Apple s’attaque aux apps de chat anonyme. Comme elle le fait de temps à autre, la firme de Cupertino vient de faire évoluer ses règles de validation de l’App Store. Cette fois, elle s’attaque à un segment particulièrement sensible : celui des contenus générés par les utilisateurs, avec une attention toute particulière portée aux services de discussion anonyme.
Un tour de vis sur la sécurité
Dans la section 1.2 des App Review Guidelines, consacrée à la sécurité, Apple liste désormais explicitement les « chats aléatoires ou anonymes » comme des services susceptibles d'être bannis sans préavis. Si la plateforme reconnaissait déjà que ces contenus posaient des défis — allant de la violation de propriété intellectuelle au cyberharcèlement — elle durcit ici sa position.
Jusqu'à présent, les développeurs devaient principalement mettre en place des outils de signalement et de filtrage. Désormais, Apple se donne le droit de supprimer purement et simplement les applications dont l'usage principal dérive vers la pornographie, les menaces physiques ou, désormais, les échanges anonymes de type Chatroulette.
Voici le paragraphe de la section 1.2 en question :
Protéger les mineurs...
Pourquoi ce changement maintenant ? La raison officielle semble évidente : la protection des mineurs. L'année dernière, Apple et Google avaient déjà fait le ménage en supprimant l'application OmeTV suite à un rapport accablant du régulateur australien de la sécurité en ligne, soulignant les risques de prédation sur ces plateformes.
En intégrant cette règle noir sur blanc, Apple simplifie ses procédures d'expulsion. Plus besoin de justifier d'un manquement technique complexe : si l'app favorise l'anonymat total et les rencontres aléatoires, elle est persona non grata.
…ou s'offrir un parapluie juridique ?
Mais comme souvent avec l'App Store, il y a la règle et son interprétation. Certains observateurs y voient une manœuvre pour faciliter le retrait d'applications plus « politiques ». On pense notamment à bitchat, le service de messagerie décentralisé soutenu par Jack Dorsey, très prisé par les manifestants au Népal ou en Iran pour échapper à la surveillance étatique.
En élargissant le spectre des contenus « condamnables », Apple s'offre une marge de manœuvre confortable. Après avoir été critiquée pour le retrait d'ICEBlock (une app de signalement des contrôles migratoires aux USA) sous le motif flou de « contenu répréhensible », la firme dispose désormais d'un outil réglementaire plus précis pour justifier ses futurs coups de balai, qu'ils soient motivés par la sécurité réelle ou par la pression des gouvernements.
Apple retire ICEBlock de l'App Store, une app qui permet de signaler la présence des services de l'immigration [🆕 Google aussi, et le DoJ réagit aux apps concernées]
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