BookExpo : des éditeurs pour un format d'eBooks universel

Anthony Nelzin-Santos |

Lors du BookExpo, Michael Serbinis, PDG de Kobo, a déclaré que la bataille entre l'iPad et le Kindle ne faisait que détourner l'attention des changements qui étaient en train de s'opérer. Pire encore : « aujourd'hui, vous pouvez acheter un livre chez Barnes & Nobles [NdA : une grande chaîne de libraires] et un autre chez Walmart [NdA : une chaîne de magasins] et vous n'avez pas à les conserver dans des pièces séparées de votre maison […] vous achetez un livre chez Apple et un chez Amazon, et vous êtes obligés de le garder dans votre bulle Apple, ou votre bulle Kindle ».

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Pour David Shanks, le patron de Penguin Group, les utilisateurs veulent la liberté : « notre vœu le plus cher est que tous les appareils deviennent agnostiques en cela qu'il n'y aurait plus de format propriétaire et que l'on pourrait lire partout où l'on voudrait ». Mais il faudra d'abord définir « un standard commun à tous ».

Apple a choisi un format standard pour ses iBooks, l'ePub. Mais les iBooks possèdent des DRMs. Kobo, qui possède une application iPad et iPhone, a fait le pari de l'ouverture (ePub sans DRM et PDF), mais Shanks rappelle que la peur du piratage massif reste très présente chez les éditeurs.

La BookExpo montre que comme le marché de la musique, celui du livre est en train d'évoluer. Pour Susan Peterson Kennedy, présidente de Penguin Group, les éditeurs ne doivent cependant pas faire les mêmes erreurs, et préféreront prendre le risque du piratage que se barder de protections souvent inutiles et perdre des parts de marché.

Elle pense que pour le moment, le livre garde l'avantage : « les appareils ne sont pas encore au point. Contrairement à une opinion répandue, le livre est pour le moment plus flexible ». Mais elle pense que les tablettes seront bientôt très communes, et que les éditeurs se regrouperont pour être plus forts. Et émet une affirmation qui sera prise comme un bon signal pour beaucoup : que dans le futur, les lecteurs pourront se prêter des livres numériques… chose qu'on ne peut actuellement faire, un comble.

Source et photo Wired


avatar thEV4Nne | 
Ils ont raison d'avoir peur du piratage. Le meilleur moyen d'éviter le piratage, c'est de vendre les livres cinq fois moins cher en format numérique qu'actuellement, car à 15 € par ouvrage c'est une vraie incitation à rechercher d'autres moyens de se procurer des ouvrages ! Et comme les éditeurs vont s'accrocher à ces prix délirants jusqu'au bout, l'histoire va se répéter, comme il y a dix ans avec la musique ! Mais qui a besoin des éditeurs ? Pas les lecteurs, en tout cas ! Qu'ils disparaissent si ils ne peuvent pas s'adapter !
avatar baptiste2097 | 
Toutafé d'accord ! Mais je pense qu'il existera encore pour un moment des formats propriétaires… Tout comme il existe différentes qualités de papier et d'encre, des reliures plus ou moins luxueuses, etc. Ça ne protège pas plus l'œuvre, mais l'éditeur cherche toujours à marquer de son sceau les ouvrages qu'il diffuse, publicité oblige ? Chez iGoMatiK on est pour les petits prix, et à défaut de prêter les ouvrages, on peut toujours les offrir… puisqu'ils sont moins chers ! Essayez, c'est sympa comme cadeau. Et testez les versions gratuites, et n'hésitez pas à les évaluer, à commenter, maintenant les artistes peuvent avoir un retour quasi direct du ressenti de leurs lecteurs, ils adorent ça. http://itunes.apple.com/fr/app/id365726718?mt=8 http://www.igomatik.com/fr/bandes-dessinees
avatar Liyad | 
...un format universel, potentiellement commun aux éditeurs, ça existe effectivement déjà. Mais sans plombage, sans "DRM", aucun éditeur n'en voudra. Alors l'argument de la liberté (de choix) pour le consomateur, c'est vraiment très lourd à la fin. Pour moi, c'est de l'hypocrisie, celle d'une industrie qui veut (se passer d'un intermédiaire, l'imprimeur, et) contrôler sa propre distribution... D'autant plus tentant, qu'un format électronique a de nombreux avantages pour les éditeurs, par rapport à une version papier: - ça ne se prête pas (hors cercle familial), - ça ne se revend pas, - ça ne se conserve pas (Pas de livres anciens), - les marges sont plus importantes
avatar rick75 | 
Il est clair que pour beaucoup d'auteurs, il y a un intérêt particulier, et à mon avis, les grosses maisons d'éditions sont entrain de commettre la même erreur que les Majors. Tenter de garder un prix "identique" au format numérique, alors qu'ils n'ont pas besoin d'imprimer l'ouvrage (~30% du prix d'un livre = papier), c'est juste "scandaleux". Pas de stock et jamais de rupture de stock, des éditions disponibles plusieurs années plus tard. En plus, les "petits auteurs" n'auraient plus besoin de passer par de grandes maisons d'édition pour diffuser leur œuvre. C'est vraiment dingue de voir un "blocage" pareil de la part des éditeurs.
avatar crifan | 
L'agnosticisme est la position philosophique selon laquelle la vérité de certaines propositions, le plus souvent théologiques, concernant l'existence de Dieu ou des dieux est inconnaissable[2],[3]. Ce ne sont pas les machines qui ne sont pas prêtes. C'est le moyen d'engranger un max de profit. Moi, lecteur, je veux un livre numerique a moins de 30% du prix papier et le libre echange de ma bibliotheque Un abonnement a une dizaine de quotidiens correct a moins de 5 euros/mois Le droit a une copie numerique d'un livre papier acheté , via une clef d'activation , pour poursuivre ma lecture en déplacement , avec majoration du prix de 5% maxi lors de l'achat
avatar littlebird | 
Le problème du prêt de livre numérique est épineux mais nécessaire! Sans oublier que c'est aussi une forme de publicité pour l'auteur: j'aime le livre qu'on m'a prêté, j'achèterai pê d'autres livres du même auteur! Si on bride le partage des ebooks, le livre papier aura encore de beaux jours devant lui!
avatar ArchiArchibald | 
ePub est ouvert. Ils mettent des DRM dedans, mais ça n'empêche pas une fonctionnalité de partage limité. Ils n'y ont pas pensé, c'est tout.

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