Xiaomi vend des smartphones sans rien gagner dessus

Mickaël Bazoge |

On se doutait bien que les constructeurs chinois vendaient leurs smartphones sans gagner grand chose dessus, mais Hugo Barra, le vice-président de Xiaomi, l’a confirmé une bonne fois pour toutes. À Reuters qui s’interroge sur la bonne santé financière du fabricant alors que ses smartphones rencontrent de moins en moins de succès, le transfuge de Google répond : « Grosso modo, nous vous donnons ces appareils sans gagner d’argent dessus (…) Nous pourrions vendre 10 milliards de smartphones, nous ne ferions aucun bénéfice dessus ».

Le Mi Mix presque sans bordures.

Xiaomi était pourtant une étoile montante dans le classement des constructeurs de smartphones. En 2014, le constructeur était tout simplement numéro un du marché chinois et après un tour de table, l’entreprise était valorisée à hauteur de 46 milliards de dollars — la start-up la mieux valorisée au monde, à l’époque. Mais voilà, les choses ne sont pas allées comme elles auraient dû : en 2015, l’objectif des ventes de smartphones a raté sa cible de 12%, et au troisième trimestre, le fabricant a vu ses ventes en Chine reculer de 45%.

Le cuiseur à riz, best-seller de Xiaomi — Cliquer pour agrandir

Mais pas de panique. Xiaomi a d’autres cordes à son arc, notamment sur le marché… du petit électro-ménager. Le constructeur se refait la cerise avec ses cuiseurs à riz, ses purificateurs d’air et d’eau. Le catalogue se complète de routeurs, d’un clone de Segway, de téléviseurs… Ces appareils pour la maison au sens large devraient représenter un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de dollars pour cette année, le double de l’an dernier.

Cette activité n’empêche pas le constructeur de poursuivre sur sa lancée au rayon des smartphones. Xiaomi a été loué pour l’audace de son smartphone sans bordures ou presque le Mi Mix, et l’entreprise se prépare à une offensive américaine avec une présence programmée au CES début janvier.

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avatar reborn | 

@IceWizard

C'est classique, ça se passe comme ça dans pas mal de secteur.

avatar marenostrum | 

à côté de moi les chinois prennent tous les boutiques qui n'ont pas de clients (ou ne font pas suffisamment de marges, de gains) et sont en vente par les français. et il ils les tiennent sans problèmes. ça montre juste une différence en mentalité qu'autre chose.
par ex. un français comme Depardieu (grand acteur) achète un restaurant, tandis qu'un chinois de même catégorie a plus de prétention. généralement un restaurant est tenu par un paysan chinois, qui ne sait rien d'autre faire. s'il fait 2000 € par mois il sera content. un français par un restaurant veut gagner beaucoup plus. c'est la même chose en industrie, etc. c'est un vieux peuple qui va doucement mais surement vers avant.

avatar fte | 

C'est amusant autant de commentateurs qui découvrent cette pratique commerciale de vendre à prix coûtant (voire à perte) pour se faire une place sur un marché. C'est très courant en technologie, depuis des décennies. Consoles de jeu, imprimantes jet d'encre, ordinateurs, moniteurs, la majorité sont vendus sans marge ou avec une marge inférieure à 5%. Et téléphones, bien entendu.

Les fabricants font des marges sur des produits annexes, les cartouches d'encre étant probablement l'exemple le plus frappant, mais il en va de même avec jeux pour console, câbles, souris, assurances complémentaires, etc. Ce que vous ne payez pas sur le produit principal, vous le payez sur ce qui l'entoure.

La même méthode est employée dans des tas d'autres domaines industriels. Gutenberg lui-même (1450) a employé cette méthode, en vendant sa bible papier très peu chère pour faire tourner son imprimerie et une bible sur vélin beaucoup plus coûteuse pour rentabiliser ainsi de pamphlets et autres commandes. Ça n'a malheureusement pas fantastiquement marché si je me souviens bien, commercialement parlant. Ça a changé le monde par contre, à défaut de le rendre riche.

Enfin bref, la méthode n'a rien de nouveau, d'exceptionnel ni de choquant. C'est pratique courante. A noter qu'ils disent ne pas gagner d'argent, mais ils ne semblent pas en perdre. Beaucoup d'autres constructeurs n'ont pas cette "chance"...

avatar béber1 | 

fte
Même si c'est une pratique courante, cela pose quand même des questions sur la rentabilité commerciale à moyen terme et ce qu'il y a derrière pour assurer la viabilité de l'entreprise.
L'argument sur ce point étant que ce sont les autres secteurs-produits de la marque qui assureraient le maintien des bénéfices et donc la poursuite de ce dumping commercial dans ce secteur.

Justement pourquoi ce secteur de la téléphonie ?
parce qu'il est en fort développement, et/ou qu'il est au cœur de la bataille sur la maitrise du BigData, sur fond de guerre internet trans-pacifique ?

Déjà en 2014
https://maniacgeek.net/2014/09/24/taiwan-enquete-sur-xiaomi-sur-un-possi...

Taiwan enquête sur Xiaomi sur un possible cyber-espionnage de la Chine

"Taiwan craint que ces données permettent aux autorités chinoises d’espionner les citoyens de Taiwan. L’enquête durera 3 mois et on ignore si cela pourrait déboucher sur un ban des modèles Xiaomi à Taiwan.
Les entreprises chinoises sont souvent accusés par des pays de cyber-espionnage à cause de leurs liens très étroits avec le gouvernement chinois. "

http://www.lesmobiles.com/actualite/14876-bad-buzz-xiaomi-espionnerait-i...
Bad Buzz : Xiaomi espionnerait-il ses clients ?
"(…) le testeur a rooté la Redmi Note, puis enlevé la ROM originale pour implanter une ROM alternative. Mais la connexion continue comme si de rien n’était. Il semble que la routine ait été implantée à un niveau matériel…(…)
Mais le plus troublant, c’est que l’adresse IP à laquelle se connecte la Redmi Note n’appartient pas à Xiaomi. Le propriétaire est le gouvernement chinois, et plus précisément le CNNIC, une agence gouvernementale chinoise chargée du renseignement en ligne et dirigée par le Ministère de l’Information. Cette agence est basée à Beijing. Un détail qui jette le trouble sur les déclarations de Xiaomi."

quelles sont donc les vraies raisons de ce dumping ?

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