ResearchKit intéresse les labos pharmaceutiques

Mickaël Bazoge |

Jusqu’à présent, ResearchKit n’a été utilisé que par des organismes publics comme des centres médicaux, des établissements à but non lucratif, ou encore des fondations comme celle de Michael J. Fox sur la maladie de Parkinson. Les six applications qui ont été développées à partir de la plateforme de recherche médicale d’Apple servent à récolter des données qui serviront à des études sans objectifs commerciaux. Mais le succès rencontré par les premières études ResearchKit intéresse désormais plusieurs gros labos pharmaceutiques.

Cliquer pour agrandir

C’est le cas de GlaxoSmithKline, qui « travaille à l’intégration de ResearchKit dans des essais cliniques ». Celles-ci débuteront dans quelques mois, dévoile BuzzFeed. Même discours chez Purdue Pharma, qui a débuté le développement d’études en utilisant les outils du système d’Apple. ResearchKit étant disponible en open source, rien n’empêche ces grands groupes d’explorer et d’exploiter les possibilités offertes par la plateforme.

Est-ce que l’exploitation commerciale de ResearchKit pose problème à Apple ? Pas vraiment, explique Jeff Williams, vice-président des opérations et grand manitou de la plateforme qu’il a portée à Cupertino. « Nous sommes ouverts pour travailler avec quiconque [dont le travail aura] un impact sur la santé des gens ». C’est la raison pour laquelle ResearchKit est open source. « Nous contrôlons ce que nous mettons sur l’App Store, mais nous ne contrôlons pas qui utilise [ResearchKit]. Je pense que l’utilisation de ResearchKit pour le développement de médicaments, si cela peut sauver des vies, est une chose positive ».

Tous les groupes pharmaceutiques ne sont cependant pas prêts ou intéressés par ResearchKit : ni Pfizer ni Gilead Sciences n’ont de projet en cours dans ce domaine. La plateforme a ceci d’intéressante qu’elle permet de toucher beaucoup plus de gens que les études cliniques traditionnelles (la première app compte plus de 75 000 participants). Les applications développées avec ResearchKit sont des questionnaires médicaux assortis de mesures tirées des capteurs de l’iPhone ; on comprend bien que certains labos aient montré un intérêt dans cette technologie. Il leur faudra néanmoins respecter les règles de développement d’apps iOS, et préciser clairement que leurs études ont un but commercial, au risque sinon de provoquer le rejet des utilisateurs.


Tags
avatar Fennec72 | 

A ma connaissance, il n'y aucune app ResearchKit hors USA.
Notamment en France.

avatar Mickaël Bazoge | 
Aux États-Unis, la recherche clinique est moins restreinte qu'en France. Il faudrait un changement de législation ici pour que des apps ResearchKit soient disponibles.
avatar Bigdidou | 

@MickaëlBazoge :
Disons qu'on peut tout à fait envisager l'utilisation de ResearchKit (sous réserve de ce que peut en dire la CNIL), mais, effectivement comme simple outil de recueil des données au sein d'un protocole d'étude clinique (avec CCPRB et tout ça).
On ne peut pas, par exemple, recruter des sujets participant à une étude via un tel outil, mais rien n'empêche à priori d'envisager de l'utiliser une fois l'étude montée et les participants à l'étude recrutés.

avatar phoenixback | 

Magnifique réthorique de jeff williams:

"Un impact sur la santé des gens"

-> il n'a pas dit impact positif.

"Je pense que l’utilisation de ResearchKit pour le développement de médicaments, si cela peut sauver des vies, est une chose positive"

-> il admet déjà a demi mot que ce ne sera pas forcement l'intention des labos utilisant ce système et ce dédouane déjà...

Ils sont fort chez apple apres le greenwashing le healthwashing.

Entendu ici la première fois lol.(tm)

avatar Kriskool | 

C'est les labos qui produisent et découvrent la majorité des médicaments et qui financent les essais cliniques.
C'est normal que ce système les intéresse. Je ne vois pas ce qu'il y a d'anormal à cela.

avatar poco | 

Je ne suis pas dans la recherche medicale, mais tout çà sent l'esbroufe pour moi.

Dans tout les domaines que je connais, les appareils de mesure sint étalonnés par des labos rattachés à un étalon officiel (ex BNM...).

A ce que je sache, les capteurs de l'iPhone ne sont pas étalonnés. Qui plus est qui dit étalonnage, dit périodicité de ré-étalonnage (annuelle, à l'utolisation...).

On parle ici de santé... Est-on réellement sérieux là?

CONNEXION UTILISATEUR