Pourquoi le patron de Waze laisse le volant à Google

Florian Innocente |
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Dirigeant de Waze de 2009 à 2021, Noam Bardin a été aux premières loges de l'acquisition du service par Google en juin 2013. Bardin a quitté Waze il y a une quinzaine de jours, après avoir prévenu de sa décision en novembre dernier (il n'a pas encore de successeur). Dans un long billet, il revient sur cette expérience aigre-douce. Malgré des déconvenues croissantes, il explique ce qui l'a conduit à rester si longtemps, alors que rien dans son tempérament ne le prédisposait à passer d'une start-up à un groupe mondial.

Avant l'entrée en lice de Google, Noam Bardin explique que les dirigeants de Waze entretenaient d'assez mauvaises relations avec certains membres du conseil d'administration. La perspective de travailler pour Larry Page était plus stimulante, en comparaison, que celle de continuer avec ce conseil. D'autant que Google promettait de laisser la petite entreprise israélienne opérer indépendamment (à l'époque il fut dit que Facebook était intéressé aussi mais qu'il voulait déménager l'équipe aux États-Unis) :

J'ai vu cette indépendance comme un aspect critique de notre décision de vendre. Nous adorions notre marque, notre mission et notre équipe et nous avons imaginé pouvoir continuer d'y travailler sans le stress financier de la levée de fonds. Être capable de prendre plus — pas moins — de risques et d'expérimenter de nouvelles choses sur le plus long terme.

Image : Noam Bardin

En résumé, le meilleur des deux mondes : l'agilité et la rapidité d'une start-up associée à la puissance d'un grand groupe. Ce modèle, observe Bardin, n'était pas très populaire à l'époque mais il fut adopté aussi pour WhatsApp, Instagram ou Nest. Waze a donc gardé son autonomie bien que ses salariés soient devenus des employés de Google. Il était prévu que le service continue de choisir ses nouvelles fonctions, d'utiliser sa propre plateforme, sa marque et ses conditions d'utilisation.

Mais il dresse une analogie avec un chef d'entreprise occidental passablement arrogant, qui se rend en Chine en croyant qu'il va être le premier à y réussir, avant de rentrer chez lui fort d'une nouvelle expérience mais en ayant laissé à son partenaire local sa propriété intellectuelle, son argent et son affaire :

J'étais le dirigeant naïf de la start-up qui pensait que je pouvais développer Waze à son plein potentiel au sein de Google et réussir à dompter la bête, quelle que soit sa nature. Cette croyance irrationnelle est essentielle pour un patron de start-up, mais elle est difficile dans l'environnement de l'entreprise.

La contribution de Google à l'expansion de Waze a été indéniable, admet volontiers Noam Bardin, le service est passé de 10 millions d'utilisateurs juste avant l'acquisition à 140 millions aujourd'hui, et d'une moyenne mensuelle de 2,5 milliards de kilomètres parcourus à 36 milliards. S'y est ajouté le lancement de Carpool, une offre de covoiturage (mais qui s'avère peu développée à l'international).

Fin 2019, Google Maps a repris le principe du signalement d'événements sur la route

La relation à la marque et au produit dans une start-up est toutefois très différente de celle que l'on peut avoir au sein d'un grand groupe, dit-il. Waze a commencé à faire entrer des personnes qui travaillaient d'abord pour la marque plutôt que pour le produit. Dans une start-up, il y a un « alignement complet entre le produit, la société et la marque » alors que dans une grande entité « le produit est un outil pour faire avancer la carrière des employés, ce n'est pas une passion, ni une mission ni le catalyseur d'un bouleversement économique. » Pour ces personnes, Waze servait de marche à leur ascension personnelle, elles n'avaient pas d'aspiration particulière pour ce service.

L'ancien dirigeant, qui ne semble pas être d'une nature patiente, regrette de s'être retrouvé alors coincé par la culture d'entreprise de Google où « il est pratiquement impossible de licencier quelqu'un pour la raison fondamentale que vous n'avez plus besoin de ce poste ou qu'il y a une meilleure personne ailleurs, ou tout simplement pour le bon vieux motif que "vous ne faites pas un très bon boulot" ». Il aurait préféré à cela un fonctionnement où l'on adapte fréquemment les effectifs aux nécessités induites par les développements en cours :

Il y a des gens qui sont très bons à une étape de l'entreprise et qui, plus tard, n'ont pas les compétences requises au fur et à mesure que l'entreprise grandit. Ce n'est pas de leur faute, c'est la réalité […] J'ai appris à mes dépens que si un autre responsable recommande l'embauche d'un excellent employé, en fait il essaie probablement de s'en débarrasser car il ne peut pas le congédier.

Google a laissé Waze mener ses affaires, toutefois Bardin n'aurait pas été contre un peu plus de soutien. Google ne fut d'aucune aide pour améliorer la distribution de Waze. L'app était une parmi tant d'autres sur Google Play, aucune offre de préinstallation sur des smartphones n'a été proposée, tandis que Google Maps ne se privait pas de « co-opter chacune des idées que l'on avait ». Au final, déplore Bardin, Waze avait certes plus de moyens financiers pour son marketing mais il était contrarié dans ses opportunités de dépenses par son appartenance à Google :

Toute notre croissance chez Waze, après l'acquisition, était le fruit de notre travail, et non pas du soutien de la maison mère. Avec le recul, nous aurions probablement pu nous développer plus vite et de manière beaucoup plus efficace si nous étions restés seuls.

Il évoque ensuite d'autres difficultés nées de cette appartenance à Google qui impliquaient une remise à plat de certains des fonctionnements internes à Waze : « Le temps et les efforts consacrés aux aspects juridiques, politiques et ceux sur la confidentialité — pour des fonctionnalités qui n'ont pas encore été lancées auprès des utilisateurs — ont été une source importante de gaspillage de ressources et de notre capacité à rester concentrés. »

Les efforts pour homogénéiser les politiques de conservation des données de Waze avec celles de Google ainsi que les outils afférents ont dévoré le temps de certains des meilleurs ingénieurs de Waze et sans que cela n'ait d'avantages visibles et pertinents pour les utilisateurs :

Un pourcentage de plus en plus important de notre temps fut consacré à des tâches qui n'apportaient aucune valeur ajoutée aux utilisateurs et cela a rapidement changé l'ADN de l'entreprise, en passant d'une approche dirigée vers le client à une approche centrée sur la politique de l'entreprise.

Une autre caractéristique de cette tutelle fut l'importance prise par les fortes actions Google sur lesquelles les employés pouvaient compter en plus de leur (bon) salaire. Une culture du risque s'est perdue, alors que des gens misaient davantage sur leur promotion personnelle pour améliorer encore leur situation financière. Le succès ou l'échec d'un produit, au milieu de tous ceux de Google, n'avait plus les mêmes conséquences que lorsque Waze était une seule petite entreprise et où la notion de groupe — comme ferment pour réussir quelque chose — l'emportait sur celle de l'individu.

Bardin se décrit comme quelqu'un de passionné, sa manière parfois crue ou très libre de parler s'est vite heurtée au politiquement correct en vigueur chez Google, au fur et à mesure qu'il était sollicité pour participer à des événements publics :

J'apprécie la transparence et je pense que les gens devraient être eux-mêmes au travail, mais cela signifie aussi une certaine tolérance envers les personnes qui ne disent pas exactement ce que vous voudriez qu'ils disent, ou qui ne partagent pas votre avis. Cette tolérance a disparu chez Google, le nouveau mantra de la Silicon Valley est que les mots utilisés sont devenus plus importants que le contenu. Vous pouvez dire des choses terribles tant que vos pronoms sont corrects ou vous pouvez déclarer des choses très importantes, mais si vous employez un mot de travers, c'est direct les ressources humaines…

Noam Bardin au Brésil, en 2019

Une autre source de surprise et de désagréments est venue de la manière dont certains jeunes employés envisageaient l'investissement dans leur travail et les avantages à en attendre. Il en était resté à l'idée, qu'au fil du temps, il était normal qu'on veuille consacrer plus de temps à sa famille, à ses enfants, mais en restant capable de mettre ces moments entre parenthèses si des circonstances l'exigent. Un sentiment qui n'était pas partagé par la nouvelle génération :

Ils veulent être promus rapidement, atteindre leur indépendance économique, se sentir épanouis au travail, être à la maison tôt, ne pas manquer le cours de yoga à 11h00 etc. Le coup d'avoir du mal à planifier des réunions parce que « c'est le cours du nouveau prof de yoga et je ne peux pas le rater » ou le « je prends une journée pour moi » me rendait dingue.

Et au grand dam de Bardin, c'était la normalité au sein de Google et de la Silicon Valley en général où les avantages sont nombreux pour les employés des grandes sociétés :

J'étais le cinglé qui voulait faire avancer les choses rapidement et je m'attendais à un certain niveau de sacrifice personnel en cas de besoin. Je ne pense pas que passer de longues heures au travail soit quelque chose dont on doive se vanter, mais je crois aussi que nous devons faire ce qu’il faut pour gagner, même si ça signifie y consacrer un week-end.

Des facilités (nourriture gratuite, salle de gym, prestations diverses prises en charge) dont ces employés — passés directement des bancs de l'université aux bureaux d'un géant de la high tech — ne réalisent pas à quel point elles sont extraordinaires.

Google Sydney. Image : Google

Il peste ainsi contre les nombreuses personnes qui, devant travailler de chez elles par la faute du Covid, se plaignaient d'avoir à acheter à manger avec leur argent : « Pendant ce temps, les "vrais" gens s'inquiétaient de savoir s'ils allaient garder leur travail ».

Alors qu'il décrit Google comme l'entreprise de loin la plus préoccupée par le bien-être de ses employés, certains « continuent de créer des problèmes imaginaires dont ils peuvent se plaindre, au lieu d'apprécier ce qu'on leur donne. » Et de rapporter ce propos entendu dans la file d'attente de la cantine alors que les employés de Waze faisaient leur première visite de Google : « Quoi, il y a encore des sushi aujourd'hui ?! » Une exclamation hors-sol qui est devenue l'objet d'une plaisanterie récurrente au sein des troupes de Waze… « Mais quelques mois plus tard, nous avions également été cooptés et c'était des employés de Waze qui se plaignaient de la nourriture… »

Au final, Bardin explique s'être trouvé coincé entre les contraintes d'une start-up qu'il fallait continuer de développer, les différentes politiques de Google à intégrer et sa difficulté à composer ses équipes comme il l'entendait.

De ses observations il tire plusieurs enseignements. D'abord qu'il est préférable pour un grand groupe qui achète une start-up comme l'était Waze de la laisser complètement indépendante, quitte à ce que cela créée un déséquilibre entre les employés des deux entités qui n'auront pas les mêmes avantages. C'est délicat, dit-il, mais Amazon y est parvenu en laissant Audible rester l'entreprise qu'elle était avant son acquisition. Pour y arriver, encore faut-il que des gens qui n'ont connu que des grands groupes comprennent cette philosophie inhérente aux plus petites entreprises.

Ensuite, il ne conteste pas l'idée que cette acquisition de Waze a été un succès, mais lui, Noam Bardin, n'était probablement plus à sa place après la vente. Il considère aujourd'hui qu'il aurait dû préparer son départ immédiatement après l'acquisition en 2013. Il s'en est fallu de peu qu'il parte il y a trois ans, mais il restait encore beaucoup de choses à faire et tout n'était pas prêt pour un changement de pilote :

Je recommanderais à celui que j'étais en 2013 de ne pas essayer d'innover de l'intérieur, mais plutôt de me concentrer sur un départ rapide de l'entreprise et à mettre en place la bonne équipe / structure / plan de succession pour y arriver, au lieu de lutter contre plus fort que moi.

Une prise de conscience qu'il est néanmoins difficile d'avoir et de mettre en pratique, car on peut aimer son entreprise, son produit et refuser de s'en séparer ainsi, en essayant obstinément de se convaincre que l'on pourra continuer de faire les choses comme avant.

Noam Bardin

En définitive, malgré son tempérament, ce n'est pas sur un désaccord que Noam Bardin a quitté Waze et il loue la direction de Google pour la grande liberté dont il a tout de même pu jouir. C'est lui qui n'était pas taillé pour ce nouveau rôle sous le toit de Google :

Si je devais le résumer, je dirais que c'est le ratio entre le signal et le bruit qui m'a épuisé. Nous créons des entreprises pour concevoir des produits au service des gens et non pour nous réunir avec des avocats. Pour réussir dans une grande entreprise de la high-tech vous devez être capable de répondre à la question « Qu'est-ce que j'ai fait pour nos utilisateurs aujourd'hui » par un « pas grand-chose mais j'ai été promu » et être satisfait de cette réponse.

En conclusion il redoute que la prise de risque ne s'étiole alors que les entreprises comme celle qu'il a quittée vont être de plus en plus confrontées à des volontés extérieures de les réguler et de les encadrer.


avatar newiphone76 | 

Très bon article merci !!
Il ne semble pas y avoir d’échappatoire après l’acquisition d’un grand groupe comme Google : soit tu rentres dans le moule, soit tu t’en vas.

avatar fte | 

Respect.

Récit absolument passionnant.

avatar raoolito | 

@fte

+1

avatar fabricepsb71 | 

Waze, l’entreprise visionnaire qui a pourri la tranquillité d’habitants de petites rues devenues des « routes nationales »
comme Airbnb a pourri la vie des résidents d’immeubles confrontés à la location courte durée.

avatar loupsolitaire97 | 

@fabricepsb71

Y’a vraiment des gens qui habitent des immeubles ?
J’ai toujours cru que les immeubles n’était là que pour investir son argent après l’achat d’une résidence principale. 😇

avatar fte | 

@fabricepsb71

À toute chose, il y a un bien et un mal. Tu cites le mal. Qu’en est-il du bien ? De quel côté penche la balance ?

De plus, si ce n’avait été Waze, d’ailleurs est-ce Waze ?, ça aurait été une ou plusieurs autres applications. J’utilisais l’info trafic bien avant Waze pour ma part - et je n’utilise pas Waze -.

On n’arrête pas les idées, ni la technologie. On peut éventuellement les cadrer.

avatar Derw | 

@fte

« À toute chose, il y a un bien et un mal. Tu cites le mal. Qu’en est-il du bien ? De quel côté penche la balance ? »

Vous avez raison, mais ce ne sont pas les seuls éléments, il faut aussi se demander si ce bien et ce mal sont justement répartis, s’ils se valent si les parties « méritent » ces changements…

Ceux qui subissent le mal sont-ils les même que ceux subissent le bien ? (Là, on sait que non…) Si ce n’est pas le cas, ceux qui subissent le mal ont-ils une compensation ? (Là, à priori, non.) Le bien généré (gain de temps sur le trajet de certaines personnes) est-il à la hauteur du mal généré (troubles du sommeil possible, insécurité routière augmentée, potentiel baisse de la valeur immobilière…) ? Un automobiliste qui gagne 10 min de trajet au détriment de quelqu’un le mérite-t-il ? Cette personne qui perd sa tranquillité le mérite-t-elle ?

Bref, c’est encore plus compliqué que de se demander quel est le bien et le mal…

avatar fte | 

@Derw

"Un automobiliste qui gagne 10 min de trajet au détriment de quelqu’un le mérite-t-il ? Cette personne qui perd sa tranquillité le mérite-t-elle ?"

S’il ne s’agissait que d’un automobiliste, personne ne perdrait sa tranquillité. Il s’agit de centaines d’automobilistes, ou plus, qui soulagent également d’autres axes donc d’autres automobilistes. Combien perdent leur tranquillité ?

Quant à mériter ou non son sort, ça n’a pas de sens. On pourrait tout aussi bien demander si la personne méritait sa tranquillité en premier lieu.

"Bref, c’est encore plus compliqué que de se demander quel est le bien et le mal…"

C’est pour cette raison que je demandais dans quel sens penchait la balance. Et en effet, on n’en sait rien.

avatar Derw | 

@fte

« S’il ne s’agissait que d’un automobiliste, personne ne perdrait sa tranquillité. Il s’agit de centaines d’automobilistes, ou plus, qui soulagent également d’autres axes donc d’autres automobilistes. Combien perdent leur tranquillité ? »

Potentiellement des centaines aussi, mais de toutes façon on s’en fout c’était purement rhétorique, on ne va pas s’amuser à traiter tous les cas à travers le monde ! Et le « un » était un « un » neutre, indéterminé, pas un « un » quantitatif…

« Quant à mériter ou non son sort, ça n’a pas de sens. On pourrait tout aussi bien demander si la personne méritait sa tranquillité en premier lieu. »

On peut considérer que la personne qui a acheté une maison sur une route de campagne sans passage où dans un lotissement calme, l’a fait justement pour cette raison (c’est mon cas, mais là où j’habite, jamais personne ne passera à cause de son GPS…). Le fait de transformer cette route de campagne en nationale pour touristes ou ce lotissement en voie de délestage du périph. peut donc être naturellement vécu comme une « punition » lié à aucune faute, et donc comme une injustice…

NB, Waze n’est pas à l’origine du problème. Tom Tom l’était avant, Plan l’est aussi…
NB2, personnellement je ne conspue pas Waze sur ce point, pas plus que Plan et les autres, parce qu’en tant qu’automobiliste, j’utilise moi aussi ce genre de service pour contourner les bouchons. Je serais donc mal placé pour critiquer… Reste que ce poser les questions des conséquences du « progrès » en général et de nos actes en particulier est une saine démarche. Dans ce cadre, on ne voit pas toujours les conséquences de nos actes et la remarque de fabricepsb71 arrive à bon escient pour montrer une de ces conséquences négatives.
NB3, le progressisme ne devrait pas être une religion.

avatar guyotlo | 

@Derw

Ça me fait penser au concept d’utilité publique
On exproprie quelques personnes pour le bien de bcp de personnes

avatar fte | 

@guyotlo

"Ça me fait penser au concept d’utilité publique
On exproprie quelques personnes pour le bien de bcp de personnes"

Autant bon la tranquillité, autant l’expropriation, c’est un tout autre niveau, et j’ai beaucoup plus de mal.

avatar Derw | 

@guyotlo

Oui, il y a un peu de ça. L’expropriation serait le coup de massue sur la tête et le détournement de flux routier par l’usage de GPS, le supplice de la goutte d’eau…

Toutefois, nonobstant la violence psychologique de l’expropriation, cette dernière à 3 avantages sur l’autre sujet :
- Normalement, il y a eu une enquête d’utilité publique, il est donc sensé être prouvé que son malheur améliore conséquemment le vie des autres.
- Il y a un (léger) dédommagement à l’expropriation.
- L’expropriation n’entraîne pas une mise-en-danger de soi-même ou de ses proches.

avatar YetOneOtherGit | 

@fabricepsb71

"Waze, l’entreprise visionnaire qui a pourri la tranquillité d’habitants de petites rues devenues des « routes nationales »
comme Airbnb a pourri la vie des résidents d’immeubles confrontés à la location courte durée."

Un peu de mesure:
- “de certains habitants de petites rues”
- “de certains résidents d’immeubles”

Dans quelle proportion c’est une autre histoire.

Au passage l’effet le plus nuisible de Airbnb est bien plus sur la raréfaction du parc locatif qu’il a créé dans certaines villes que sur les nuisances que tu évoques. 😉

avatar Drugi | 

Qu'en est-il du partage de données chez waze ? Y a t-il un avant/après l'acquisition de Google. J'imagine que si Google était intéressé à la base, c'est parce qu'il y voyait un potentiel de data à récupérer non ?

avatar tempest | 

Excellent article. Le gars est d’une franchise rare qui l’honore. Il es est ainsi de toute les acquisitions. Rare sont les acheteurs qui lâche la bride de l’acheté…

avatar YetOneOtherGit | 

Très bonne idée que de faire ce travail accessible au non anglophone sur un billet absolument passionnant de retour d’expérience.

J’incite ceux que l’anglais ne freine pas à lire l’intégralité du billet qui est très riche 😉

avatar hledu | 

Très intéressant article qui concrétise ce que l'on peut lire sur la sociologie des organisations, et le rapport entre leur taille et leur fonctionnement interne.
Sinon, je note la citation « continuent de créer des problèmes imaginaires dont ils peuvent se plaindre, au lieu d'apprécier ce qu'on leur donne. » ; il suffit de regarder autour de soi (surtout en ce moment) pour voir comment tout cela est vrai concernant pas mal de gens...

avatar Derw | 

@hledu

C’est humain… malheureusement…

avatar bibi81 | 

C’est humain… malheureusement…

Non, c'est quelque chose qu'on nous apprend tout petit, toujours faire mieux, avoir plus, etc...

avatar Derw | 

@bibi81

« Non, c'est quelque chose qu'on nous apprend tout petit, toujours faire mieux, avoir plus, etc... »

Pas seulement. C’est dans le comportement humain en général et même chez certains primates (et d’autres animaux ? je ne suis pas assez calé en éthologie…). C’est ce besoin de « toujours plus » qui pousse des êtres vivants à changer de territoires, à inventer des outils, à attaquer des congénères… Après, il est vrai que la culture occidentale a exacerbé et démultiplié ce besoin…

avatar Oracle | 

Merci beaucoup pour cet article captivant qui donne à lire une parole d’une rare franchise pour quelqu’un de ce niveau de responsabilités.

avatar YetOneOtherGit | 

Au final la seule façon de poursuivre une carrière après un rachat, sans partir sous d’autres cieux, c’est souvent d’obtenir des responsabilités plus large que celles du produit que vous portiez, voir de sortir du périmètre de ce produit.

avatar Derw | 

@YetOneOtherGit

Oui, mais pour ça, il faut vendre son produit pour un plan de carrière, pas pour avoir la chance de développer son produit…

avatar YetOneOtherGit | 

@Derw

"il faut vendre son produit pour un plan de carrière"

Pour ne plus avoir besoin financièrement de la carrière, ce qui change pas mal la donne pour gérer la suite de la carrière 🤑

avatar esclandre77 | 

En gros il crache dans la soupe. Super mentalité...

avatar YetOneOtherGit | 

@esclandre77

"En gros il crache dans la soupe. Super mentalité... "

😳😳😳😳

Je trouve au contraire ses propos très équilibrés ce qui n’est pas le cas de ta saillie toute en nuance subtile 🙄

avatar Derw | 

@YetOneOtherGit

Relisez son pseudo…

avatar YetOneOtherGit | 

@Derw

"Relisez son pseudo…"

Je ne l’avais pas regardé, effectivement comme moi il annonce la couleur 😁

avatar headoverheel | 

@esclandre77

Je trouve pas. Ce qu’il décrit se retrouve dans certaines grandes entreprises françaises. Des bons soldats les yeux rivés sur leur carrière et qui ralent seulement sur le menu de la cafétéria, j’en connais.

avatar Fredouille14 | 

@esclandre77

pas d’accord,
il fait le constat qu’il n’est pas en phase avec la culture d’entreprise de google sans la denigrer

avatar scanmb | 

@esclandre77

Son raisonnement et ses propos plein de franchise, sans grossièreté, et très équilibré, vous appelez ça cracher dans la soupe ??

Êtes vous certains d’avoir lu le bon article et de poster dans le bon fil ?

avatar Gilles Derval | 

J'ai arrêté Waze quand Google commençait à y mettre trop son pouvoir ! Il fait pareil avec d'excellentes "Météo", j'ai pris Map.me qui peut fonctionner sans connection ! Google comme Facebook sont des Géants qui tomberont un jour. Ils se comportent comme les énormes entreprises qui ne créent plus mais prennent les réussites des petites entreprises

avatar andmag | 

Intéressant, merci.
Les multinationales offrent des avantages, véhiculent une image, qui est une image et rien de plus, ni de moins. Les équipes de personnes qui travaillent sur un produit happé par une multinationale, sont soit absorbés, soit expulsés, de manière plus ou moins volontaire, par manque complet de compatibilité avec l’univers très hermétique et fort déshumanisé qui y règne. En b2b le client aussi disparaît derrière un potentiel, cible des différents chasseurs d’opportunités du groupe.

avatar fousfous | 

Donc pour lui c'est normal que les employés travaillent le week-end...
Un bon patron esclavagiste encore.

avatar YetOneOtherGit | 

@fousfous

"Un bon patron esclavagiste encore."

Tu veux bien relire la définition de l’esclavagisme ?

À partir d’un certain niveau de rémunération et de responsabilité tu ne peux prétendre à un tranquille nine to five 😉

C’est un choix, on ne peut pas vouloir le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière 😎

avatar fousfous | 

@YetOneOtherGit

Y a une différence entre faire des heures et passer sa vie au boulot quand même.
Et il n'avait pas l'air de parler juste des responsables.

avatar YetOneOtherGit | 

@fousfous

"Y a une différence entre faire des heures et passer sa vie au boulot quand même."

Tout es affaire:
- De niveau de rémunération
- De liberté de partir voir ailleurs si on ne trouve pas son compte

Sur le type de profils qui sont ici impliqué les deux critères doivent être remplis:
- Un niveau de rémunération très correcte
- Une capacité à changer facilement d’emplois si on y trouve pas son compte

Dans les relations employés/employeurs ce qui me pose pb c’est quand il y a une grande asymétrie de pouvoir et une relation de dépendance.

Dans la valley cette relation de dépendance n’existe pas, un middle finger à son employeur n’est pas un risque conséquent.

Quant aux niveaux de rémunération: ils sont excellents.

avatar julien74 | 

@fousfous

Quand tu travailles dans l’IT, tu sais par définition, que tu vas devoir faire des interventions le soir et le WE, de temps en temps. Ou que lorsque un projet de plusieurs mois doit être fini telle date, et bien tu peu pas te casser à 17h00.

Tu acceptes le principe ou tu fait autre chose.

C’est comme si un chirurgien râlait parce qu’il peut pas se casser chez lui à 17h00 alors qu’il en pleine intervention et que cela a duré un peu plus que prévu. Je vois pas où est l’esclavagisme.

J’ai jamais lu dans l’article qu’il demandait à ses employés de travailler tous les WE. Il dit qu’il est pas évident d’organiser des réunions de (sûrement) x personnes quand un tel ou un tel se rend indispo pour un cours de Yoga.

avatar YetOneOtherGit | 

@julien74

"J’ai jamais lu dans l’article qu’il demandait à ses employés de travailler tous les WE."

Pas tous l’s WE effectivement, mais la question du travail le WE est abordée :

« J'étais le cinglé qui voulait faire avancer les choses rapidement et je m'attendais à un certain niveau de sacrifice personnel en cas de besoin. Je ne pense pas que passer de longues heures au travail soit quelque chose dont on doive se vanter, mais je crois aussi que nous devons faire ce qu’il faut pour gagner, même si ça signifie y consacrer un week-end. »

avatar julien74 | 

@YetOneOtherGit

Si tu rentres dans une petite boîte comme Waze c’est un choix, tu te rend compte ensuite que tu es en compétition avec des plus gros qui ont plus de moyens (en nombre d’employés), et si tu veux réussir à faire gagner ta boîte et bien.....

Après tu acceptes (et aussi tu es fier de faire bien avancer ta boîte) ou tu démissionnes.

Ça ne me choque pas plus que cela au final. J’aurais plus la foi à mon âge, mais du coup je ne postulerais pas à ce genre de poste (et on m’aurait pas recruté de toute façon...lol donc aucun souci)

avatar YetOneOtherGit | 

@julien74

Regardes peut-être mes contributions précédentes 😉

Là je ne faisais que partager la part de l’article qui t’avais échappé et qui est la source de la réaction de foufou 😎

avatar julien74 | 

@YetOneOtherGit

J’ai jamais dit que tu n’étais pas d’accord avec moi.
Dans j’en discussion on est pas obligé d’être systématiquement en désaccord....

avatar YetOneOtherGit | 

@julien74

Ce n’est pas une question d’accord ou de désaccord, je ne voyais juste pas l’articulation de ton propos dans le fil des échanges au regard de l’endroit où tu l’as placé dans la hiérarchie 😉

avatar bibi81 | 

À partir d’un certain niveau de rémunération et de responsabilité tu ne peux prétendre à un tranquille nine to five 😉

C'est ta vision mais ce n'est clairement pas celle de Google.

Une haute rémunération peut simplement être du fait d'une grande compétence et non d'une grande disponibilité.

avatar YetOneOtherGit | 

@bibi81

"Une haute rémunération peut simplement être du fait d'une grande compétence et non d'une grande disponibilité."

Sur du salarier cela reste assez rare.

Sur de la prestation c’est le bonheur quand tu factures au client non plus le temps passé mais une part de la valeur crée pour lui 🤑

avatar YetOneOtherGit | 

@bibi81

"ce n'est clairement pas celle de Google"

Pourquoi donc?

avatar bibi81 | 

Pourquoi donc?

"Alors qu'il décrit Google comme l'entreprise de loin la plus préoccupée par le bien-être de ses employés"

"Et au grand dam de Bardin, c'était la normalité au sein de Google et de la Silicon Valley en général où les avantages sont nombreux pour les employés des grandes sociétés"

Et ayant travaillé pour 3 grandes boîtes américaines, je te confirme qu'il n'est pas question de travailler beaucoup.

D'ailleurs travailler trop peut être perçu comme un manque de compétence à organiser son temps de travail...

avatar YetOneOtherGit | 

@bibi81

"Et ayant travaillé pour 3 grandes boîtes américaines, je te confirme qu'il n'est pas question de travailler beaucoup."

Ça c’est un standard US par contre sur le top management c’est une tout autre histoire 😎

On ne parlait que du top management niveau VP Junior minimum

avatar bibi81 | 

Ça c’est un standard US par contre sur le top management c’est une tout autre histoire 😎

On ne parlait que du top management niveau VP Junior minimum

Mais Bardin ne parle pas du top management (et foufous non plus d'ailleurs).

avatar YetOneOtherGit | 

@bibi81

D’où mon : “À partir d’un certain niveau de rémunération et de responsabilité”

Qui pose le contexte de mon propos 😉

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