Presse : Google aurait signé un accord pour rémunérer 300 éditeurs en Europe

Félix Cattafesta |

Google va bientôt présenter une nouvelle stratégie vis-à-vis du secteur de la presse et des contenus repris dans ses rubriques comme Google Actualités. D'après les informations de Reuters, l'entreprise aurait signé un accord pour rémunérer 300 éditeurs dans six pays d'Europe, dont la France. Un outil permettant aux autres organismes de rejoindre le programme serait également dans les cartons.

Application Google Actualités.

Depuis des années, Google est mis sous pression pour rémunérer les liens provenant de publications de presse comme on peut en trouver dans Google Actualités ou dans les résultats d'une recherche. En France, une loi instituée en 2019 dite de « droits voisins » permet aux journaux et magazines de se faire rémunérer lorsque les grandes plateformes réutilisent leurs contenus.

« À ce jour, nous avons des accords qui couvrent plus de 300 publications d'actualités nationales, locales et spécialisées en Allemagne, en Hongrie, en France, en Autriche, aux Pays-Bas et en Irlande, et de nombreuses autres discussions sont en cours », explique l'entreprise dans un billet de blog consulté par Reuters et qui devrait être publié prochainement.

Les éditeurs n'ayant pas pu discuter avec Google devront attendre l'arrivée d'un nouvel outil pour simplifier les démarches, qui sera d'abord disponible en Allemagne et en Hongrie, puis dans d'autres pays de l'UE « au cours des prochains mois ». Le texte ne précise pas le montant de la rémunération des éditeurs.

La question de la reprise des articles est une affaire épineuse pour Google. L'Australie et le Canada ont également passé des lois l'obligeant à payer les éditeurs, tandis que l'entreprise a dû sortir le carnet de chèques dans l'Hexagone. Début 2021, elle a accepté de verser un peu plus de 62 millions d'euros sur les trois prochaines années à un groupe d'éditeurs de presse.


avatar Furious Angel | 

Les éditeurs sont hyper hypocrites sur le sujet. Ils fabriquent leur site pour être bien référencés sur Google, ils forment leur journalistes à une écriture SEO… et sans Google leur trafic s’écroule.

C’est comme si un resto demandait au taxi qui lui amène ses clients de payer parce qu’il stationne devant l’établissement…

avatar lmouillart | 

Le détail important de l'article est : Google Actualités / Google Search mis en forme avec les extraits, de Google Actualité par Google Search brut à l'ancienne.
Sans contenu Google Actualité est une page vide avec indiqué "Google Actualités" en haut.

avatar bibi81 | 

Sans contenu Google Actualité est une page vide avec indiqué "Google Actualités" en haut.

Oui et une page vide n'envoie aucun traffic vers les éditeurs.

avatar Furious Angel | 

@lmouillart

Et sans contenu Google Actualité ne génère pas de millions de pages vues tous les jours pour les sites internet. Google Actu est l’une de leurs premières porte d’entrée…

C’est comme reprocher au taxi de gagner de l’argent en amenant les gens au resto. Sans resto pas de trajet pour le taxi, oui, mais sans taxi moins de clients pour le resto.

avatar lmouillart | 

Bof, avant Google Actualité on utilisait les flux rss avec 100% de gains pour les journaux.

avatar bibi81 | 

Bof, avant Google Actualité on utilisait les flux rss avec 100% de gains pour les journaux.

Bah non, justement le gain pour les journaux n'était acquis que pour ceux qui connaissent déjà le journal.

avatar Adodane | 

@Furious Angel

Le soucis c'est qu'ils perdent du traffic ( donc de l'argent ) puisque l'internaute reste sur les sites Google et ne va pas forcément visiter le site de lediteur.

C'est comme si le taxi ammenait les clients a un restaurant, et le client allait chercher un macdo à côté et le mangeait ensuite dans le taxi.

avatar bibi81 | 

Le soucis c'est qu'ils perdent du traffic ( donc de l'argent ) puisque l'internaute reste sur les sites Google et ne va pas forcément visiter le site de lediteur.

Oui enfin sur Google actualités il n'y a que 2 lignes...

C'est comme si le taxi ammenait les clients a un restaurant, et le client allait chercher un macdo à côté et le mangeait ensuite dans le taxi.

Oui donc il est bien allé dans un restaurant (et a payé), cqfd.

avatar Adodane | 

@bibi81

Oui c'est sur le client a mangé mais pas dans le restaurant, mais sur le parking 😅

avatar bibi81 | 

Oui c'est sur le client a mangé mais pas dans le restaurant, mais sur le parking 😅

Et alors ? Ça laisse de la place pour servir encore plus de monde.

avatar Adodane | 

@bibi81

Les clients ne sont pas infini 😁

avatar bibi81 | 

Les clients ne sont pas infini 😁

C'est quoi le rapport ?

avatar Furious Angel | 

@Adodane

Mouais. On a autant de contenu d’un article sur Google Actualités que sur la page Twitter d’un média. Un titre, une accroche et un lien.

avatar vince29 | 

> puisque l'internaute reste sur les sites Google et ne va pas forcément visiter le site de lediteur.

Google News, c'est comme de passer devant un kiosque et de voir les chapô, si rien ne t'intéresse, tu n'achètes pas le journal.
Que les journalistes soient payés s'il y a eu un travail d'enquête, d'analyse, de mise en perspective, bref un travail de journaliste, c'est normal.
Ce qui l'est moins c'est de racketter (légalement) Google parce que celui-ci affiche la réécriture de news AFP par les medias.
Si le lecteur s'arrête à la lecture de Google News (le fait "physique") c'est que les journalistes ont failli à leur mission. Et cela pose la question de la légitimité de leur rémunération.

Et surtout, je ne vois pas pourquoi les journalistes disposeraient d'un passe-droit. Si la rémunération est le seul fait de la "propriété" de l'article dont de minuscules extraits sont cités, alors le principe devrait prévaloir pour le Google normal et devrait aussi s'appliquer pour les particuliers.

avatar Adodane | 

@vince29

Pour que Google accepte des accords et paye des millions, l'enjeu doit être plus important que de simples résumés de quelques lignes d'un article par ci par là.
Google actualités est un service qui a besoin de contenus sinon c'est une coquille vide, Google ne produisant aucun contenu.
Faut arrêter avec le tout gratuit, et se servir selon son envie.

avatar v1nce29 | 

Non, non. On ne parle bien que des piteux extraits qui ne méritent nullement rémunération.
Google avait dans ces cartons un projet d'affichage de l'article complet sans aller sur le site de l'éditeur et dans ce cas-là l'éditeur aurait été normalement rémunéré par Google. Mais ils ont été faits cocus avant.
Rappelons à toutes fins utiles que les éditeurs peuvent refuser d'apparaître dans Google News mais non ils veulent ET la visibilité ET la rémunération. Et désormais Google n'a plus le droit de les dereferencer sous peine d'amende. On marche sur la tête.
Pour moi cela ressemble purement et simplement à de l'extorsion.

avatar Adodane | 

@v1nce29

Et pourquoi Google ne ferme pas son service Google actualités dans ce cas ? 🧐

avatar bibi81 | 

Et pourquoi Google ne ferme pas son service Google actualités dans ce cas ? 🧐

1/ Parce que cela concerne aussi Google search.
2/ "Et désormais Google n'a plus le droit de les dereferencer sous peine d'amende. "

avatar Derw | 

@bibi81

« 2/ "Et désormais Google n'a plus le droit de les dereferencer sous peine d'amende. " »

Si Google ferme le service, ce n’est pas du déréférencement…

avatar Insomnia | 

@Furious Angel

Sauf que Google recopie les informations sans autorisation et se remplit les poches avec… certes ça peut apporter des clients aux différents journaux mais il faut pas abuser.

avatar Furious Angel | 

@Insomnia

Pas « ca peut rapporter ». C’est leur principale source de trafic (et donc de revenus) et il écrivent spécifiquement les articles pour être bien placés dans Google Actu

avatar Insomnia | 

@Furious Angel

Dans tous les cas ils peuvent aussi récupérer une part du gâteau, pour ma part j’utilise plus l’application de Google c’est une horreur sur iOS 🤣 je la préfère chez android 🤣

avatar Furious Angel | 

@Insomnia

C’est pas l’application, ce sont les recherches web. Les liens de Google Actu apparaissent souvent tout en haut des résultats.

avatar Derw | 

@Furious Angel

Heuu non. Pour reprendre votre exemple, avec Search et l’amp, les clients du resto sortent à peine du taxi. Ils mangent UN PEU de la bouffe du resto à un prix largement inférieur au prix standard

avatar Furious Angel | 

@Derw

C’est faux, une immense partie du trafic des sites web d’actu vient de Google Actu, et le personnel est même formé pour coder le site et écrire les articles d’une façon à plaire à Google

avatar Derw | 

@Furious Angel

Oui et non. J’ai corrigé mon commentaire ci-dessus (en espérant le faire avant que vous ne le lisiez, raté !) qui était effectivement en partie faux (pas réveillé).

Donc oui, avec Google actu, le rapport est plus « équitable » qu’avec Search et amp.

Reste que les plaintes et les amendes se réfèrent aux droits voisins, droits (avec les droits d’auteur) qui régissent l’usage d’une œuvre. Si Google se contente de créé un lien vers une œuvre sans en exploiter le contenu, elle ne devrait pas être inquiétée. Hors la justice a déterminé qu’elle était en tord, il doit donc bien y avoir cas d’usage de contenu sans paiement en contrepartie…

Je vais creuser la question pour ne plus être dans l’approximation…

avatar Furious Angel | 

@Derw

Certes, mais c’est en utilisant l’image de l’article et les mots clés de l’article (potentiellement cherchés par l’utilisateur) qu’on lui présente un contenu sur lequel il a de fortes chances de cliquer. On sait qu’un article avec une image attire beaucoup plus, c’est pour ça que tous les articles ont une photo principale, ce qui n’était pas le cas y’a 10/15 ans.

Quand un site publie ses articles sur Twitter et Facebook, il met un bout pour attirer le chaland, il met une photo pour la même raison.

Je bosse pour des sites d’actu depuis 15 ans et je sais à quel point le SEO est essentiel dans la création des articles… Et pour moi les éditeurs cherchent juste à avoir le beurre et l’argent du beurre avec une position hypocrite : ils font tous les efforts possibles pour être bien placés dans Google Actu. Quand Google a dit « ok pas grave on déférence les sites qui ne veulent pas », ils ont paniqué…

avatar Derw | 

@Furious Angel

« Je bosse pour des sites d’actu depuis 15 ans et je sais à quel point le SEO est essentiel dans la création des articles… »

Il se trouve que moi aussi (depuis 6 ans). Et effectivement le SEO est très important pour les journaux, afin d’avoir plus de visibilité auprès des non-abonnés et donc plus de revenus publicitaires. Le problème, c’est que la publicité n’est pas un moyen efficace d’assurer sa pérennité pour un journal : trop fluctuant au niveau du nombre de pages vues comme au niveau des revenus par page vue (cf. les attaques des GAFAM sur les modèles de suivi d’utilisateurs pour leur proposer des pubs ciblées). Selon moi, le seul modèle économique viable est l’abonnement. Pour le journal : plus grande maîtrise des revenus, plus grande indépendance vis-à-vis des annonceurs connaissance de son lectorat… Et pour le lecteur : contenu mieux mis-en-valeur (pas polluer par la pub), plus grande indépendance vis-à-vis des annonceurs, rapport privilégié avec le journal…

« Et pour moi les éditeurs cherchent juste à avoir le beurre et l’argent du beurre avec une position hypocrite : ils font tous les efforts possibles pour être bien placés dans Google Actu. Quand Google a dit « ok pas grave on déférence les sites qui ne veulent pas », ils ont paniqué… »

Vous avez sans doute raison. Fuyant Google comme la peste, je ne connais pas trop le fonctionnement de Google Actu et encore moins le modèle économique derrière… Par contre, pour avoir un peu bossé sur l’AMP, je peux dire que c’était une horreur pour les journaux : perte de lectorat, perte de revenus publicitaires, obligation d’investissement technologique (et donc financier) dans le système. Le journal pour lequel je bosse y est allé à reculons il y a 3 ans après avoir lutté contre, pour finalement désinvestir aujourd’hui…

Maintenant, le danger qui se profile pour les journaux, c’est FIDO (https://fidoalliance.org) qui semble être un super projet pour les utilisateurs, mais une horreur pour les journaux si cela fonctionne comme l’abonnement via Google… Avec ce système, en plus d’un pourcentage de leurs revenus, ils pourraient perdre ce qui fait la richesse de l’abonnement : la connaissance et le contact avec les abonnés…

avatar Furious Angel | 

@Derw

Je suis globalement d’accord, à la fois pour le modèle payant qui est une immense réussite pour Mediapart (et qui en plus regle le problème du contenu piqué par Google, puisque Google ne voit que les premières, et d’ailleurs Mediapart est le seul média qui publie des articles qui n’ont parfois pas de photo, ce qui montre qu’ils ne jouent pas sur le référencement) que pour AMP qui est aussi abandonné là où je travaille.

Ce modèle « max de pages vues pour max de pubs affichées pour max de revenus » ne marche plus pour certains sites et on en voit de plus passer à un modèle hybride avec de plus en plus d’articles payants (MacG est un exemple mais aussi des très gros comme Le Monde et L’Equipe, ou le Wall Street Journal aux États-Unis) et au final, Google n’est pas vraiment responsable de tout ça, ils ont juste été l’instrument le plus efficace pour gagner en trafic.

Le problème des paywall c’est que beaucoup de gros médias historiques ont eux même créé de mauvaises habitudes dans les années 90 et 2000, en balançant tout leur contenu en ligne gratuitement et sans avoir vraiment pensé à un modèle économique. La pub a des limites mais c’est compliqué de dire aux gens « ok, tout le contenu gratuit depuis 20 ans, il a un coût de production et il faut le payer ».

avatar Derw | 

(Doublon effacé)

avatar DahuLArthropode | 

Au-delà des questions de principes et des analogies évoquées dans les commentaires précédents, on peut aussi regarder l’évolution objective des revenus de la presse, d’une part, des diffuseurs comme Google, d’autre part, et comprendre qu’il fait rééquilibrer le partage en faveur de ceux qui produisent le contenu avec de moins en moins de moyens.
J’ai peur d’un monde où Google, Twitter ou Facebook produiront eux-mêmes l’information directement comme Netflix ou Apple produisent de la fiction. On perdra au moins en diversité.
On n’en est pas si loin, sauver ce qui reste de journalisme me paraît souhaitable.

avatar Furious Angel | 

@DahuLArthropode

Je pense que Google et les autres veulent vraiment éviter de faire ça. On le voit déjà avec la façon dont YouTube, Twitter et Facebook se dédouanent totalement de la responsabilité de ce que postent les gens, ils veulent à tout prix éviter d’être considéré comme éditeur de contenu.

avatar DahuLArthropode | 

@Furious Angel

Ils ne veulent pas être responsables des contenus postés, en effet. Et je ne pense pas qu’ils tiennent à être producteurs de contenu. Toutefois, si les contenus venaient à manquer du fait de la mort des organes de presse, peut-être y viendraient-ils, non par stratégie, mais pour conserver leurs visiteurs. J’imagine très bien des contenus du niveau « 20 minutes », du digest de quelques sources et une sélection de tabloïds.
Note que ce n’est pas un pronostic, juste une crainte de ce qui restera si les parasites tuent la bête dont ils sucent la sève.

avatar cosmoboy34 | 

@DahuLArthropode

pas sûr que ce serait une perte énorme en france. Les journaux nationaux ayant grandement gardés leur mauvaises habitudes de connivence de l’ère de Gaulle. Les vrais journaux d’investigation étayés qui publient de vrais sujets en toute impartialité ne se comptent même pas sur les doigts d’une main en france. Le vrai journalisme d’investigation est à l’agonie depuis bien trop longtemps.

avatar DahuLArthropode | 

@cosmoboy34

Je suis plutôt en désaccord. Notre presse est variée, couvre toutes les tendances, sort les infos désagréables au pouvoir (Benalla ou Darmanin par exemple) même dans la presse proche du pouvoir.

avatar cosmoboy34 | 

@DahuLArthropode

Variée oui en effet pour le reste ça se vérifie pas vraiment il est souvent question d’une ou 2 publications qui n’hésitent pas en effet à faire un vrai travail de journalisme et les autres suivent le pas quand l’affaire devient sérieuse. On est donc pas là dans une variété de publications d’investigation mais plutôt dans le système du premier de la classe et de ceux qui copient dessus parce qu’ils n’ont rien foutu de l’année

avatar cosmoboy34 | 

@DahuLArthropode

Et puis faut pas se leurrer un certain nombre d’affaires sortent justement par volonté politique de faire du tort à un concurrent. Ils publient ce qu’on leur dit de publier. On est très très loin du journalisme indépendant.

avatar Derw | 

@cosmoboy34

Le journalisme indépendant avec diffusion autre que confidentielle est un fantasme. Le journalisme est un travail, il faut donc de l’argent pour le payer. De plus, il implique énormément de frais, il faut donc encore plus de sous. Du coup, à partir du moment où les recettes par abonnements seuls ne permettent pas le roulement et les investissements, le média et ses journalistes sont dépendants…

En France, on a un vrai problème de dépendance des média à des grands financiers. Et le phénomène de concentration que l’on voit depuis des années aggrave les choses. Toutefois, malgré cela, on arrive quand même à avoir encore aujourd’hui une diversité des opinions et de l’investigation avec une relative autonomie des rédactions. Mais pour combien de temps ? C’est un vrai sujet primordial en cette période de post-vérité et la suppression de la redevance ne va pas dans le bon sens pour ce point…

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