Quitte à demander à mes collègues d’exposer leurs secrets les plus intimes écrans d’accueil, autant montrer l’exemple. Je ne suis pas certain que mon écran d’accueil soit le plus intéressant du lot, parce que j’utilise mon iPhone 16 Pro essentiellement pour relever mes e-mails, lire quelques flux RSS, écouter des podcasts et renforcer mes cours de langue. Mon téléphone n’est pas une console de jeux, encore moins un téléviseur miniature, et surtout pas un trou noir à doomscrolling. Vous me pardonnerez l’expression, mais l’écran d’accueil de mon iPhone est chiant.
C’est fait exprès ! Je n’ai jamais installé beaucoup d’applications, j’active encore moins de notifications et j’utilise des fonds d’écran sobres pour réduire l’attrait de mon téléphone. Comme j’ai quitté les principaux réseaux sociaux depuis plusieurs années et que j’utilise le mode « Ne pas déranger » sans modération, je n’ai pas de raison de passer ma journée devant mon petit écran. J’ai même utilisé Dumbify, et j’utilise encore Niagara Launcher sur Android, pour remplacer la grille d’icônes colorées par une liste de titres monochromes.


Je suis récemment revenu à un arrangement plus conventionnel en tirant parti des modes de concentration. La journée, mon écran d’accueil affiche mes applications favorites, classées dans l’ordre alphabétique :
- Antidote : qui est malheureusement incapable de corriger les textes sur iOS et iPadOS, alors que d’autres utilisent des claviers personnalisés pour le faire, mais reste mon dictionnaire de référence, que je consulte presque quotidiennement ;
- Calendrier : je crois avoir installé tous les calendriers disponibles dans l’App Store, mais je reviens toujours à l’application intégrée. Comme il affiche maintenant les rappels, j’ai pu désinstaller Things et gagner une place sur l’écran d’accueil ;
- Duolingo : j’avais utilisé Busuu pour rafraichir mes connaissances en espagnol, ma langue maternelle que je pratique trop peu, j’utilise Duolingo pour renforcer mes cours de portugais, langue dont les sonorités évoquent le galicien de mes grands-parents, et je l’utiliserai pour reprendre l’allemand, langue que j’ai étudiée pendant neuf ans mais qui m’échappe toujours au pire moment ;
- Home Assistant : j’ai complètement abandonné l’écosystème HomeKit depuis que j’ai installé le boitier Home Assistant Green et je ne le regrette pas une seule seconde. J’aurais laissé tomber la domotique, et peut-être plus, sans Home Assistant ;
- Le Monde : parce qu’il faut bien se tenir vaguement au courant de l’actualité généraliste, même si elle est désespérante, et même si les quelques articles du « journal de référence » osant aborder les sujets technologiques sont truffés d’énormités ;
- Libro.fm : au lieu d’écouter des podcasts d’une oreille, j’essaye d’écouter attentivement des audiolivres. Le catalogue de Libro.fm n’a rien à envier à celui d’Audible, mais les fichiers sont dépourvus de DRM et peuvent être donc écoutés sur l’appareil de mon choix et sauvegardés comme tous mes autres fichiers ;
- Mail : je crois avoir installé tous les courrielleurs disponibles dans l’App Store, mais je reviens toujours à l’application intégrée. Cela dit, la nouvelle interface va peut-être me faire changer d’avis. J’utilise Mail uniquement pour ma boite personnelle, je consulte ma boite professionnelle sur l’interface web de Fastmail ;
- Plans : j’aime me perdre, alors j’utilise Plans ;
- Marvis : une application dont nous parlons trop peu, qui met la discothèque Apple Music dans une interface entièrement personnalisable et peut envoyer les données de lecture vers Last.fm. Dans un tout autre genre, j’aime beaucoup Albums, mais le cout de son abonnement me semble un tantinet élevé, malgré ses fonctionnalités de découverte extrêmement pointues ;
- Notion : je ne vous dirais pas que je pourrais écrire un livre sur Notion, parce que vous seriez capable de me demander de le faire. Je m’en sers essentiellement pour cataloguer ma bibliothèque, comme une version simplifiée de Koha, et suivre mes lectures, comme une version personnelle de Goodreads. Je commence doucement à m’en servir pour gérer mes finances, organiser mes interventions à l’université et documenter mon activité de freelance, mais je suis toujours inquiet du format propriétaire des données et je n’ai pas le courage de réinstaller Obsidian ;
- Oura : pourquoi porter une montre connectée quand on peut porter une bague connectée et une montre mécanique ;
- Photos : je crois avoir installé tous les catalogueurs de photographies disponibles dans l’App Store, mais je reviens toujours à l’application intégrée. J’utilise Photomator pour « développer » mes clichés, pris au format RAW Max, avec une LUT personnalisée qui évoque le film Kodak Portra 400 ;
- Podcasts : je crois avoir installé tous les lecteurs de podcasts disponibles dans l’App Store, mais je reviens toujours à l’application intégrée. (Vous avez compris le thème ?) Je n’écoute plus assez de podcasts pour justifier la présence de Pocket Casts ou d’Overcast — je n’enregistre même plus le mien — mais je ne suis pas encore prêt à supprimer Podcasts ;
- Reeder : parce qu’il faut bien se tenir précisément au courant de l’actualité de notre domaine, même si Reeder comporte aussi ma veille personnelle. J’aime beaucoup le parti-pris de la nouvelle version, qui ne met plus l’accent sur le nombre d’articles à lire, mais se contente de synchroniser la position dans le flux. Ajoutez quelques chaines YouTube, quelques podcasts, quelques subreddits et quelques comptes Mastodon, et vous avez votre propre petit réseau social personnel ;
- Transit : sans doute la meilleure application de navigation avec les transports en commun, qui ne m’a encore jamais fait défaut. J’utilise parfois Geovelo pour planifier mes itinéraires à vélo, mais la multiplication des pistes cyclables dans la métropole lyonnaise sécurise les trajets ;
- Waterminder : une application pour m’assurer que je bois suffisamment d’eau. On a les problèmes qu’on a.
Le widget de Foreca décale la grille vers le bas pour faciliter la manipulation avec le pouce, mais fournit surtout les prévisions météorologiques les plus fiables que je connaisse, pour un prix dérisoire. Hello Weather permet de changer de fournisseur de données à la volée, et propose une interface dynamique extrêmement intéressante, mais ses widgets sont moins aboutis.

Lorsque le mode « Ne pas déranger » est activé, le soir et le week-end, mon écran d’accueil est tout simplement vide, on peut faire difficilement plus minimaliste. Enfin, j’ai créé un mode « Voyage » pour activer automatiquement un écran d’accueil qui donne la part belle aux applications de cartographie (Organic Maps et WorkOutDoors), de billetterie (Cartes, Trainline) et de traduction. Dans tous les cas, le Dock comporte les quatre mêmes applications :
- une application mystère : développée par un ami, elle m’est devenue à ce point indispensable qu’elle m’a fait remplir mon Dock, alors que je préfère une disposition à trois icônes ;
- Messages : mes amis utilisent Messages, les gens qui utilisent WhatsApp ne sont pas mes amis ;
- Téléphone : parce que l’iPhone peut aussi passer des coups de fil, figurez-vous, et parce que cette application comporte les fonctionnalités des applications Contacts et FaceTime ;
- Safari : à mon corps défendant, et seulement avec l’aide du bloqueur de contenus 1Blocker, de l’extension de personnalisation StopTheMadnessPro et du moteur de recherche Kagi.
Si mon écran d’accueil change en fonction du mode de concentration, donc, l’écran de verrouillage et le Centre de contrôle ne changent pas. L’écran de verrouillage reprend les widgets de Foreca, de Duolingo et de Waterminder. Je n’ai pas encore trouvé mieux que les raccourcis pour (dés)activer la torche et lancer l’appareil photo, alors les mêmes icônes apparaissent au même endroit dans le Centre de contrôle, qui est un chantier d’autant plus permanent que son arrangement est régulièrement chamboulé par un bug qui traine depuis les premières bêtas d’iOS 18.

Mon iPad est configuré peu ou prou comme mon Mac. Or je n’ai pas utilisé le Bureau depuis 2007, rien d’autre n’apparait sous mes fenêtres que le fond d’écran, généralement le même que sur mon iPhone. L’écran d’accueil de mon iPad est donc vide, à l’exception du Dock, pratiquement identique à celui de mon Mac (il manque BBEdit et Ulysses) et similaire à l’écran d’accueil de mon iPhone (avec GoodLinks). Ce qui me fait dire que sans l’éditeur de podcasts Ferrite et l’application de dessin Procreate, je n’utiliserai plus d’iPad. L’écran d’accueil le traduit bien.
