Le (difficile) retour à l’iPhone 6s

Christophe Laporte |

Pendant des semaines et des semaines, l’iPhone SE a été mon téléphone principal. Mais l’iPhone 6s n’était jamais trop loin. Et si je suis très satisfait de l’iPhone SE au quotidien, je n’étais pas totalement décidé sur le modèle que j’allais adopter à long terme.

Pendant deux trois semaines, j’ai donc beaucoup alterné entre les deux téléphones, puis j'ai utilisé le 6s comme téléphone principal. Soit dit en passant, c’est dans ces moments-là qu’on se rend compte à quel point le passage d’un iPhone à l’autre est long et fastidieux si l’on possède pas mal de données sur son terminal.

Les restaurations fastidieuses d’iOS

Sur le papier, la restauration par iCloud est une solution incroyablement pratique : vous pouvez la faire où vous voulez tant que vous avez une bonne connexion Wi-Fi. Ça, c’est pour la théorie. Dans la pratique, cela dépend beaucoup de la qualité de la connexion entre votre fournisseur d’accès et les serveurs d’Apple. Il m’est arrivé qu’une restauration prenne plusieurs heures.

Si l’on a beaucoup moqué Free pour la qualité de sa liaison avec YouTube, il y aurait beaucoup à dire sur Orange. Aux heures de pointe, télécharger une application depuis une connexion Orange (avec fibre optique) peut prendre plusieurs minutes. Le problème s’était notamment manifesté en mars où il était quasiment impossible d’accéder aux serveurs d’Apple depuis une connexion Orange (lire : Orange : les ralentissements sur l’App Store sont terminés). Reste qu’assez régulièrement, on observe de grosses lenteurs. Pour un opérateur qui se veut premium, cela fait désordre.

Au passage, si vous avez un Mac en trop avec pas mal d’espace de stockage, on ne recommandera jamais assez l’installation d’OS X Server. La fonction, permettant de garder en cache vos téléchargements sur les boutiques Apple et vos données sur iCloud, est très pratique et très simple à mettre en oeuvre. Une case à cocher grosso modo (lire : Zoom sur la mise en cache d’OS X Server).

L’option iTunes peut être très efficace quand elle veut bien marcher. Pour une raison qui m’échappe, j’ai souvent eu des messages d’erreur du logiciel alors que le processus de sauvegarde avait commencé depuis un bon moment.

Quelle que soit la méthode utilisée, il y a ensuite dans les premiers jours un processus d’optimisation (Photothèque iCloud, indexation Spotlight, mécanisme de géolocalisation) qui a dans un premier temps un petit impact sur l’autonomie et les performances.

iPhone 6s : un téléphone que l’on voudrait aimer

Sur bien des points, l’iPhone 6s ne manque pas de qualité. Comme j’ai pu l’expliquer par le passé, son écran Retina HD est de bien meilleure qualité. Cela rend certaines applications, notamment Instagram, beaucoup plus plaisantes à utiliser. On se surprend à redécouvrir certaines fonctionnalités au passage comme 3D Touch. Mon impression initiale n’a pas changé. C’est quelque chose de pratique, mais pas d’indispensable (lire : iPhone SE : et l’absence de 3D Touch ?). Dans une poche, son format n’est pas gênant à condition qu’on l’utilise sans étui ou avec un étui très fin. Son Bluetooth marche mieux aussi que celui du SE.

Mais quand on a pris goût à l’iPhone SE, il a deux défauts rédhibitoires. Cela en surprendra peut-être certains, mais son poids me perturbe beaucoup. 143 grammes pour un smartphone, c’est assez lourd. Il n’y a que 14 grammes d’écart avec l’iPhone 6. 14 grammes, cela n’a l’air de rien, mais l’iPhone 6 est plus agréable à manipuler.

Mais je reconnais que ce point est bien peu de chose à côté de l’autonomie. Un véritable alcoolique, qui ne peut s’empêcher de solliciter la batterie. Quand on est habitué à l’iPhone SE ou aux modèles Plus, il y a un côté frustrant de voir les pourcentages d’autonomie s’égrener à toute vitesse dès qu’on commence à l’utiliser.

Non seulement la batterie fond comme neige au soleil, mais le téléphone a tendance à rapidement chauffer. C’est particulièrement vrai l’été. D'une part ce n’est pas agréable, d'autre part les batteries n’aiment pas. D’ailleurs, les housses dans ces cas-là peuvent s’avérer presque contre-productives !

Pour pallier ce problème, j’ai tenté plusieurs étuis-batteries dont celui d’Apple. C’est une solution radicale pour régler les problèmes d’autonomie, mais d’un point de vue encombrement, c’est rédhibitoire. Autant prendre un iPhone 6s Plus.

En commercialisant cet étui qui ne démérite pas (lire notre test), Apple a implicitement reconnu les problèmes d’autonomie du 6s.

En fin de compte, ce qui fait la force de l’iPhone SE, et c’est sans doute pour cela qu’il me plait tant, c’est qu'il s'agit d'un smartphone particulièrement bien équilibré. Soit tout le contraire de 6s, qui est une voiture sportive à qui on aurait oublié de mettre un réservoir suffisant. Et c’est bien dommage, car si l’on met de côté ce défaut, c’est un téléphone convaincant.

Au passage, c’est peut-être un peu tôt pour prendre des paris, mais vu que la cuvée 2016 n’apportera pas de véritable changement au niveau du design, je ne serai pas étonné que le successeur de l’iPhone 6s offre une bien meilleure autonomie.