd'hui je ne pourrais plus me passer de la tablette en lecture (et pourtant, j'aime toujours autant la lecture et les livres):
1) encombrement : mes bibliothèques sont pleines, j'en ai deux chez oui, une au boulot, et j'achète au moins un livre par semaine; je transporte une bibliothèque avec moi, et que mon bouquin fasse 250 ou 1200 pages, il rentre dans mon petit sac décathlon de 10 l (je lis en ce moment un super bouquin qui n'existe qu'en version papier : chiant à porter, encombrant dans le sac, et c'est un seul bouquin)
2) commodité : sur mon iPad, je lis, j'annote, je récupère les notes, j'agrandis ou rapetisse la taille des caractères, je lis la nuit sans déranger, je peux faire une recherche sur internet, écrire dans un logiciel de prises de note et revenir à ma lecture, assis, allongé, debout ; sur mon ordi, j'ai six livres ouverts en même temps, j'écris, je reprends mes notes, mes citations, je retrouve une citation par un mot-clé.
3) multimédia: je lis un livre sur du HTML/CSS : les exemples sont illustrés, manipulables, les liens donnent un accès direct au site ; j'ai accès au extraits vidéo, audio ; ma fille a lu/vu/écouté des tas de contes et d'histoire (et elle adore lire).
Le livre numérique est l'avenir du livre, mais l'économie du livre papier veut vivre de ses rentes ad vitam aeternam.
Il n'y a encore que peu de maisons d'édition et peu de libraires qui se lancent dans l'édition numérique en misant sur la qualité, sans la faire payer hors de prix : et c'est dommage. Faut juste plus donner envie de lire le livre numérique que le livre papier - et est possible pour plein de livres (ne serait-ce qu'en retrouvant le goût des enluminures médiévales). Je suis sûr que le premier qui s'y mettra remportera la timbale.
Où à trouver un équilibre sur les prix, il y a déjà quelques éditeurs qui prennent le bon chemin (ISTE, livres scientifiques : 25/35€ papier, 9,90 numérique ; Publie.net, numérique à 4,99€ et papier entre 12 et 22€ ; la collection A Book Apart, numérique à 8€, quasi moitié prix du papier).
Tant qu'il n'y aura pas la volonté de vendre des ebooks bien édités, on aura les mêmes sempiternelles récriminations. Mais ce n'est pas l'objet qui fait problème, ce n'est même pas le lecteur ou la lectrice qui font problème. C'est juste le corps intermédiaire,qui préférerait tuer la lecture que de s'adapter.

avatar occam | 

@pat3

Je vous remercie pour ce commentaire très judicieux et fort bien étayé.
Peut-être que tous les lecteurs ne sont pas conscients de deux points que vous mettez en lumière :

1. Livres scientifiques : ceux qui sont astreints à leur lecture n'ont guère le choix, tant les prix que le volume des versions imprimées seraient prohibitifs. Et l'annotation des versions numériques est un instrument obligé.

2. Les possibilités de la typographie et de l'illustration numérique en font un outil de rêve pour les bibliophiles éclairés — ceux pour qui la facture et la qualité de conception et d'exécution priment sur l'objet brut.

avatar AlexG | 

S'il y avait plus de choix en livres numériques en français, peut-être y aurait-il plus de ventes...

avatar YAZombie | 

Rien de mieux qu'un Kindle. Pour moi qui lis à 99% en anglais la présence et la praticité d'usage des dictionnaires est sans équivalent. Ça fait toute la différence, sans parler bien sûr du confort inégalé du papier électronique.

avatar webHAL1 | 

@YAZombie:
Entièrement d'accord, le dictionnaire intégré est un vrai plus sur une liseuse électronique !
Une autre fonctionnalité que je trouve fort sympathique sur les Kindle (je ne sais pas si un équivalent existe sur l'iBooks Store d'Apple...) est la possibilité de recevoir gratuitement un extrait d'un livre et donc de commencer sa lecture avant de se décider (ou non) à l'acheter. :-)

Cordialement,

HAL1

avatar pat3 | 

@webHAL1

C'est pareil dans iBook, on commence le bouquin, et s'il nous plaît, on l'achète en un clic et on poursuit directement la lecture.

avatar Gévaudan | 

Je n'ai jamais acheté un ebook,car je trouve beaucoup trop cher comparé à la version papier. On arrive même à voir des versions numérique plus chères que leurs versions papier ! Le comble !
Normal donc que ça ne fasse pas recette...

avatar Shinruf | 

Forcément que ça n'a pas la côte au prix où ils les vendent !!!
Faut arrêter de croire que les gens sont que des pigeons ...

avatar Depeupleur | 

N'oubliez pas tous ceux qui ne pouvaient plus lire de livres papier, et qui relisent grâce aux ebooks.

CONNEXION UTILISATEUR