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App Store : le bannissement controversé des apps créées à partir de modèles

Stéphane Moussie

lundi 11 décembre 2017 à 17:57 • 27

App Store

Apple a entrepris l’année dernière un grand ménage dans l’App Store pour « faciliter la découverte d’applications géniales ». Le tenancier de la boutique a commencé par retirer les applications qui ne fonctionnaient pas correctement et celles qui n’avaient pas été mises à jour depuis longtemps.

À la WWDC 2017, Apple a étendu son coup de balai aux « apps créées par des services vendant des modèles tout prêts ou qui se proposent de les générer eux-mêmes. » Cette nouvelle règle, inscrite dans le chapitre indiquant que les applications de l’App Store doivent être uniques et utiles, est en train de bouleverser tout un segment de la création d’apps.

L’équipe de validation de l’App Store a rapidement commencé à bannir des applications concernées. Faute de pouvoir continuer à proposer à ses clients la publication de leurs apps préfabriquées dans l’App Store, le service Shoutem a fermé.

« Bien que nous comprenons les intentions [d’Apple], l’approche générale qu’ils ont adoptée s’est avérée assez injuste pour nos clients professionnels qui construisaient en réalité des applications entièrement personnalisées sur notre plateforme et qui ne partageaient pas beaucoup de code commun avec les autres apps basées sur notre solution », a déclaré le CEO de Shoutem à TechCrunch.

Un service affecté dresse un parallèle avec le web : selon lui, c’est comme si un hébergeur refusait d’accueillir des pages web parce qu’elles ont été créées avec un modèle WordPress ou Wix.

Shoutem

Les acteurs du milieu font aussi remarquer qu’Apple envoie des signaux contradictoires. Le service ChowNow, qui permet aux restaurants de créer leur propre app sans connaissance en programmation, était pendant un temps présenté par Apple comme un exemple à suivre car il était l’un des premiers à prendre en charge Apple Pay. Sauf qu’à partir du 1er janvier 2018, ses apps ne seront plus acceptées par Apple. D’autres services qui avaient eu un sursis feront face au même mur dans trois semaines.

À l’opposé, Apple encourage les entreprises à créer des applications en se basant sur les modèles de la plateforme MobileFirst for iOS dans le cadre de son partenariat avec IBM.

« La règle 4.2.6 est une illustration concrète du danger de la position dominante d’Apple, estime Jérôme Granados, responsable marketing de GoodBarber, auprès de TechCrunch. Elle empêche de nombreux journaux locaux, médias en ligne, associations, communautés, clubs de sport, écoles, administrations locales et autres acteurs avec des moyens limités de toucher les utilisateurs d’iPhone. »

Le service français a vu ses recrutements baisser de 30 % au mois d’août et a revu ses offres en conséquence. Il mise beaucoup sur les Progressive Web Apps (PWA), des web apps qui se rapprochent des applications natives en pouvant envoyer des notifications push et être utilisées sans connexion. Mais si les PWA sont très bien prises en charge par Android, c’est moins le cas sur iOS.

Les générateurs d’apps et leurs utilisateurs ont reçu récemment le soutien d’un parlementaire américain. Dans une lettre, l’élu démocrate Ted Lieu demande à Tim Cook de revoir cette règle de l’App Store afin de ne pas pénaliser les petites organisations qui n’ont pas les moyens de payer une app conçue de zéro. Tim Cook répondra-t-il avec une lettre type ?

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