Les grandes ambitions européennes des opérateurs français (et de leurs propriétaires)

Mickaël Bazoge |

Si la consolidation du marché des télécoms est à l'arrêt en France, les rapprochements et les fusions ont débuté à l'échelle européenne. Et les acteurs hexagonaux sont gourmands, à l'image d'Iliad et de son remuant fondateur, Xavier Niel, qui a tenté un coup en Italie avec une offre pour la filiale locale de Vodafone — c'est finalement tombé à l'eau. Pas de quoi décourager le milliardaire, qui se dit « à l'affût de tout » dans Capital.

Crédit : Jonas Leupe (Unsplash)

« Chez Free, on a fait une carte d’Europe avec tous les pays où on est et ceux dans lesquels on veut s’implanter », explique-t-il encore. L'opérateur et Xavier Niel à titre personnel sont présents d'une manière ou d'une autre en Suisse avec Salt, en Irlande avec Eir, en Pologne avec Play, à Monaco avec Monaco Telecom, et bien sûr en Italie sous la marque Iliad. L'homme d'affaires lorgne maintenant l'Allemagne, où O2 pourrait être cédé par Telefonica dont l'opérateur détient 60 % du capital. Le marché espagnol intéresse également Xavier Niel, mais il n'est pas le seul Français à faire preuve d'appétit.

Patrick Drahi, le propriétaire de SFR (et de Portugal Telecom), a aussi des vues sur le marché européen au sens large, puisqu'il possède 18 % du capital de British Telecom. Il lui faudrait 20 milliards d'euros pour obtenir le contrôle à 100 % du géant britannique, ce qui n'est pas pour lui faire peur. Après tout, son groupe Altice est endetté à hauteur de 50 milliards, alors un peu plus, un peu moins… Même si les conditions de marché sont moins favorables avec la remontée des taux.

De son côté, Vincent Bolloré joue les mouches du coche avec sa participation de 24 % dans TIM (Telecom Italia), en concurrence directe avec Iliad. L'industriel breton, qui a investi dans l'opérateur en 2015, voulait se rapprocher de Telefonica, voire d'Orange en France, et créer ainsi un poids lourd européen. Pour le moment, ça n'a rien donné.

Quant à Martin Bouygues, il reste persuadé qu'il y a un coup à jouer en France, en rapprochant Bouygues Telecom d'Orange. L'opérateur historique avait failli acquérir l'activité télécoms du groupe de BTP en 2016 (ce qui aurait permis à Martin Bouygues de devenir actionnaire de référence), mais là aussi l'affaire a capoté.

Enfin, n'oublions pas Orange qui a cherché, à deux reprises, une fusion avec des opérateurs européens : Deutsche Telekom en Allemagne, puis Vodafone au Royaume-Uni. À chaque fois, l'État — majoritaire au capital de l'entreprise — a fait échouer ces projets. Mais qui sait, peut-être qu'avec la nouvelle direction qui va remplacer Stéphane Richard, les choses vont évoluer.

Arthur Dreyfuss, le directeur général d'Altice, l'affirme en tout cas : « D’ici cinq à dix ans, les 85 opérateurs européens seront détenus par cinq à huit grands groupes ». Combien d'entre eux seront français ?


avatar Terence993 | 

Ce n’est pas dit dans l’article mais Orange a récemment pris une part majoritaire dans le câblo-opérateur VOO qui est actif en Wallonie (à l’exception de la botte du Hainaut) et dans un tiers des communes bruxelloises.

avatar Krysten2001 | 

@Terence993

Oui voilà 🙃

Hâte de voir ce que ça va donner ^^

avatar heero | 

@Terence993

C’est carrément une acquisition ;)

https://corporate.orange.be/fr/news-medias/orange-belgium-annonce-la-signature-d’un-accord-avec-nethys-pour-l’acquisition-de-75

En même temps orange Belgique en profite pour augmenter l’internet de 2 ou 3€ en fonction du pack en février dernier et en juin la partie mobile augmente de 1 à 2€ en fonction du pack. Ce qui fait à 3mois d’intervalles une augmentation entre 3 et 5€, bonjour l’inflation.

avatar Terence993 | 

@heero

J’avais initialement utilisé le terme d’acquisition mais j’ai modifié mon commentaire pour utiliser celui de participation majoritaire car Orange n’a pas racheté l’ensemble des actions de VOO.

Personnellement, j’ai choisi Neibo pour la téléphonie mobile (j’y suis coopérateur) et je compte passer chez EDPnet pour internet.

avatar cecile_aelita | 

Moi ce fait 3 semaines que je n’ai plus internet chez moi😅! Donc si Bouygues pouvait se bouger les fesses pour réparer le soucis!
Parce que c’est tout le quartier qui est sans internet depuis presque un mois quand même 😅!

avatar DahuLArthropode | 

@cecile_aelita

Tout le monde est chez Bouygues? Le problème ne touche que les abonnés Bouygues? Ou bien le problème est-il en amont au niveau des équipements mutualisés?

avatar cecile_aelita | 

@DahuLArthropode

Apparement ca touche toute la ville 🙂.
il y a souvent des soucis apparement avec l'installation fibre de la ville...
il y a eu un article la dessus sur le journal de la ville... mais je n'arrive pas à trouver une version numérique pour te montrer désolé🙂.

https://www.leprogres.fr/economie/2021/06/15/fibre-optique-saint-priest-et-meyzieu-saisissent-l-etat

https://www.leprogres.fr/economie/2022/03/04/apres-l-incendie-d-une-armo...

avatar Tomtomrider | 

@cecile_aelita

Saint priest et Meyzieu (ma commune) qui sont je crois les deux seules villes du Rhône fibrées par SFR et dans lesquelles c’est toujours en panne. J’en suis à 3 incidents depuis décembre, 5 en 4 ans. C’est souvent souvent qu’un simple rebranchement en effet comme le dit l’article. Sauf une fois où ça a pris plus d’un mois.
Et puis les armoires de rues sont toujours ouvertes à Meyzieu ( je ne sais pas sur Saint priest) alors ca ne doit aider non plus.

avatar cecile_aelita | 

@Tomtomrider

C’est exactement ça apparement 🙂.
Mais du coup ça fait quand même plus de 3 semaines m’amenèrent qu’ils corrigent ça et que je n’ai plus internet à la maison 😰

avatar Rom 1 | 

Boarf ça fait des années qu’ils tiennent le même discours. Quand on voit que la CE a obligé à repasser à quatre en Italie, permettant l’arrivée d’Iliad, m’étonnerait qu’on passe a trois en France de si tôt. D’autant que les quatre arrivent à vivre plutôt confortablement, même si l’un d’entre-eux a une dette abyssale et sans l’État derrière.

Quant à l’échelle européenne oui, ça servira à peser (un peu) sur les Gafam sinon pas vraiment d’économie d’échelle ou de synergies à être présent sur plusieurs pays. Quelques millions d’euros d’économisés auprès des équipementiers mais pas de quoi s’extasier non plus.

Juste un désir d’analyste boursier qui veut toujours plus de profits.

avatar fornorst | 

@Rom 1

Y’a pas mal de synergies au niveau informatique,
centres d’appels, backoffice, R&D, … aussi à faire je suppose.

avatar Rom 1 | 

@fornorst

Pas tant que ça parce que les besoins et les exigences sont très souvent particulières pour chaque pays car les règles en la matière sont la plupart nationales et répondent à des impératifs propres.
Les centres d’appels rarement les mêmes langues et sont pour la plupart sous-traités ou dans des filiales à bas coût.
Pareil pour la R&D y en a pas tant que ça à part du Orange du fait de la multiplicité des métiers (ça les sous-marins par exemple) ou un peu chez Free même si les boxes sont souvent sur étagère avec apparence différente. La R&D c’est surtout les équipementiers qui la supporte.

avatar fornorst | 

@Rom 1

La R&D sur le cœur de réseau, pas forcément sur les box même si on voit tout de même que free recycle pas mal (il me semble) entre se différents pays.
Et si les opérateurs français tentent la consolidation européenne c’est qu’ils doivent tout de même y trouver leur compte en matière de synergie : ce ne sont pas eux qui dégagent les plus grosses marges en Europe !

avatar Rom 1 | 

@fornorst

Pareil sur le cœur réseau c’est acheté sur étagère et déployé par les équipementiers (même si c’est en réalité un poil plus complexe). Il y a d’ailleurs un cœur réseau par pays même si l’opérateur est présent dans plusieurs, encore une fois législation nationales et contraintes techniques dues à des marches qui ont évolué différemment.

Tu l’as dit s’ils vont ailleurs c’est pour prendre des marges qu’ils ne font pas dans des pays où la concurrence est plus forte. Mais ça ne s’appelle pas des synergies juste faire plus de profits en faisant de la croissance externe. Et clairement fusionner/racheter des opérateurs en Europe c’est pas pour faire des synergies mais pour avoir à terme le moins de concurrence possible et faire monter les prix.

avatar tofoo93 | 

@fornorst

C’est proche de zéro, la seule justification d’aller dans les autres pays est purement financière et aller chercher une croissance qui est très compliqué en France… D’ailleurs XN a entrepris cela au moment ou Free c’est fragilisé et n’avait plus la capacité de lui ramener le cash-flow indispensable pour maintenir le cap et l’a forcé à changer sa stratégie en France en diminuant sa politique de prix cassé, mais a pour le coup aussi cassé toute la partie innovation faute d’investissement suffisant car n’a pas suffisamment relevé ses prix notamment sur la partie mobile (en même temps SFR n’aide personne en bradant ses forfaits tout en continuant de perdre de la PDM et de la valeur par abonné)
On verra qui se décidera de jeter l’éponge pour se vendre et retrouver plus de rationalité et des marges plus en rapport à ce qu’elles devraient être au vue de l’investissement.

avatar bibi81 | 

C’est proche de zéro, la seule justification d’aller dans les autres pays est purement financière et aller chercher une croissance qui est très compliqué en France…

Les signaux envoyés par l'Europe (pas de frais de roaming en Europe) indiquent qu'elle veut des opérateurs européens et pas des dizaines d'opérateurs nationaux.
Donc pour les opérateurs c'est soit être le petit poisson qui se fait manger et meurt ou soit être le gros poisson qui mange les petits poissons et survie.
Les opérateurs français veulent manifestement être un gros poisson.

avatar vince29 | 

@bibi81

> Les signaux envoyés par l'Europe (pas de frais de roaming en Europe) indiquent qu'elle veut des opérateurs européens et pas des dizaines d'opérateurs nationaux.

Je vois pas le rapport.
Et puis ce serait contraire à la doxa.

avatar Rom 1 | 

@vince29

Clairement je vois pas le rapport non plus. Dans les pays qui sont passés de 4 à 3, les remèdes imposés par la CE a été de laisser une 4e licence, d'où l'arrivée d'Iliad en Italie. Créer des champions européens n'est pas incompatibles avec la présence de quatre à cinq MNO dans chaque pays.

avatar onclebobby | 

Alors, ils la ramènent les "experts" du forum qui disent qu'Iliad va disparaître, se faire racheter, déposer le bilan blablabla??

avatar vince29 | 

Maintenant que c'est (encore plus) rentable, tout va dans la popoche de Xavier.

avatar paulg | 

Lol Vincent Bolloré qui veut revenir dans les télécoms… ils avaient pas vendu SFR eux ? 😂
Dans quelques années il va vouloir acheter Warner Music.. (après avoir rendu Universal)

avatar Urubu | 

« D’ici cinq à dix ans, les 85 opérateurs européens seront détenus par cinq à huit grands groupes »

Et n’oubliez pas de bien choisir votre maître dimanche, gentils toutous

avatar e2x | 

Il y en a qui s’en font plein les popoches hein 😌 Difficile d’avoir confiance dans leurs grandes ambitions j’dis ça…

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