Les publicitaires vent debout contre la gestion intelligente des cookies de Safari 11

Mickaël Bazoge |

Avec iOS 11 et macOS High Sierra, Safari resserre encore les possibilités laissées aux annonceurs de suivre à la trace les utilisateurs. Cette fonction de prévention intelligente du traçage est une des principales fonctionnalités de la version 11 du navigateur web ; elle exploite des techniques d’apprentissage automatique qui servent à identifier les éditeurs et les publicitaires dont les cookies retracent l’activité de l’internaute.

Des cookies que Safari peut ensuite supprimer au bout d’un certain temps (si on ne s’est pas rendu de nouveau sur un site web visité il y a 30 jours, les données de traçage sont supprimées par exemple). Cette fonction permet de protéger l’utilisateur de Safari du cross-site tracking, c’est à dire les données que peuvent se partager plusieurs sites pour mieux personnaliser les annonces.

Les préférences de confidentialité de Safari permettent de modifier la gestion des cookies — Cliquer pour agrandir

La prévention du traçage s’ajoute à une offensive contre l’affichage publicitaire entamée avec la fonction de blocage de contenus inaugurée avec iOS 9. Et elle déplaît tout particulièrement à l’industrie de la publicité. Six des plus grandes associations américaines des agences de pub ont signé une lettre ouverte demandant à Apple de « repenser » son système qui vise à « imposer ses propres standards de cookies ».

Des standards qualifiés d’« opaques » et d’« arbitraires » par les signataires, pour qui cette fonction risque de déstabiliser l’écosystème qui finance beaucoup des contenus et des services en ligne. « L’infrastructure de l’internet moderne repose sur des normes cohérentes et applicables par tous pour les cookies. Les entreprises du numérique peuvent ainsi innover et mettre au point du contenu, des services, d’en personnaliser la promotion pour les utilisateurs en conservant leurs visites en mémoire », indique la lettre.

« Safari casse ces standards en les remplaçant par un ensemble de règles mouvantes qui va dégrader l’expérience utilisateur et saboter le modèle économique d’internet », accusent les agences. Des agences qui savent sans doute qu’elles ne sont pas spécialement populaires, c’est pourquoi elles jouent les internautes contre Apple : l’approche de la Pomme serait « mauvaise pour le contenu et les services financés par la publicité que les consommateurs apprécient ». Le système de gestion des cookies de Safari 11 va transformer la publicité en ligne en communication « plus générique », « moins utile », « moins opportune ». Un cri du cœur qui a peu de chance d’être entendu par Apple, mais qui sait.


avatar 406 | 

d'ailleurs,je voudrais pas dire mais macgé utilise cette saleté de criteo. on le voit bien avec goshtery mais pas sur igen...on veut pas être suivi. c'est pourtant simple, non ?

avatar debione | 

Tiens, je me demande si Apple avait cartonné avec iAd, si ils auraient pris le même chemin? J'ai un fort doute...

Par cette décision Apple ne cherche pas en premier à améliorer l'expérience utilisateur, ça c'est la conséquence satisfaisante d'une pierre deux coups. Par cette décision Apple enterrine le fait qu'ils se sont complètement planté sur la pub, qu'ils n'arrivent pas à faire du chiffre avec. Du coup ils ferment les robinets pour tout le monde (et cela affaiblira un chouia Google en plus, que du bénéf), et en plus l'utilisateur pensera que Apple est de leurs côtés... Alors que si iAd avait cartonné...

avatar Vanton | 

@debione

Sauf qu'iAd n'a pas cartonné justement parce qu'Apple limitait le suivi de l'utilisateur il me semble...

Je suis convaincu de leur bonne foi dans le domaine du respect de la vie privée. C'est certes un argument commercial mais ils vont bien plus loin qu'exigerait la simple promotion de leurs produits. Je crois fermement qu'ils ont dans le cas présent juste voulu améliorer l'expérience utilisateur que la pub à outrance détruit consciencieusement.

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