Le partage de données entre Facebook et WhatsApp contesté en Allemagne

Florian Innocente |

La décision de Facebook de récupérer le numéro de téléphone enregistré par les utilisateurs de WhatsApp n’est pas du goût du BfDI, équivalent allemand de la CNIL.

Ordre a été donné à Facebook de supprimer les données des utilisateurs allemands de WhatsApp qui avaient été déjà récupérées et de stopper cette collecte. Au motif que ces (35 millions) de personnes n’avaient pas donné leur accord à ce transfert d’informations, et qu’il était en infraction à la loi sur la protection des données privées. Facebook a répondu qu’il suivait la réglementation européenne et s’est dit prêt à coopérer.

Quelles informations ?

Fin août, Facebook et sa filiale ont annoncé que le numéro de téléphone enregistré par les utilisateurs d’un compte WhatsApp allait être maintenant récupéré par le réseau social. Il ne s’agit pas de fusionner les deux services ou d’afficher votre contenu WhatsApp sur votre compte Facebook, mais de croiser cette information entre les deux plateformes qui peuvent être fréquentées par une seule et même personne.

L’explication que donne WhatsApp suggère que ce transfert pourrait se faire à terme vers tous les logiciels de la « famille Facebook », qui comprend par exemple Instagram.

Quant aux motivations, elle sont de trois ordres. N’importe qui pourrait souscrire aux deux premières, mais la plus sujette à caution arrive à la fin :

WhatsApp fait partie de la famille de sociétés Facebook, et partager certaines informations nous permet de coordonner davantage et d’améliorer les expériences à travers nos services et ceux de Facebook et de la famille Facebook. Par exemple :

Nous pourrons compter les utilisateurs uniques avec plus de précision ; Nous pouvons mieux lutter contre les spams et les abus ; Si vous êtes un utilisateur Facebook, vous pourriez voir de meilleures suggestions d’amis et des publicités plus pertinentes sur Facebook

Partage par défaut

Pour la commission allemande, il y a eu insuffisance dans l’information apportée aux utilisateurs quant à ce changement. Cela s’est fait par une modification des conditions générales d’utilisation qu’il convenait de valider dans l’app. Le partage était alors activé par défaut.

Rien n’empêchait de le désactiver dans la foulée, mais l’option était un tap plus loin (il fallait avoir la curiosité d’ouvrir un panneau détaillant ces changements). On pouvait également le désactiver après coup, sous réserve de plonger dans les réglages (et d’avoir l’idée de le faire). Ce refus du partage, dans la manière dont il a été conçu, a au moins un mérite. Une fois que l’on a dit non, on ne peut plus revenir en arrière ou redouter qu’une mise à jour le réactive.


avatar EBLIS | 

D'ailleurs à ce sujet, des proches et tous leurs collègues qui travaillent pour un gros groupe pharmaceutique suisse qui distribue des iPhone à ses employés ont reçu une directive et la méthode pour désactiver le partage Whatsapp/Facebook. Ils autorisent l'utilisation des téléphones pros à titre perso mais sont à cheval sur la sécurité. C'est dire à quel point cette affaire dérange.

avatar C1rc3@0rc | 

D'un autre coté les suisses viennent de voter pour la restriction de leurs libertés d'expression et de pensée en autorisant l'épluchage systématique et a large échelle par une officine dédiée... Pas besoin du 49.3 ou du 11 septembre pour imposer le Patriot Act et la surveillance de masse, comme si la Suisse et les suisses ne souffraient pas assez de la votation catastrophique du 9 février 2014...

avatar francis_1 | 

@C1rc3@0rc :
Rapport avec le sujet?

avatar highboot | 

@EBLIS :
Dérange surtout les directions IT qui doivent vendre leur business.
Pourquoi utiliser WhatsApp (quasi gratuitement) si on est en désaccord avec ses conditions d'utilisation?
Une "grosse boîte" peut se payer un service plus performant et interdire l'usage privé des téléphones de l'entreprise si le monde extérieur leur fait si peur

avatar Rodri31 | 

Non mais WhatsApp a été racheté par Facebook les gars ouvrez les yeux. WhatsApp n'est pas aussi sécurisé qu'lls le prétendent...

avatar RyDroid | 

On n'en est pas sur, mieux vaut donc ne pas être autant affirmatif, même si c'est fort probable. Mais par précaution, il vaut mieux éviter. Le fait qu'un logiciel soit privateur ou basé sur une infrastructure centralisée (qui peut collecter tout ce qui n'est pas chiffrable de bout-en-bout : qui communique avec qui, quand, etc) devrait suffire à fuir le dit logiciel.

avatar josselinrsa | 

Si on désactive le pa[i]r[a]tage après coup est-ce que de toutes façons le numéro de tel a été envoyé à Facebook et donc c'est devenu inutile de se planquer? je pense que ça aussi fait tiquer les autorités

avatar Hideyasu | 

Surtout que le numéro n'est qu'un début, dans 2 ans ils lancent l'analyse des conversations

avatar e2x | 

Ces "gens" aux formidables intentions de partage et de suggestions vont jamais nous lâcher ! Ce n'est que le début, déjà qu'ils se rachètent entre eux.. beuuurk..
Malgré tt ce j'ai coché et décoché ds Whatsapp, tous les jours le truc me dit " ton ami untel de facebook est sur whatsapp.." et c'est -

avatar RyDroid | 

Si tu continues à t'accrocher à eux, ils ne te lâcheront pas. Une application cela peut s'installer mais aussi se désinstaller. De la même manière, on peut commencer à utiliser un service, mais arrêter plus tard. Cela peut être dur de s'en défaire, mais c'est bien le principe d'une drogue ("Chose qui intoxique, qui provoque comme une dépendance, passe-temps très prenant" d'après Wiktionnaire).

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