Antitrust : Apple et des éditeurs lâcheraient du lest en Europe

Florian Innocente |

Apple et quatre éditeurs de livres seraient prêts à revenir sur une clause de leur contrat afin de s'éviter les foudres de la Commission européenne, écrit Reuters. L'agence a obtenu un détail sur cette offre qui date d'avril, mais dont le contenu n'avait pas filtré (lire Antitrust : Apple et des éditeurs prêts à négocier en Europe).

La proposition serait que les concurrents de l'iBookstore, tel Amazon, puissent vendre leurs livres électroniques à des prix nettement plus bas pendant une période de deux ans. Et ce, en échange d'un arrêt de l'enquête de la Commission avec les risques d'amende associés.

L'Europe, comme les gouvernements américains et anglais, soupçonne Apple et ses partenaires d'une entente sur les prix des livres électroniques. En Europe, ce groupe comprend Apple, Simon & Schuster, Hachette, Macmillan et HarperCollins.

Selon les termes de l'accord signé entre ces protagonistes, il était prévu que les éditeurs retrouvent toute liberté pour fixer le prix de leurs livres. Au lieu que le distributeur les fixe lui-même, quitte à vendre à perte, mais au bénéfice d'autres produits. L'exemple type est celui d'Amazon qui a cassé les prix du livre électronique pour mieux écouler ses Kindle. Une pratique du prix plancher décriée par les libraires et les éditeurs eux-mêmes, inquiets de leurs marges sur les versions papier.

En échange de cette latitude tarifaire, ces éditeurs avaient convenu avec Apple de ne pas vendre leurs ouvrages moins chers que l'iBookstore sur les plateformes concurrentes .

La Commission européenne sonde actuellement les acteurs de ce marché pour jauger cette offre, poursuit Reuters, avant de la tester sur le marché et de peut-être cesser son enquête.

Aux Etats-unis, Apple et deux éditeurs - Penguin et Macmillan - restent vent debout contre l'enquête menée par le Département de la Justice (lire ebooks : Apple, Penguin et Macmillan retoquent l'enquête du Département de la Justice) et celle d'Etats.

En revanche Hachette, HarperCollins et Simon & Schuster s'étaient désolidarisés et avaient préféré négocier. Ils vont reverser 69 millions de dollars qui seront remboursés à leurs clients dans la quasi-totalité des états américains. Amazon, Barnes & Noble, Kobo et Apple ont accepté de fournir l'historique des achats de livres de ces éditeurs pour établir ces remboursements. Le procès entre le DoJ et Apple, Penguin et Macmillan est programmé pour juin 2013.

Sur le même sujet :
- ebooks : un sénateur américain désapprouve l'enquête sur Apple et les éditeurs
- Les USA attaquent Apple et 5 éditeurs pour entente illicite


avatar napuconcture | 
Les états veulent seulement laisser s'exprimer la concurrence donc avec des prix allant toujours vers le bas. En cas de destruction d'une industrie par des pratiques prédatrices on prends l'entreprise et on la démentelle. Entre concurrent s'entendre explicitement sur des prix ou se partager un marché n'est pas autorisé.
avatar tigre2010 | 
@zzBoibes La Commission EU ferait bien de demander à Apple de permettre de setter les App par défaut comme elle l'a fait avec Microsoft aussi. Il existe encore des retardataires pour dire encore ces âneries ?
avatar tigre2010 | 
Moi ce que je ne comprend surtout pas c'est qu'ils "savent" que casser les prix favorisera de toute évidence Amazon, adieu la loi Lang et niquera les librairies. À moins que j'ai loupé quelque chose. C'est du suicide anticipé.
avatar Thunderfury | 
Vouloir vendre des fichiers au prix du papier est suicidaire. Vouloir les vendre 10 % moins cher est ridicule. Les libraires sont condamnés, ils subiront le sort des disquaires. Les éditeurs veulent une marge délirante sur les fichiers pour "protéger" le papier. Ce sont des zombies: "ils sont morts, mais ils ne le savent pas encore *". * immortelle maxime tirée des aventures de Ken le survivant, bien entendu
avatar Thunderfury | 
L'impression...+ le papier + la reliure + le transport + la marge du libraire + le retour des invendus +... Sur un livre du type roman, (mal) relié grand format à couverture en carton de rouleau de PQ vendu 20 euros: l'auteur touche royalement 1 à 2 euros (s'il est connu) l’éditeur 3 € l’imprimeur 3 € (y compris papier) le distributeur 3,40 € (pour ses camions et palettes) son excellence le libraire 7,6 € (oui). Sa Sainteté l'Etat 1 € de TVA. Adoncque, voyons ce qui reste... 3 neuros pour l'éditeur (il gagne autant) et, soyons fous, 3 neuros pour l'auteur (une révolution!). Cela nous met le roman "venant de paraître" à 6,49 euros avec un bénef x 3 pour les auteurs et identique au papier pour l'éditeur. Si l'auteur émarge au tarif syndical d'un euro, on se retrouve autour de 4 euros pour des benef inchangés... (D'aucuns pourraient ils croire que des auteurs mal pensants seraient capables de squizzzzer môssieur l'éditeur et de publier en direct... du 100 % bénef!). Certains nuisibles poussant même le vice jusqu'à publier gratos!
avatar tigre2010 | 
@yyyes Je me pose aussi la question. Baisser le prix du numérique reviendrait à baisser également celui du papier.
avatar Thunderfury | 
"le prix unique du livre, qui a, à ce que l'on entend sauvé l'industrie du livre en France " Mouahahahaha! Je t'engage à regarder, chez toi, à quel endroit ont été imprimés tes livres. J'en ai beaucoup, et de (très) beau. Ils sont imprimés en Italie, à Singapour, en Chine... Le "prix unique" veut simplement dire "plus cher pour tous, et la TVA pour moi".

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