Procès des DRM d'iTunes : Apple supprimait la musique concurrente

Mickaël Bazoge |

Le procès qui oppose Apple à des consommateurs se plaignant de pratiques anti-concurrentielles concernant les DRM d'iTunes se poursuit, et il lève un coin du voile sur des pratiques méconnues qui pourraient faire leur petit effet dans le prétoire d'Oakland (Californie). Entre 2007 et 2009, Apple a supprimé des morceaux chez certains utilisateurs, sans leur consentement, alors que ces titres provenaient de boutiques concurrentes à l'iTunes Store.

Le Wall Street Journal, qui rapporte les témoignages qui ont eu lieu hier, se fait l'écho de pratiques dénoncées par un des avocats des consommateurs : lorsqu'un utilisateur tentait de synchroniser sur son iPod des morceaux téléchargées depuis une échoppe musicale concurrente, iTunes affichait un message d'erreur prévenant le propriétaire du baladeur de restaurer l'appareil avec les réglages d'usine. Une fois l'opération effectuée, la musique provenant des services rivaux disparaissait, a accusé cet avocat. D'après lui, Apple a conçu le système pour que ce dernier n'en dise rien à l'utilisateur.

La défense d'Apple a expliqué qu'il s'agissait de mesures « légitimes » visant à améliorer la sécurité. Augustin Farrugia, directeur sécurité du constructeur de Cupertino, a déclaré durant son témoignage que si l'entreprise ne détaillait pas plus le fonctionnement de l'iPod dans ce genre de cas, c'était pour une raison simple : « Nous n'avons pas besoin de donner trop d'informations à nos utilisateurs » afin d'éviter la confusion.

À l'époque, Apple se montrait très chatouilleuse sur les questions de sécurisation d'iTunes, suite aux bidouilles de hackers comme DVD Jon ou Requiem. « Le système était totalement piraté », explique Farrugia. Les mises à jour qui supprimaient les morceaux de musique ne provenant pas de la boutique d'Apple avaient pour objectif de protéger les consommateurs de potentiels problèmes d'intrusion informatique.

L'argument de la sécurité portera t-il ses fruits durant le délibéré du procès ? Les plaignants, qui réclament 350 millions de dollars en dommages et intérêts (une somme qui pourrait tripler d'après la législation antitrust), font appel à des courriels et un témoignage vidéo de Steve Jobs pour appuyer leur cause (lire : Procès des DRM d'iTunes : Steve Jobs à la barre posthume).


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avatar Tchobilout23 | 

Les gens portent plainte pour n'importe quoi!!

avatar lmouillart | 

Je suppose qu'il fallait lire : "Les entreprises font n'importe quoi!" ?

avatar arekusandoro | 

@Tchobilout23 :
Tu as raison ! Apple a bien le droit de supprimer les musiques acheté ailleurs que sur iTunes ! Non mais dans quel monde on est...attention si tu écris ce message depuis un PC, MacG a le droit de le supprimer ;)

avatar Tchobilout23 | 

@arekusandoro :
T'inquiète j'écris depuis un iPhone ;-)

Ceci dit Apple a toujours été un système fermé… en tout cas, ça ne me viendrait pas à l'idée de porter plainte parce qu'on a supprimé une musique que je n'ai pas achetée sur iTunes!

avatar Philactere | 

@Tchobilout23 :
Donc toi t'achète un truc, derrière il y a une société XY qui vient te le détruire parce que ça ne lui plait pas que tu sois allé chez un concurrent et toi tu ne trouves rien à redire ?
Bin mon vieux, je ne m'étonne de plus grand chose sur le genre humain mais là tu as réussi à me surprendre...

avatar DeanLubaki | 

Comme quoi les fanboys on vraiment beaucoup de m**** devant les yeux.

avatar yipikayai | 

A l époque j avais acheter un morceau provenant de feu Fnac musique et il a toujours était en synchro avec l iPod puis l iPhone.
Le seul truc qui me dérangerai et qui est toujours d actualité c est leur système de boutique par pays, un morceau dispo aux US ne le sera pas forcément en France ( valable pour d autre pays, ceci b étant qu un exemple ).

avatar Vouzemoi | 

Un peu léger comme argumentation mais qui reflète bien l'esprit apple. Les utilisateurs n'ont pas à penser par eux même, nous décidons ce qui est bon pour eux de faire ou ne pas faire.

avatar benjaminhparis12 | 

Cool l illustration

avatar pat3 | 

Apple n'est pas reluisante sur ce coup, mais je en vois pas bien comment on pourrait lui intenter un portrait antitrust ? J'aimerais une explication sur la dernière phrase de l'article.

avatar Vanton | 

J'avoue ne pas trop comprendre de quoi on parle... Il existe entre iTunes et l'iPod un lien unique : le second voit son contenu importé puis synchronisé avec celui du premier. Rajouter une chanson sur iTunes permet de la pousser automatiquement sur l'iPod. Supprimer une chanson sur l'iPod ne peut se faire qu'en la désactivant ou supprimant dans la bibliothèque principale d'iTunes. Ça c'est le fonctionnement de base.

De quoi est-il vraiment question là ? Que le formatage d'un ipod en supprime le contenu, j'aurais tendance à dire que c'est logique !

Comment la musique achetée ailleurs était installée sur l'iPod ? Sans passer par iTunes ? Mise dans la mémoire de l'iPod par un logiciel concurrent ? iTunes détectait donc lors de la synchro un décalage entre sa bibliothèque et le contenu de l'iPod qui est censé être un disque esclave ?

avatar patrick86 | 

@Vanton :
Je je me pose aussi ces questions. C'est pas clair cette histoire et manque cruellement de précision.

avatar Domsware | 

@Vanton :
Je me pose également les mêmes questions.

avatar Sometime | 

@Vanton :
Bonjour,

Je l'ai compris comme suite:
Un utilisateur importe sa musique présente dans itunes sur le baladeur. Les morceaux présents dans itunes et provenant d'autres boutiques synchronisés sur le baladeur via itunes provoquent une erreur qui oblige a formater l'ipod. Ainsi un utilisateur peut utiliser itunes comme un lecteur de morceau d'une tierce boutique mais pas les charger sur le baladeur estampillé Apple.

avatar Mécréant | 

@Vanton
@patrick86
@Domsware
@Sometime

Effectivement, ce n'est pas hyper clair. D'après l'article, cela avait plutôt l’air de se passer comme suit :

1) L’utilisateur achète de la musique sur un site concurrent
2) Il la place dans iTunes
3) Il branche son iPod pour « tent[er] de synchroniser sur son iPod [l]es morceaux téléchargés depuis une échoppe (…) concurrente »
4) iTunes affiche un message d’erreur poussant à la restauration d’usine
5) Après l’opération, seule « la musique provenant des services rivaux disparaissait »

L’article ne précise pas si la musique disparaissait d’iTunes ou de l’iPod, mais étant donné qu’elle n’avait pas pu être synchronisée sur l’iPod…

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