Test du casque Bowers & Wilkins P5 Wireless

Anthony Nelzin-Santos |

Si Bowers & Wilkins s’est fait une spécialité des enceintes sans-fil, comme le Zeppelin Wireless, elle s’est longtemps tenu à l’écart du marché des casques Bluetooth. Jusqu’à la présentation du P5 Wireless à l’été 2015, au moment où ses concurrents présentaient leur deuxième ou troisième vague de produits. Le P5 a-t-il bien supporté la greffe d’une puce Bluetooth et d’une batterie ? La réponse dans notre test.

Un P5 sans fil…

Comme son nom l’indique fort bien, le P5 Wireless est une déclinaison sans fil du P5. Il reprend donc la même construction en acier et cuir, qui a fait preuve de sa solidité et de sa sobriété. De son élégance, même, alors que ses concurrents sont plus empruntés ou plus patauds. Seule la présence imposante du logo Bowers & Wilkins pourra en faire tiquer certains.

L’arceau et les rotules, à la manipulation fluide mais contrôlée, participent grandement au confort d’utilisation de ce casque. L’amplitude de l’arceau pourrait être un tout petit peu plus longue, mais elle se règle d’un glissement, et ne se dérègle pas au moindre mouvement. Les rotules, elles, permettent de positionner les oreillettes à plat pour transporter le casque dans la pochette de transport fourni.

Les oreillettes du P5, le premier casque du fabricant anglais, pivotent pour un stockage à plat. Les oreillettes P3 et le P7, d'une conception plus récente, se replient vers l'intérieur pour un stockage plus ramassé. Chaque approche a ses avantages et ses inconvénients, mais il faut remarquer que le P7 est livré avec une housse rigide, tandis que le P3 est fourni avec une boîte en plastique épais, deux solutions plus protectrices que la housse matelassée du P5.
Les oreillettes du P5, le premier casque du fabricant anglais, pivotent pour un stockage à plat. Les oreillettes du P3 et du P7, d'une conception plus récente, se replient vers l'intérieur pour un stockage plus ramassé. Chaque approche a ses avantages et ses inconvénients, mais il faut remarquer que le P7 est livré avec une housse rigide, tandis que le P3 est fourni avec une boîte en plastique épais, deux solutions plus protectrices que la housse matelassée du P5.

L’ensemble est recouvert d’une généreuse couche de mousse doublée d’un cuir de mouton souple et finement grainé. L’arceau est plutôt ferme, mais se « détend » après quelques heures d’utilisation. La pression est alors parfaitement répartie sur la tête, de quoi oublier qu’à 213 grammes sur la balance, le P5 Wireless est loin d’être le casque supra-auriculaire le plus léger.

Puisque le P5 Wireless est un casque supra-auriculaire, ses oreillettes reposent sur les oreilles, mais ne sont jamais inconfortables. Même si vous portez des lunettes, vous pourrez porter ce casque pendant de longues heures. Tout au plus devrez-vous vous « aérer » pendant quelques minutes les jours les plus chauds, le cuir n’étant pas des plus respirants.

…un P5 sans fil…

Ce confort physique est soutenu par un « confort sonore », puisque comme tous les casques de Bowers & Wilkins, le P5 Wireless offre un son « rond » qui se prête particulièrement bien aux longues sessions. Si vous avez déjà entendu le P5 Series II, alors vous avez déjà entendu le P5 Wireless : il utilise les mêmes haut-parleurs de 40 mm, et prend en charge les codecs aptX et AAC qui assurent une parfaite retransmission des fichiers compressés.

Cela signifie que le P5 Wireless n’est pas un casque hi-fi : le bas du spectre est trop relevé pour qu’il puisse mériter ce titre. Les basses sont profondes et percutantes, mais bien contrôlées, quoiqu’elles « débordent » parfois sur le bas médium. Leur énergie dépend toutefois de la position du casque sur la tête : décalez les oreillettes, et elles tombent à plat.

Le haut du spectre est plus précis, mais ne tire pas l’équilibre sonore vers le haut. Au contraire : parce que les aigus ne sont jamais « cristallins » ou « aériens », ils renforcent l’apparence très « détendue » du P5 Wireless. C’est un casque au son riche et plaisant, qui n’est certes jamais analytique, mais jamais étouffant non plus.

La force des basses convient parfaitement à la lecture de films et de séries TV, et la rondeur générale gomme les défauts de certains podcasts. Les oreillettes isolent sans enfermer, ce qui permet de rester conscient des éventuels dangers citadins, mais force à monter le son dans les transports en commun. On pourra alors constater l’absence totale de distorsion… et pester contre les boutons de contrôle.

…un P5 sans fil !

Passe encore que le bouton d’allumage prenne la forme d’une glissière, sur laquelle il faut appuyer plutôt que glisser pour lancer la procédure d’appairage : on s’en sert plutôt rarement. Mais on se sert beaucoup plus souvent des boutons de volume et de lecture, dont la finition est tout juste passable et la manipulation franchement désagréable. Ils mériteraient d’être légèrement espacés et surtout mieux distingués — à l’aide par exemple d’une texture différente sur le bouton de lecture.

Les boutons de contrôle.
Les boutons de contrôle.

Ce petit défaut ne doit pas faire penser que la greffe de Bluetooth n’a pas pris : les autres aspects du P5 Wireless sont beaucoup plus convaincants. Ainsi, son double micro offre une qualité suffisante pour les appels quotidiens, à part peut-être par jour de grand vent. Surtout, l’autonomie est excellente : elle frôle les 20 heures, alors que Bowers & Wilkins ne promet que 17 heures.

De quoi l’utiliser toute la semaine dans les transports et ne le charger que le week-end, avec un simple câble micro-USB plutôt qu’un système par induction que l’on pourrait oublier ou égarer. Si le niveau de charge devait approcher de zéro — ce qui est signalé par une petite icône dans la barre de statut sur iOS —, on peut toujours passer sur une connexion filaire.

La pochette de transport comporte une petite poche permettant de garder le câble sous la main, et le Bluetooth se coupe automatiquement lors de son branchement. Alors que d’autres casques sans fil changent totalement d’identité lorsqu’ils sont utilisés avec un câble, le P5 Wireless reste fidèle à lui-même. En test aveugle, il est alors difficile de le discerner du P5 Series II, une performance qu’il faut saluer.

Comme ceux du P5 Series II, les « mousses » des oreillettes du P5 Wireless sont « fixées » magnétiquement. Les aimants sont suffisamment puissants pour éviter toute chute intempestives ; ils sont mêmes si puissants qu'il est parfois difficile de retirer les mousses ! Sous la mousse de l'oreillette droite se cache le connecteur à pivot permettant d'utiliser le P5 Wireless avec un câble. D'après mon expérience du P5, les mousses commencent à sérieusement s'affaisser après deux à trois ans d'utilisation continue : la paire de remplacement vaut 35 €.
Comme ceux du P5 Series II, les « mousses » des oreillettes du P5 Wireless sont « fixées » magnétiquement. Les aimants sont suffisamment puissants pour éviter toute chute intempestive ; ils sont mêmes si puissants qu'il est parfois difficile de retirer les mousses ! Sous la mousse de l'oreillette droite se cache le connecteur à pivot permettant d'utiliser le P5 Wireless avec un câble. D'après mon expérience du P5, les mousses commencent à sérieusement s'affaisser après deux à trois ans d'utilisation continue : la paire de remplacement vaut 35 €.

Un P5 au prix du P7

Le P5 Wireless est donc un casque confortable offrant un son riche et agréable pendant de longues heures. Mais — et c’est un grand mais — il vaut 50 € de plus que son concurrent direct le Sennheiser Momentum 2.0 On-Ear Wireless. Le Momentum n’est certes pas aussi luxueux, ni aussi dynamique et précis sur le plan sonore, mais il intègre un système de suppression active des bruits ambiants.

Le P5 Wireless est une belle évolution du P5, mais cette évolution arrive un peu tard dans un marché très relevé. À 399 €, il ne manque pas de concurrents, dont beaucoup sont plus ambitieux. Bowers & Wilkins s’est longtemps tenu à l’écart du marché des casques Bluetooth, mais maintenant qu’elle y est entrée, elle a tout intérêt à s’y investir autant qu’elle s’est investie dans le domaine des enceintes sans fil.


399 €

Achat recommandé

Les plus :

  • Excellente finition
  • Excellente autonomie
  • Bonne qualité sonore

Les moins :

  • Qualité et maniabilité des boutons de contrôle
  • Prix par rapport à la concurrence
avatar falemaster | 

Et par rapport au Parrot Zik 3 ?

avatar Anthony Nelzin-Santos | 
@falemaster : je n'ai pas eu le Zik 3 sur les oreilles. Mais comparé au Zik 2, ou du moins au Zik 2 sans tous ses effets inutiles, c'est beaucoup plus dynamique et précis, notamment dans le haut du spectre. Et puis on peut écouter plus de deux morceaux avant de recharger la batterie, ça peut être utile de temps à autres. (Mais est-ce qu'on achète le Zik pour sa qualité audio ? J'ai toujours eu l'impression qu'on achetait ça pour son style décalé, et aussi — comme pour les Bose QC — pour ses fonctions pratiques. Et sur ce point, le P5W est à la rue, c'est un casque basique.)
avatar Hoppy | 

@Anthony :
+10 car comparer un B&W et un parrot c'est un sacrilège (pour les qualités acoustique)

avatar bonnepoire | 

Je n'osais pas l'écrire...

avatar bubbledave | 

Je ne commenterai pas la qualité audio du casque, je ne me considère pas suffisamment audiophile pour ça, mais pour ce qui est de la batterie, ce que tu dis est un gros troll

avatar falemaster | 

Merci pour la reponse. Je ne savais pas que le Zik avait une batterie si pourrie..
Reste que le P5 est franchement cher, surtout quand on a deja le P5 avec fil et qu'on veut juste un casque sans fil en plus pour les voyages et deplacement notamment.
Des idees de casques bluetooth sympa dans les 150€ peut etre ?
Jabra (non pliable ceci dit) ?

avatar bubbledave | 

Propriétaire d'un Zik (1) depuis un an, je n'ai pas ce problème de batterie.
Elle tient plusieurs heures sans soucis, quand on n'aime pas un casque ou un produit on n'est pas obligé d'être médisant avec, n'est-ce pas Anthony Nelzin-Santos

avatar Anthony Nelzin-Santos | 

@bubbledave : ça doit être chiant, de toujours tout prendre au premier degré, n'est-ce pas monsieur le vaillant anonyme ? (Par ailleurs, nous avons testé les Zik, et ce sont bien parmi les casques BT qui ont la plus mauvaise autonomie du marché. Donc bon.)

@falemaster : pour les voyages, j'ai toujours tendance à recommander Bose. Ce ne sont évidemment pas des casques audiophiles, mais leur technologie d'annulation de bruit reste quand même au-dessus des autres. J'utilise personnellement une paire de QC20, parce qu'ils passent dans une poche de veste, mais le QC25 est léger et très confortable, pour 100 € de moins que le P5W. Mais ça implique de chercher un casque utilitaire, pas un casque pour apprécier sa musique.

avatar bubbledave | 

Le "vaillant anonyme" avait bien compris que vous n'appréciez pas les casques Zik et que vous exagériez, ...
L'autonomie n'est certainement pas le point fort de ce "bon casque" Zik (d'après vos propres tests).
Le mien doit faire environ 7/8 H et est pour mon usage amplement suffisant (je n'aurai peut être pas le même avis si j'avais la chance d'aller au Seychelles ou mieux en NZ).

Heureusement que vous êtes moins durs lorsque vous testez des iphones sur l'autonomie, :))

avatar EBLIS | 

Il paraît que le Plantronics backbeat pro est excellent. Tu peux le trouver à 160. Perso j'attends depuis des mois la version pro + livrée avec le fameux dongle bt600 et appairée d'usine mais il tarde à arriver en France / Europe et Plantronics n'ont pas su me dire qiand il sera dispo dans nos contrées.

avatar Link1993 | 

@falemaster :
Tu peux trouver les P3 (en rouge, bleu ou blanc) pour 100€ a la fnac. Ce casqe est d'une qualité exceptionnelle, encore plus pour son prix ! Petit, précis, un son britannique dans un petit casque en gros !
Le hic, les cables... En plus de la télécommande mal conçu, la fiche de casse rapidement. Pas de soucis puisque garantie pendant les deux ans, et BW en fournit deux. En plus, a 20€ le cable avec télécommande (sinon 12), que tu paye une fois par an, ça va, surtout pour la qualité du produit et du son !
Certains peuvent ne pas aimer le cable en Y, mais je me suis retrouvé avec un bose dont son cable passant dans le casque pour l'autre écouteur de cassé... Depuis, je me méfie des cables uniques.

J'ai quand même un hic a dire : si tu as une grosse tête, attends toi a avoir mal au crâne...

avatar tchit | 

Sans fil c'est bien parce que mes B&W intra-auriculaires j'ai détruit leur cable 3 fois (2 fois sous garantie, la dernière fut la bonne).

avatar Hoppy | 

@tchit :
Je suis entièrement d'accord avec vous, me concernant j'ai du changé le Cable au bout de deux ans. Je n'ai pas chercher à comprendre, je vais directement acheter dans la boutique en ligne du fabricant. Sachant que les prochains iPhone n'auront pas de port jack je pense que dans deux ou trois ans si je change de téléphone je vais devoir m'acheter celui-là.

avatar Anthony Nelzin-Santos | 
@tchit : c'est quelque chose que j'aurais pu mentionner, mais en effet, ça résout le problème de fragilité des câbles Bowers & Wilkins :)
avatar EBLIS | 

Oui il paraît que c'est récurrent chez eux. Tiens ça me rappelle une autre boîte ; -)

avatar BLM | 

«permettent de positionner les oreillettes à plat pour transporter le casque dans la pochette de transport fourni.»
Ah… ce @#$%^& d'anglicisme "positionner"
"placer", "pivoter", ou simplement "mettre"… non ?

avatar jazz678 | 

@BLM :
Qu'est-ce qui te pique ?
Positionner = placer qq chose dans une position voulue
C'est dans le Larousse...

avatar BLM | 

Les dictionnaires ne font pour la plupart d'entre eux qu'entériner l'usage, fût-il fautif.
"Positionner" (avec une construction transitive directe) est en anglicisme.
Et de toute façon, il n'a pas alors la signification pour laquelle il est employé ici:
  • positionner un bateau: déterminer les coordonnées géographiques précises;
   • positionner un produit (en marketing/mercatique): déterminer ses caractéristiques, la façon d'en faire la publicité, etc pour l'adapter à un marché;
   • positionner un compte (bancaire): évaluer une position;
   • positionner (ds le sens qui s'approche le plus de celui voulu ici): placer précisément une pièce… pour lui faire remplir une fonction déterminée.
Outre l'usage inadapté ici, oui, cela "me pique" parce qu'il existe de nombreux mots parfaitement français et parfaitement adaptés.

avatar Mac_Gay | 

@BLM :
C'est de l'usage ancré que vient la norme! Cet usage qui a fait rentrer "positionner" dans la langue française (anglicisme, certes, mais étymologie purement latine), au même titre que des milliers d'autres emprunts comme calembour, divan, balcon... Ça te choque aussi ça?

avatar BLM | 

«Les basses sont profondes et percutantes, mais bien contrôlées, quoiqu’elles « débordent » parfois sur le bas médium»
?
"Basses [fréquences audio]": (disons) jusqu'à 150Hz;
"médium": ≈150 – 300 – 2500 – 5000;
que des basses débordent sur des médiums est un concept intéressant: le casque induit un changement de fréquence ? ;->

avatar EBLIS | 

C'est une interprétation comme on peut en voir souvent sur les tests de casques audio vu que l'appréciation ne peut être que fort subjective. Ça m'arrive de lire des tests de matériel audio et franchement j'en ai jamais vu de purement objectifs. Il y a toujours cette "poésie" autour de l'impression que le testeur a eu. C'est pas vraiment comme pourrait l'être un test d'écran ou d'appareil photo ou de souris... même si l'audio peut être technique je finis la plupart du temps par me dire à la fin de la lecture "ouais... pas bien avancé, faut tester avec ce que j'écoute comme style de musique.".

avatar jeserkrugger | 

@EBLIS :
+10000
Les test sont toujours saupoudrés de belles métaphores "on se sent comme envoûtés par la subtilité dès médiums et es basses chaudes" "le son est doux comme une brioche tiède enveloppée dans un délicat papier de soie..."

Ou l'éternel "ces enceintes viennent facilement titiller d'autres de gamme supérieure (celles qui avaient déjà eu un très bon compte rendu avec un bon rapport qualité prix)
Bref beaucoup de charabias...rien de tel que ca propre écoute pour se faire une vrai idée et de voir si le son est à son goût...

avatar albert-a-l-ouet | 

Ce casque semble superbe, dommage que les prix s'enflamment à chaque fois sur les casques sans fil.
J'ai bien aimé le Zik 2 aussi, mais finalement avec du recul je préfère le VK-1 (de AËDLE) avec son bon vieux cable jack.

avatar bonnepoire | 

Puisqu'on te dit que Adèle c'est de la merde...

Ok je sors []=>

avatar nicoplanet | 

Le P5 est mon casque de choix. Excellent !

J'ai un souvenir ému du moment où j'essayais le P3 à la FNAC à côté d'un démonstrateur Bose. Il m'a proposé de comparer avec l'incroyable suppression de bruit de leur modèle. Ensuite je lui ai proposé d'écouter le B&W pour... entendre tous les instruments. C'était drôle de voir son expression.

avatar xavier25 | 

J'ai un P7 et il est vraiment excellent. Très bonne gamme de casques.

avatar Ken-de-barbie | 

j'ai un P7 avec mon Astell & Kern une vraie merveille, et en plus meme pas si cher que ça pour la qualité globale.

avatar bonnepoire | 

Oui je ne comprends pas qu'on puisse le trouver cher comparé à la concurrence.

avatar Mehuneau | 

Ce sont des pivots pas des rotules (souvenirs de cours de mécanique).

avatar barla | 

Marrant j'ai constaté moi aussi que les câbles fournis étaient vraiment indignes de la qualité de l'ensemble. Un peu cher pour le moment mais prometteur pour les versions à venir.

avatar PierreBondurant | 

400 balles pour un casque BT sans noise cancellation, ça fait cher...

avatar bonnepoire | 

Sinon ça te vient à l'esprit que le son puisse aussi être un argument???

avatar BLM | 

Ouais… pour ce prix on peut s'acheter un dictionnaire anglais—>français ;->

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