L'app anglaise de traçage des contacts est disponible, son code source aussi

Mickaël Bazoge |

Plus de 40 000 personnes ont installé NHS COVID-19, l'application anglaise de traçage des contacts. Un chiffre impressionnant alors que l'app est en phase d'expérimentation sur la seule île de Wight, dont la population est de 140 000 âmes. Cédric O, le secrétaire d'État au numérique, n'a d'ailleurs pas manqué de se féliciter du succès initial de l'application britannique, sachant que StopCovid partage la même philosophie et s'appuiera probablement sur la même technologie.

Infographie : BBC.

Pour des raisons de sécurité et de saine gestion de la batterie, iOS et Android limitent fortement l'exploitation du Bluetooth par les applications tierces. C'est la raison pour laquelle les deux entreprises ont mis au point une boîte à outils commune, l'API Exposure Notification. Mais pour pouvoir utiliser ces outils, les autorités de santé doivent aussi embrasser un modèle décentralisé qui ne fait pas forcément leur affaire (lire : Traçage des contacts : sept pays européens coopèrent sur un système interopérable et décentralisé).

Les autorités anglaises, tout comme leurs homologues français, ont choisi un modèle centralisé où un serveur central gère la majorité du traitement des données contrairement au modèle décentralisé où la plus grande partie de la gestion des informations est traité en local, sur le smartphone. Le NHSX, qui a supervisé le développement de l'application de traçage anglaise, a trouvé une astuce pour utiliser le Bluetooth de manière à peu près efficace, sans faire appel à l'API d'Apple et de Google.

Sur iPhone, lorsque l'application est en tâche de fond, elle parvient tout de même à recevoir des signaux et à en diffuser. Or, le système d'exploitation est ainsi fait qu'une app en tâche de fond ne devrait pas être en mesure de les diffuser. Deux iPhone peuvent donc communiquer entre eux en Bluetooth, que les appareils soient sortis puis remis à portée de communication, ou qu'ils se rencontrent pour la première fois.

L'app NHS COVID-19. Image : BBC.

Sans avoir été en contact avec un autre smartphone, l'application en tâche de fond peut cesser le balisage au delà de 90 minutes. Mais selon les chercheurs, il est peu probable que cela arrive souvent : il suffit de passer à proximité d'un autre appareil (sur lequel l'app est installée) pour relancer le suivi sur l'iPhone, ou tout simplement utiliser le Bluetooth pour tout usage. NHS COVID-19 envoie aussi des notifications pour rappeler de temps en temps à l'utilisateur de relancer l'app.

Le code source de l'application est désormais disponible à la vue de tous sur GitHub, pour iOS et Android, ainsi que la documentation. Le Royaume-Uni pourrait toutefois changer son fusil d'épaule et se décider pour la solution d'Apple et de Google, a-t-on appris cette semaine (lire : Le Royaume-Uni envisage la solution d'Apple et de Google pour son app de traçage). Des experts en sécurité et des parlementaires britanniques ont en effet dit leurs craintes d'une collecte trop importante de données par l'application.

Pour aller plus loin :

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

Ce qui fait qu'une application centralisée est beaucoup plus efficace qu'une appli décentralisée vient du fait que les autorités ont à leur dispositions toutes les données des personnes infectées et des personnes qu'elles ont croisées. Grace à cela cela leur permettra si nécessaire de surveiller/imposer le confinement des infectés et toujours uniquement si nécessaire d'imposer le dépistage aux personnes contacts.

avatar marenostrum | 

pour tout ça y a pas besoin de l'app. on est malade on reste chez nous. tu vas mettre un policier derrière chaque contaminé ?
ça se comprend que Google ou Apple ne peuvent pas proposer des truc comme ça. le gouvernement oui parce que il a la police et les lois, qui peut les arranger comme il veut.

avatar Florent Morin | 

D’après le code, les pré-requis OWASP n’y sont pas.
Aucun contrôle du jailbreak.
Non respect des ACL.
La liste est longue.

avatar byte_order | 

@FloMo
> Aucun contrôle du jailbreak.

Sur un smartphone jailbreak, une app modifiée qui ferait sauté ce contrôle serait rapidement disponible, vu qu'elle est open source.

avatar Florent Morin | 

@byte_order

Le jailbreak ouvre la voie aux malwares qui fonctionneraient comme Cycript par exemple.

Si on regarde le top 10 des attaques selon OWASP, c’est dedans.

D’ailleurs, l’app anglaise malgré un audit sécurité parfait est faillible sur 6 points du top 10.

avatar byte_order | 

@FloMo
Le jailbreak ouvre tout autant la voie à la diffusion d'une app NHSX dont le check sur le jailbreak aurait été retiré d'autant plus facilement qu'elle est open source. Les utilisateurs ayant jailbreaké leur iPhone qui voudraient utiliser NHSX, face à un écran de refus d'aller plus loin par l'app officielle sur l'AppStore sont ceux la même qui le plus probablement seront tenter d'installer via JailBreak une version modifiée par un tiers pour faire sauter ce verrou, et peut-être d'autres choses.
Certains feront la modification eux-même, même.

C'est ce que je voulais dire.

Pour le reste, j'ai pas regardé dans le détails, mais si y'a des failles de sécurité flagrantes, c'est pas joli joli pour une app officielle, oui.
Mais la même app utilisant l'API d'Apple ou Google peut parfaitement avoir des failles de sécurité quand même. Si y'a une telle surface d'attaque maintenant, l'usage de l'API Exposure Notification ne va pas à elle toute seule la réduire à zéro.

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@ scanmb
"En quoi est-ce gênant que l’application soit traitée en local ?"
Comme j'expliquais un peu plus haut, c'est gênant pour le gouvernement parce ue l'absence des datas sur les contaminés empêcherait les autorités d'intervenir si besoin pour imposer le dépistage et le confinement lorsque ceux-ci sont nécessaires.

avatar raoolito | 

@scanmb

Ouaip c'est comme l'option "effacer les donnees" si elles sont en local ca casse tout l'interet du truc

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@ scanmb
En local, pas de problème, l'appli fait le même travail que centralisé : permettre aux personnes ayant eu un contact avec une personne contaminée de se faire dépistée. Elles sont équivalentes et interchangeables.
Par contre "l'avantage" pour le gouvernement (du model centralisé) est de pouvoir suivre (et si nécessaire imposer) le suivi de la quarantaine et des dépistages. Si cela devient nécessaire, elle pourrait devenir obligatoire pour utiliser les transports en commun, aller au travail, voir dans certain pays pour sortir de chez soi. Le contrôle de la maladie serait en conséquence bien meilleur si la courbe des contaminations remontait de manière inquiétante dans les jours futurs.

avatar raoolito | 

@scanmb

Dans l'api de google et apple il y a l'option d'effacer ses données.
Or tout se fait en local chez eux
Du coup, si on active cette option on perd tous les contacts enregistrés

avatar iPop | 

@scanmb

J’imagine que de toutes les façons, on est fiché

avatar YAZombie | 

T'as raison, on est en Corée du Nord.
Évidemment qu'on est fichés, on bénéficie tous de la sécurité sociale et les services de l'état. Si tu vois une autre option, tu nous dis.
La question n'est pas tant qu'on soit fichés mais l'usage qu'on fait de nos données. Or je le répète: est-on en Corée du Nord?
Être critique et vigilant n'est pas projeter son propre cynisme. Ni étaler son inertie.
Et puis bon, comme on dit à chaque fois, au vu du nombre de données fournies gracieusement par la moitié du monde à Facebook - qui pour la coup a bien fait la preuve du soin qu'elle porte à notre bien-être - ces histoires de fichage par le gouvernement font un peu rire, jaune.

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@YAZombie "font un peu rire, jaune"
Il ne faut pas stigmatiser les chinois. Cette remarque déplacée est à la limite du racisme. Comme le disait si bien l'OMS dès janvier, fermer les frontières à la Chine serait contreproductif car mauvais pour l'économie. D'ailleurs la preuve que les chinois n'y sont pour rien, c'est que la pandémie mondiale n'existe que depuis que l'Europe est devenu le point central de l'épidémie et alors que la Chine triomphante avait réussi à réduire l'épidémie au stade de mauvais souvenir.
Alors tes remarques racistes sur les "jaunes" c'est assez déplacé... et n'oublie pas qu'à présent l'OMS t'encourage à porter le masque inutile et à à bien te replier à l'intérieur de tes frontières. (faut tout leur dire à ces européens...)
Bon week-end @YAZombie

(deuxième ou troisième degré : pas taper trop fort)

avatar Godverdomme | 

Ca y'est le racisme à double vitesse...

On peut se moquer d'un canadien en disant "colisse de caribou" avec un accent imité de manière merdique

On peut dire à un Belge, "tu veux des frites une fois", ca fait rire tous les francais sur TF1 chaque fois qu'il y a un candidat belge, c'est systématique

On peu se moquer des roux ca c'est comique, parce qu'ils sont roux je suppose

Mais on ne peut pas dire "rire jaune" pour un chinois, ca veut certainement dire que l'on est raciste et que c'est à cause de cela que LePen est passée je suppose...

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@ Godverdomme
Merci @ Godverdommey, nous sommes bien d'accord :-)
tu ferais peut-être bien de relire mon post... un peu plus attentivement.

avatar byte_order | 

@scanmb

> Des datas peuvent être partagées à la discrétion de l’utilisateur.

Des données qui ne concerne *que* lui, oui, c'est l'utilisateur qui doit avoir le dernier mot sur leur usages, et lui en interdire la diffusion volontaire est autant une atteinte à ses droits que de les diffuser contre son gré.

Mais, ici, on ne parle pas que de données ne concernant *que lui* : la liste des contacts qu'il a croisé ne le concerne pas que lui, elle concerne, par définition, aussi ces contacts. Ce ne sont pas *que* ses données, ce sont à la fois ses données et celles des contacts croisés, de manière inséparable, irrémédiablement liée.

Vous avez le droit, individuel, de dire "je suis malade de telle maladie contagieuse". Cela vous regarde.

Vous n'avez pas le droit de dire, sans leurs accords préalables, "je suis malade de telle maladie contagieuse et j'ai croisé de manière probablement contagieuse X, Y, Z".
Car cela regarde aussi X, Y et Z, vous ne pouvez pas décider à leur place s'ils sont d'accord pour rendre publique qu'ils ont peut être été contaminé.

Maintenant, attention, on parle bien de rendre publique et du risque d'exploitation par des gens non soumis au secret professionnel.
Transférer ce type d'information, en particulier quand les X, Y, Z ne sont pas du tout nominatif, dans un système qui protège durant le transfert et ensuite durant le stockage l'accès à ces informations peut parfaitement être réalisé en respectant le secret médical, parce que réalisé par des gens soumis au secret professionnel.

Mais y'a de plus en plus de gens qui n'ont pas confiance dans ces mécanismes (sans pour autant avoir de preuve évidente que cette confiance a été violée, en particulier volontairement) quand ils sont gérés par l'état, alors qu'ils accordent une confiance supérieure à des entreprises étrangères pour le faire, alors que c'est de manière encore plus opaque, sans recourt et sans possibilité de contrôle.

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@ scanmb "tout semble être un problème de confiance"
C'est bien un problème essentiel, et sur ce point là, le gouvernement accumule les erreurs. Il n'a pas confiance en nous... Peut-être a-t-il raison ? Mais au lieu de s'appuyer sur des citoyens libres et informés, il tente de déterminer leur comportement en masquant des informations essentielles (sur les objectifs de l'application) et en mentant sur d'autres (l'intérêt des masques et le danger des élections). En faisant ainsi, il obtient une crise de confiance : le gouvernement de par cette attitude a le pire des scores sur l'indice de confiance de sa population. On ne peut pas infantiliser un peuple et avoir sa confiance. Il a le choix entre le model suédois et le model chinois. Malheureusement il semble se diriger vers le model chinois.

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@ scanmb
(doublon)

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

scanmb |
J'ai déplacé ma réponse (je l'avais mal placée)
Pour terminer mon interprétation, je dirai qu'à la base le mode décentralisé est beaucoup plus efficace dans une démocratie. En effet l'efficacité de cette application dépend de son installation. Plus la technologie est transparente et limitée dans ces dérives potentielles, plus elle fait appel à l'adhésion du citoyen, plus elle sera installée dans les pays démocratiques... bien sur en Chine le choix sera inverse car le pouvoir totalitaire permet une adoption large sans s'embarrasser des velléités de sa population.

avatar byte_order | 

@J'en_crois Pas_mes yeux
> Plus la technologie est transparente et limitée dans ces dérives potentielles,

Oui, et à ce titre l'API proposée par Apple et Google ne l'est pas : son implémentation est opaque, son contrôle hors de portée de l'utilisateur et même des systèmes de santé des pays.
Y'a donc, selon moi, tout autant une dérive potentielle.

Je n'accorde pas plus confiance à une entreprise qui a menti sur les raisons de son bridage des performances des iPhones pour dissimuler un large problème de batterie sous-dimensionnée, qui ose affirmer ouvertement que le retrait du connecteur Jack était nécessaire pour la résistance à l'eau, par exemple.

Ni à Google, hein, dont je sais qu'elle exploite mon profil dès qu'elle le peut.

Mais surtout, j'estime n'avoir aucun pouvoir, même minimal, pour modifier des choix arbitraires de ces entreprises, surtout si elles font alliance sur un choix commun, alors que j'estime en avoir un peu plus sur les choix fait par mon propre pays.

avatar marenostrum | 

le malade lui qu'est ce qu'il gagne dans tout ça ? les autres je le sais qui font rien sans gagner.

avatar raoolito | 

@marenostrum

Le coronavirus ?
Ca vaut son pesant de cacahuètes 🥜

avatar marenostrum | 

mais ça on a pas besoin de l'app. on le sent la maladie, on est au courant direct. l'app à quoi ça sert ?
maintenant si on veut se protéger c'est un masque qu'il nous faut et pas une app.

avatar raoolito | 

@marenostrum

A prevenir ceux qu'on aura croisés les jours précédents, quand on transmettait la maladie sns le savoir
+1 pour les masques bien sûr

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@ marenostrum
L'application elle sert au niveau de l'épidémie à diminuer le R0, c'est à dire le nombre de nouveaux contaminés par malade. Avant les mesures de distanciation et de confinement, le R0 était supérieur à 3. Cela signifiait que toutes les semaines le nombre de malades se multipliait par 3. Avec un R0 de 1, alors le nombre de malade serait stable, avec un R0 de 0,5, le nombre de malade se divise par 2 toutes les 3 semaines. Aujourd'hui le R0 est approxivement de 0,7, mais il va augmenter sérieusement avec la diminution du confinement. L'utilisation des masques fera par contre baisser le R0... Bref la possibilité d'un rebond grave de l'épidémie est plausible.
La solution s'approche du succès allemand. Détecter et isoler plus vite les contaminés avant qu'ils aient eu le temps de "faire des bébés".
L'appli n'est qu'un des outils de cette stratégie. Campagne de détection ciblée et possibilité d'aide (hôtel, faire les courses, etc.) pour que les isolés puissent rester à distance de leur famille et des magasins.

avatar byte_order | 

@marenostrum
> on le sent la maladie

Non, y'a des porteurs sains, parfaitement asymptomatiques, mais contagieux.
Eux, leur usage de l'app ne servira pas à déclarer qu'ils sont malades, puisqu'ils n'en savent rien.
Mais dès que l'un des contacts utilisant l'app aussi sera malade avec symptôme (et peu importe s'il l'a eu par notre porteur sain ou d'une autre manière, en fait), l'app du porteur sain sera notifiée de se faire tester. Et là, on découvrira qu'il est porteur sain.

Sans l'usage de l'app, les porteurs sains continueront à ignorer leur état.

> maintenant si on veut se protéger c'est un masque qu'il nous faut et pas une app.

Fort heureusement, l'un n'est pas exclusif de l'autre, bien au contraire.

avatar byte_order | 

@marenostrum
> le malade lui qu'est ce qu'il gagne dans tout ça ?

Il participe pro-activement à réduire l'ampleur de la chaîne de contamination après lui.
En gros, ce qu'il "gagne", c'est une certaine conscience sociale collective.

Je sais, c'est assez has been de parler de social et collectif pour certains, mais le Covid-19, lui, comme tout bon virus, surfe pourtant à fond sur le fait que nous soyons, nous humains, une très large collectivité d'êtres sociaux. Si même un virus le constate, il serait p'tet temps qu'on s'en souvienne nous aussi, non ?

On ne gagne pas toujours un truc rien qu'à soit, hein.
On fête aussi les victoires collectives, c'est pas pour rien.

avatar YosraF | 

Les méchantes petites GAFA mdr

Mais l’application utilise tous les services de firebase.

J’ai hâte de découvrir l’app de la France :)

avatar occam | 

Faut vraiment être O’Cedric pour se féliciter de l’essai précisément à l’île de Wight d’une app censée traquer.
Wight !
Parce que, Wight is Wight...

Pour mémoire :

Toi qui a voulu t'emprisonner
As-tu le droit de condamner
Celui qui cherche à s'évader?
Chacun mène sa vie comme il veut
Tu ne peux plus baisser les yeux
Car aussi vrai que tu es né

C'est comme un soleil
Dans le gris du ciel
Wight is Wight, et
Hippie, hippie-pie
Hippie-pie
Hippie-pie

avatar Baptiste_nv18 | 

Non mais refuser d’utiliser l’API d’Apple et Google pour dernière utiliser le service Firebase de Google 🤯

avatar Godverdomme | 

Parceque tu arrives a n'utiliser que des applications sans Firebase juste pour une histoire de religion ?
Va falloir que tu m'explique là..

avatar Baptiste_nv18 | 

@Godverdomme

Je n’ai jamais dit que je n’utilisais pas d’application avec Firebase, ça ne me pose aucun problème, et en tant que développeur certaines de mes applications utilisent d’ailleurs Firebase.

Ce que je veux dire c’est que je trouve ça un peu contradictoire de refuser d’utiliser une API faite exprès pour l’occasion quand derrière on utilise quand même un service de Google, c’est tout.

Je sais bien que Firebase et l’API n’ont rien à voir, mais je trouve ça bizarre que ça pose autant de problème si on accepte d’utiliser un service de Google dans une autre partie de l’application.

Mais ce n’est qu’un avis personnel.

avatar Godverdomme | 

Je pense que la confusion vient de la raison pour laquelle ils ne veulent pas utiliser l'API.
Ce n'est pas pour des questions de peut d'utiliser des outils Google ou APple, c'est juste le fait de ne pas avoir accès aux contacts sains, vu que tout reste sur le mobile.

Leur but est juste d'extraire un max de données (et à juste titre, je pense que les interactions entre contacts sains peuvent êtres utiles à la science et au big data)

Donc Firebase n'a rien à voir dans l'équation et ils peuvent tout à fait l'utiliser

avatar Baptiste_nv18 | 

@Godverdomme

C’est une question de souveraineté numérique 😀

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@Godverdomme
Ils veulent plus de datas ? Mais pourquoi ils ne le disent pas clairement ces crétins !
Ce désir de + de datas est légitime ? Alors pourquoi il le cache !
Il ne font pas confiance au français et donc pense qu'il est indispensable de les manipuler pour leur bien ? Les crétins ! Ils croient que le mensonge sur les masques est une stratégie gagnante devant l'immaturité de la population ? Le mensonge et la dissimulation sont sources de méfiance. C'est une très mauvaise stratégie de la part des gouvernants et de leurs pseudo communiquant vraies marketeux de pacotille.

avatar byte_order | 

> Ils veulent plus de datas ? Mais pourquoi ils ne le disent pas clairement ces crétins !
> Ce désir de + de datas est légitime ?

Ils l'ont dit.
Mais vous ne les croyez, c'est tout.
Et c'est en partie le prix payé pour le mensonge, ridicule et inutile en plus, sur les masques, oui.

C'est pas un problème d'opacité, c'est un problème de confiance.
La confiance ne se regagne pas aussi rapidement qu'elle se perd.

Mais ce n'est pas parce qu'ils ont menti sur les masques pour cacher un problème de stock que cela signifie qu'ils mentent en permanence, de la même manière que quand on prend son gosse en flag d'un mensonge cela ne signifie pas qu'il ment sur tout pour autant.

Ici, une partie de la confiance peut éventuellement être retrouvée s'il est donné un moyen de vérifier à quiconque ce que fait l'app et de quelle manière elle le fait.

Publier en open source non seulement le code des apps mobiles mais également celui des serveurs, par exemple. Pas sûr que la France y arrive, mais cela serait une bonne manière d'afficher une bonne volonté à regagner la confiance perdue pourtant.

> C'est une très mauvaise stratégie de la part des gouvernants et de leurs
> pseudo communiquant vraies marketeux de pacotille.

Pourtant, en Marketing, on apprend aussi que la stratégie d'une vraie transparence peut être efficace. Cela prouve surtout que la politique de l'ancien monde est toujours là : ils n'assument toujours pas de devoir reconnaître honnêtement des erreurs. Mais, en même temps, les français pardonnent mal les erreurs, même honnêtement reconnue.

Il faut un changement culturel du rapport à la reconnaissance de l'erreur des deux côtes pour que cela évolue dans le bon sens.
S'excuser et n'être jamais pardonné ne marche pas.
Ne jamais s'excuser et espérer qu'on le pardonnera lorsque cela serait découvert ne marche pas non plus.

La confiance, cela ne se fait qu'à deux, mais cela se détruit facilement par un seul...

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@byte_order
Merci j'aime beaucoup ta contribution !
Et je souhaite au gouvernement de faire ce choix de la transparence et de s'appuyer sur des citoyens non pas "responsabilisés" (quel affreux mot) mais responsables de leurs choix et de leurs actions. Cette application je pense est la porte ouverte à l'obligation des tests et de la quarantaine exercée de manière coercitive si nécessaire. Si cela fait partie du choix du gouvernement, cela doit être dit. Si cela est un interdit que le gouvernement refuse cela doit aussi être dit. De ce que je comprends, cette hypothèse est présente dans le choix de l'application, même si la décision n'a pas été (encore) prise. Bien sur tout ce que j'écris n'est que spéculation, cela n'empêche qu'il serait souhaitable si mes spéculations sont fausse que le gouvernement verrouille toute possibilité à ce scénario d'exister. Cela aiderait à (re)construire la confiance.

avatar byte_order | 

@J'en_crois Pas_mes yeux
> Cette application je pense est la porte ouverte à l'obligation des tests et
> de la quarantaine exercée de manière coercitive si nécessaire.

L'application, en elle même, ne le peut pas.

Il faut pour cela que les contre-pouvoirs de l'exécutif valident des procédures médicales intrusives sans accord et des privations de liberté discriminatoires (par individu) sans jugement, ce qui dans les 2 cas est protégé non seulement par la loi actuelle mais la constitution même.

Je ne dis pas que cela ne pourrait pas en arriver là, mais ce n'est pas l'app centralisée, seule, qui permettrait à l’exécutif d'en arriver là, d'autres défenses, censées être bien plus solides et incontournables, seront tombées également. Imaginer qu'elles puissent tomber aussi facilement me semble plus préoccupant que les portes que cette app pourrait ouvrir...

Et personne n'est encore obligé d'avoir un smartphone. Et je vois mal l'état payé un smartphone obligatoire à tous les français...

Attention à ne pas focaliser les craintes sur l'outil plutôt que sur celui qui s'en sert mal.
Un couteau aussi peut être mal employé.

La question est de savoir si la seule défense contre un emploi mauvais du couteau est d'en interdire sa distribution, ou s'il existe bien d'autre défense contre les usages détournés plus graves que l'usage auquel il est destiné, parfaitement légitime et majoritaire.

Perso, je pense qu'au cas ou le gouvernement tenterait seulement d'imposer par la force le test et le confinement via l'app, cela fuitera tellement vite que tous les français contre ce passage en force laisseront tomber l'app complètement, en coupant BT, en désinstallant, etc, c'est pas les moyens qui manque. Ce qui serait la meilleure moyen pour tuer l'intérêt du système dans tous les cas.
Et encore plus la confiance dans l'exécutif mais aussi le législateur.

2022 c'est bientôt, hein.

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@byte_order
Je n'ai pas confiance en quelqu'un qui me demande de lui faire confiance, par contre je fais confiance à une personne qui se met de lui-même dans une situation où il ne peut pas me nuire. Ces verrous technologiques et législatifs qui ne sont pas des promesses généreuses mais des contrats (contraignants) voila ce qui alimentent la confiance. Le flou, les promesses, les tergiversations eux amènent l'inquiétude. Je vais chercher à retrouver l'article du Monde qui racontait un débat animés entre les personnes du gouvernement partisan de la coercition si nécessaire pour obtenir dépistage et isolement. Avec l'aide de Withings, un bracelet peut remplacer le téléphone et dans un futur non probable devenir obligatoire pour prendre les transports en commun, pour... sortir de chez soi.
Mauvaise science fiction je te l'accorde et une tentative de passage en force serait contre productive :-)

avatar byte_order | 

@J'en_crois Pas_mes yeux
> Je n'ai pas confiance en quelqu'un qui me demande de lui faire confiance

Vous n'avez jamais voté, alors !?
Parce que de facto, c'est systématiquement ça, la démocratie : accorder sa confiance à quelqu'un qui vous demande de lui faire confiance pour lui déléguer un pouvoir en votre nom.

Toutes les démocraties où il n'y pas d'autres systèmes de défense que cette seule confiance ont sombrés depuis bien longtemps, toutes reposent sur plusieurs niveaux de délégation de pouvoir, séparés, afin d'établir des contre-pouvoirs entre chacun d'entre eux.

> Le flou, les promesses, les tergiversations eux amènent l'inquiétude.

Certes. Mais décider en ces circonstances avec une certitude me semblerait bien plus inquiétant, parce que cela traduirant que soit l'exécutif fait preuve d'arrogance soit de défaut de transparent : il est impossible de ne pas voir que la situation est pleine d'incertitude par nature même du virus. Qu'il n'y ait aucun flou, aucune hésitation de visible, m'inquiéterait plus, personnellement.

Reste le cas des promesses. C'est la grande maladie politique, les promesses. Mais le citoyen aussi est co-responsable : il exige que le décideur s'engage sur un résultat futur. Comme si le futur pouvait être garanti !

> Je vais chercher à retrouver l'article du Monde qui racontait un débat animés
> entre les personnes du gouvernement partisan de la coercition si nécessaire
> pour obtenir dépistage et isolement.

J'en ai entendu parlé, moi aussi.
Mais ce n'est pas pour autant que j'estime que l'exécutif peut passer en force sans s'exposer à une réaction soit legislative soit, et là c'est très probable, populaire qui serait au final contre productif.

Un bracelet peut être oublié, cassé ("c'est fragile c'est machin M'sieur l'agent"). Ne pas sous-estimer la capacité de résistance d'une population.

Cela ouvrirait un boulevard à l'opposition politique, un retour de la crise sociale...

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@byte_order "Vous n'avez jamais voté, alors !?"
Si mais (1) voter ne veut aucunement dire faire confiance (2) faire confiance ne signifie pas (uniquement) faire confiance à des promesses mais à des actes à une cohérence d'identité, à une histoire. Entre cynisme et naïveté, il y a un espace, un jour un président d'une grande institution me reprochait : "Tu vas à l'encontre du sens de l'histoire", je lui ai répondu "on ne se bat pas pour le probable, on se bat pour le désirable". "En 40, de Gaulle allait à l'encontre du sens de l'histoire"

Mais pour revenir à nos moutons : Contrainte/sanctions ou mode volontariat ?
L'Autriche a tranché. Détections obligatoires avec contraintes et sanctions des récalcitrants.
https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/10/les-brigades-anti-coronavirus-de-l-autriche-se-veulent-un-exemple-pour-l-europe_6039209_3210.html

avatar webHAL1 | 

@J'en_crois Pas_mes yeux

Bien sûr que voter veut dire faire confiance. Si vous ne voter qu'en vous basant sur les réalisations effectives d'un candidat, alors vous n'élirez jamais personne, puisque vous n'aurez jamais donné à quiconque la possibilité de faire ses preuves. Il y a dans toute élection un facteur considérable de confiance.

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@webHAL1 "Bien sûr que voter veut dire faire confiance"
Non. La réalité est un peu plus complexe. Les raisons qui nous font voter sont rarement des questions de confiance. Le jour où j'ai voté "pour Chirac", cela n'avait rien à voir avec la confiance que j'avais pour cet homme. Ma confiance je la réservais ce jour là à Le Pen. J'avais une totale confiance que l'élection de ce leader provoquerait dans notre pays barbarie et souffrances.
Si on modifie le mot confiance en un homme par "toute élection un facteur considérable de confiance.", là j'approuve, on n'est plus dans la confiance naïve mais dans une évaluation probabiliste. Le jour de cette élection, j'ai bien fait une évaluation probabiliste des candidats qui m'a poussé à voter Chirac.

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