L'héritage de webOS dans iOS

Mickaël Bazoge |

En janvier 2009, c'est un Jon Rubinstein triomphant qui présente sur la scène du CES le nouveau smartphone de Palm, accompagné du système d'exploitation webOS. Cette plateforme s'est immédiatement positionnée comme le concurrent plus malin et plus moderne d'iOS. L'histoire a malheureusement démontré qu'il ne suffit pas d'être le meilleur pour réussir, en témoigne la triste fin de ce système d'exploitation particulièrement innovant et aux sources desquelles s'abreuvent encore les constructeurs et éditeurs pour leurs propres plateformes… Apple en tête.

Prometteur mais sans soutien

Palm a toujours eu une tradition d'innovation, que ce soit au niveau du matériel (Palm Pilot, Tungsten, Treo…) ou du logiciel — avec Palm OS, l'entreprise développait une technologie de reconnaissance de l'écriture performante (Graffiti), peaufinait un système de synchronisation des données efficace (HotSync) et inaugurait le concept de boutique d'apps.

Autant dire que la tâche assignée à Jon Rubinstein, un historique d'Apple (et de NeXT) ayant contribué à la restructuration de la gamme d'ordinateurs de l'entreprise et au développement de l'iPod, était immense : concevoir un successeur à Palm OS. Après avoir quitté Cupertino fin mars 2006, il entre au conseil d'administration de Palm en 2007 et prend la direction de la branche R&D du constructeur mobile. Il insuffle à ses équipes son sens de l'innovation. Il est bien aidé en cela par un designer extrêmement talentueux en la personne de Matias Duarte (qui est désormais directeur de l'expérience utilisateur d'Android chez Google). Deux ans après le lancement de l'iPhone, webOS est la démonstration vivante qu'il est possible de faire autrement et mieux qu'Apple.

On ne reviendra pas en détail sur l'histoire de Palm, son acquisition par HP, l'abandon piteux du développement de terminaux webOS, la revente des restes de l'OS à LG qui en équipe des téléviseurs à succès… Ces péripéties sont le résultat de l'absence de vision cohérente, du manque de soutien et d'une grande inertie de la part des équipes dirigeantes de Palm et d'HP qui ont finalement eu raison d'une plateforme particulièrement prometteuse.

Alors que l'on fête les cinq ans du lancement du Pré, le premier smartphone sous webOS sorti chez Sprint en avril 2009, certaines des innovations développées par Palm vivent encore chez d'autres. Dès sa présentation, le système d'exploitation inaugurait des fonctions qui ont servi de feuille de route à bien d'autres concurrents. Y compris Apple…

Rien ne se perd, tout se recycle : les cartes multitâche

L'influence de webOS sur les autres systèmes d'exploitation se mesure à la popularité d'une des principales fonctions de rupture imaginées par Palm : le multitâche sous forme de cartes. L'utilisateur pouvait basculer d'une app à une autre en glissant le doigt sous des aperçus dynamiques des logiciels; un geste du doigt vers le haut permettait de « tuer » une application en la glissant « en dehors » de l'écran.

Apple n'allait inaugurer son tiroir d'icônes facilitant le passage d'une app à une autre qu'avec iOS 4 en 2010, un système plus faible que celui lancé l'année précédente par Palm. Il a fallu attendre iOS 7, en 2013, pour qu'enfin la Pomme se décide à offrir un aperçu des applications ouvertes à la manière de webOS. Mais iOS reste toujours à la traîne puisqu'il ne permet toujours pas de regrouper les miniatures d'apps dans des piles, ce que proposait la version 2.0 de webOS.

De gauche à droite, Windows Phone, iOS 7 et Android.

Windows Phone et Android (pour qui travaille Matias Duarte désormais) ont eux aussi adopté l'affichage multitâche sous forme de cartes.

Les notifications avant tout le monde

Dès sa toute première version, webOS montre au reste de l'industrie de quelle façon il convient d'afficher des notifications : de manière non intrusive (en bas de l'écran chez Palm), avec la possibilité de les supprimer d'un glissement du doigt. En tapotant dessus, le système ouvrait l'application liée.

Chez Apple, les notifications sont apparues avec iOS 3.0, lancé en juin 2009 dans la foulée de l'iPhone 3GS. Mais celles-ci se montraient particulièrement voyantes et réclamaient de l'utilisateur une action avant de pouvoir reprendre la main sur l'appareil. À la même époque, les notifications de webOS ne bloquaient pas l'appareil et l'on pouvait continuer à travailler; certaines, comme le rappel d'un rendez-vous, étaient même interactives.

De gauche à droite, iOS 3.0, iOS 5 et iOS 8

C'est en octobre 2011 avec iOS 5 qu'Apple proposa une nouvelle fenêtre de notifications plus souple et plus discrète. Et iOS 8 va finalement se mettre au diapason des notifications interactives.

Un moteur de recherche et un clavier à tout faire

Le moteur de recherche de webOS se montrait lui aussi largement plus intelligent que ses homologues de l'époque. Il permettait de fouiller dans le contenu du smartphone, qu'il s'agisse de contacts ou d'applications, mais aussi sur le web avec des accès vers Google, Wikipedia, et l'app Maps. Ça n'est pas tout : le clavier Just Type lancé en octobre 2010 avec la version 2.0 du système, remplissait également un rôle de « lanceur d'actions ». Il était possible de créer un rendez-vous ou une note depuis le moteur de recherche.

Spotlight a de son côté fait son apparition dans iOS 3.0, en juin 2009. Mais la fonction se limitait alors aux documents présents dans l'iPhone (contacts, courriels, rendez-vous…); l'accès au web a attendu l'année suivante et iOS 4.0. Quant aux « actions rapides » de Just Type, elles ne sont finalement apparues qu'en 2011, avec l'assistant Siri qui permet de créer une alarme ou un rendez-vous à la voix (aux premières lueurs de webOS, les assistants intelligents de type Siri ou Google Now étaient encore dans les limbes).

Synergy, l'intégration PIM

Palm, fort de son expertise dans le domaine des assistants personnels, avait fait de l'intégration des différents comptes et profils (courriels, calendrier, contacts…) l'alpha et l'oméga des fonctions de gestion d'informations personnelles (PIM) de webOS. Baptisée Synergy, cette architecture rassemblait dans des listes uniques des informations provenant de services épars. On retrouvait dans la fiche contact d'un correspondant toutes ses adresses e-mail (Google, Facebook, Hotmail, etc.), numéros de téléphone, adresses professionnelle et personnelle… Il en allait de même pour le client e-mail avec sa boîte de réception unifiée, le calendrier regroupait les rendez-vous de toutes ses services web et applications de bureau, et n'oublions pas le logiciel de messagerie agnostique de webOS.

Sur iOS, le processus d'intégration de services tiers a été beaucoup plus long. Si les différents services de Google ont été rapidement adoptés et ont déployé leurs données dans les différentes applications d'Apple, il a fallu attendre l'automne 2011 et iOS 5 pour que Twitter soit pleinement intégré — et une année supplémentaire pour que ce soit le cas de Facebook, dont les adresses et les informations sont embarquées automatiquement dans les fiches contacts, par exemple. iOS 8 va finalement ouvrir les portes à de nombreux autres services tiers par le biais des extensions (lire : Extensions : iOS 8 étend le champ des possibles).

Apple dans la Continuité de webOS

Le lancement de la tablette TouchPad, en juillet 2011, inaugure une fonction étonnante. En y jumelant via Bluetooth son smartphone webOS, l'ardoise pouvait recevoir et passer des appels, ainsi qu'envoyer et réceptionner des messages texte; partager des liens entre le smartphone et la tablette était aussi simple que de taper (gentiment) l'un avec l'autre grâce au NFC.

Voilà qui rappelle Continuity, l'ensemble de services de partage qu'Apple met en place entre iOS 8 et OS X Yosemite, ainsi qu'entre terminaux mobiles. Les appels d'un iPhone pourront être pris sur un Mac, tout comme la consultation et la création de SMS; Handoff permet de poursuivre sur son Mac ou son iPad une tâche commencée sur un iPhone (lire : OS X Yosemite et iOS 8 connectés comme jamais). L'ampleur des services proposés à l'automne par Apple est plus vaste que ce qu'offrait webOS à l'époque, mais les technologies ont aussi évolué (notamment le cloud), tout comme les performances des terminaux. Nul doute que si Palm existait encore aujourd'hui, webOS aurait aussi gagné des fonctions similaires, voire plus.

On pourrait poursuivre longtemps ce comparatif entre webOS et iOS. Saviez-vous par exemple que la fonction de téléchargement de mises à jour du système d'exploitation over the air, disponible dès 2009 sous webOS, ne l'a été qu'en 2011 avec iOS 5 ? Cela n'aurait pas vraiment d'intérêt, webOS ayant cessé d'exister sous la forme qu'on lui connaissait — il vivote toujours sous une forme open source, sponsorisée par LG, mais dont le dernier signe de vie date de mars 2013. Récemment, l'interface Mochi, un des derniers développements des ingénieurs de Palm, dévoilait de nouveaux concepts innovants mêlant flat design (c'était avant iOS 7) avec le cœur de webOS, à savoir le multitâche… que nous n'avons encore qu'en partie sur iOS.

Pour aller plus loin :

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avatar julien76 | 

Perso j'avais eu la touchpad a 99 euros, et agréablement surpris par l os. Super simple , classe et pratique !
Dommage que hp a décidé de le brader ! La tablette avait un bel avenir

avatar pim | 

Sont forts chez HP, ils ont flingué la seule chose qui avait cinq ans d'avance.

Après il faut modérer l'enthousiasme de l'article et bien rappeler que web OS était surtout super lent sur les smartphones de l'époque. Avoir cinq ans d'avance au niveau logiciel n'est pas forcément un point fort si on n'a pas cinq ans d'avance aussi au niveau du matériel. Apple a toujours proposé avec l'iPhone et iOS quelque chose de parfaitement fluide, quelque soit les générations. Et la puissance supplémentaire disponible depuis quelques mois a simplement transformé l'iPhone en console portable #1. C'est le double effet d'une parfaite optimisation logiciel matériel.

avatar joneskind | 

@pim

On est bien d'accord !

avatar béber1 | 

oui, savoir faire des compromis et donc des limitations techniques en conséquence

avatar nicoplanet | 

Excellent article !

Et Palm OS avait 5 ans d'avance sur les autres de la même façon qu'Apple avait 5 ans d'avance sur Android à sa sortie.

Ils ont vraiment été brillants chez Palm. Je me souviens encore de la présentation. Par contre, le système ramait comme pas possible.

avatar Doctomac | 

Il serait bien aussi de nous parler de l'énorme héritage de iOS dans WebOS car comme pour le concurrents, WebOS n'aurait jamais été sans iOS. Ils ont repris à la lettre tous les éléments d'interface introduits pas iOS, l'utilisation de l'écran tactile dans certaines actions et j'en passe et des meilleurs. De ce fait, avant même le rachat par HP, WebOS n'a jamais marché car déjà il était une simple copie très fidèle de iOS avec des améliorations et surtout la plateforme ne proposait pas d'applications natives mais des Web app bien moins performantes. Avec peu d'originalité et sans la force de frappe commerciale d'un Google, l'échec n'était que assuré.

"Apple n'allait inaugurer son tiroir d'icônes facilitant le passage d'une app à une autre qu'avec iOS 4 en 2010, un système plus faible que celui lancé l'année précédente par Palm. Il a fallu attendre iOS 7, en 2013, pour qu'enfin la Pomme se décide à offrir un aperçu des applications ouvertes à la manière de webOS."

Vous avez une vision simpliste des choses. WebOS proposait la visualisation des app ouvertes dès le début car justement les web app moins gourmandes pouvaient permettre de le faire sans trop massacrer les performances globales.
De son côté, Apple a toujours essayé de garantir des perf. optimales même en proposant des app natives. Selon les personnes informées du développement d'iOS, Apple a donc attendu que le parc d'iPhone soit suffisamment renouvelé avec des appareils puissants pour proposer cette fonctionnalité.

avatar Tronculaire | 

@Doctomac :
Du coup tu veux dire que ca rappelle plus les onglets de safari qui sont apparus quand dans iOS?

avatar joneskind | 

@Tronculaire

Les onglets sous forme d'aperçu des pages étaient au moins disponibles sous iOS3.

avatar joneskind | 

@doctomac

Chuis pas certain de partager ton analyse.

Aujourd'hui l'aperçu des apps n'est qu'une simple capture d'écran, rafraichie régulièrement si l'app fonctionne en arrière plan.

Je ne crois pas que ce soit une question de performances...

Personnellement je trouve ça bien inutile comme fonction, voire carrément perturbant parfois (par exemple j'utilise une app RSS qui a ouvert une page internet - si je ne regarde pas l'icone, une fois sur 2 je me plante avec Safari)

C'est simplement plus pratique/amusant pour fermer une app mais c'est vraiment pas fantastique.

Je ne serais d'ailleurs pas du tout étonné de voir le centre multitâches évoluer dans les prochains iOS pour faire apparaitre d'autres informations que les correspondants réguliers, et donc que les aperçus disparaissent.

avatar Domsou | 

@Doctomac :
J'ai le même point de vue que toi.

Je rajouterai que le nombre de gestes proposés à l'utilisateur a été réduits dans les premières version d'iOS afin de ne pas noyer l'utilisateur avec ces actions nouvelles.
Avec le succès des smartphones tactiles toute plateforme confondues, ces gestes de base se sont banalisés au point de faire partie du langage courant : le vocabulaire gestuelle à ainsi pu être enrichi.

avatar joneskind | 

Article très intéressant !

Merci !

avatar gwen | 

C'est n'importe quoi cet article. C'est bien beau d'avoir inventer la roue. Mais sans carrosserie à mettre autour ça n'en fait pas une voiture.

Palm avait un super assistant. Largement mis en valeur par Sony au sommet de sa gloire. Ensuite le reste n'est qu'une descente aux enfer programmée par des dirigeants à courte vue.

Il faudrait revoir ses classique et ne pas mélanger les torchons et les serviettes.

Dommage.

avatar joneskind | 

@Gwen

Le fait est que toutes les fonctions avancées dont il est question étaient bel et bien disponibles dans WebOS. Pas fluide, dans du mauvais matériel et une interface vieilote certes, mais elles étaient là.

En l'occurence, s'il y en a un qui réinvente la roue en discutant des faits historiques, c'est toi.

avatar Mickaël Bazoge | 
À aucun moment dans cet article il n'est question de matériel, et pour cause : je ne me suis intéressé qu'au logiciel, c'était tout le sens de l'article.
avatar falemaster | 

Je viens de racheter un HP veer qui est toujours le plus petit smartphone au monde et qui est une vrai bombe ...

avatar oomu | 

bof, réécriture à rebours.

webos était un énième clone de iOS, avec heureusement quelques idées (quand même) , un mauvais environnement de développement (globalement webkit et des weberies: CA NE SUFFIT PAS !!)

là où iOS était déjà pourvu de nombreux services et surtout, mais je me tuerai à le dire, de XCODE ET TOUT LE FRAMEWORK APPLICATIF QUI COUVRE QUASI TOUT

(ce que microsoft, de manière plus brouillonne a aussi, et google de manière + chaotique avec java/eclipse)

le matériel de palm était aussi inférieur et comme expliqua palm et hp, il leur était impossible de réussir à monter en charge comme apple pour obtenir les nouveautés matérielles en premier et les même coûts.

en long et en large, palm n'avait aucune chance, comme d'ailleurs RIM/Blackberry.

et le produit n'était pas si bon que ça, n'apportant rien qui aurait tellement engagé les gens que la boîte aurait pu croître et étendre son produit.

et oui Matias Duarte est un bon designer.

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le multitache de iOS:

je n'apprécie pas le système de "carte" (et je ne vois pas de carte dans android mais une liste avec un petit aperçu)

surtout avec ios7, toutes les apps se ressemblent, je me base quasi uniquement sur les icônes, et la double vitesse de défilement est perturbante (pour respecter la perspective en qq sorte, les icônes défilent + vite que les aperçus d'apps)

j'espère qu'au grès de iOS 9etc, Apple mettra en retrait ces aperçus géants pour + d'info pertinentes.

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sur os X , "mission controle" marche bien, car ça donne un aperçu d'ensemble d'un environnement fenêtré ! sur UN GRAND ESPACE.

ici nous parlons d'espace restreint (surtout iphone) et non je considère ce système de "carte" comme grotesque.

Avec le flat design et le skeumorphisme, c'était une des lubies les plus bizarres, des designers : faire des cartes, laissant tomber les bords autour, dans des PETITS écrans...

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à ce propos, le système de recherche par carte dans itunes store depuis ios7 est NAZE, et Apple le sait: pour ios8 c'est supprimé pour une bonne vielle liste verticale, haAAAAa :)

comme quoi, le bonheur c'est pas si dur.

avatar lmouillart | 

Qu'est ce qui est brouillon dans cette API : http://msdn.microsoft.com/en-us/library/windowsphone/develop/br211377.aspx ?

Elle couvre notamment le desktop ET le mobile en JS, VS, C++ et C#.
XAML designer n'est pas non plus ce que l'on pourrait qualifier de brouillon, pas plus que Visual Studio qui est une petite merveille.

avatar FreeDa | 

Si j'ai bien compris l'article, y avait un OS bien plus avancé qu'iOS mais comme on est tous idiots on ne l'a pas vu, on est tous passé à côté, et du coup cet OS avant-gardiste à disparu, c'est ça ?

avatar bobytron | 

@FreeDa :
Exactement.
J'ai acheté un iPad2 et un touchpad la même année et franchement été agréablement surpris par WebOS.
À cette époque, le support de flash était un réel plus pour surfer.
WebOS était vraiment en avance sur de nombreux points avec une bonne communauté, du gros gâchis.

avatar oomu | 

depuis la nuit des temps, le geek avant-gardiste sait où est la merveille, et le grand public, stupide et méchant, détruit tout. Yep, c'est ça.

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ainsi si Os/2 3.0 a échoué face à windows, c'est pas parce qu'il était cher, peu d'apps et demandaient 2 à 4 fois + de ram (à l'époque super chère) que window 95 mais parce que le Grand Public était infoutu de voir la meilleure interface et son multi-tache efficace (l'est bête ce public)

Si NeXTstep n'a pas remplacé l'ensemble de l'industrie en 6 mois et 3 jours, c'est parce que le grand public était incapable de piger la qualité de unix, de ses services réseaux novateurs, de son logiciel de courrier entièrement dragndrop avec images attachées affichées dans le texte, de son interface colorée, pour uniquement se focaliser sur le fait que la moindre machine coutait plusieurs dizaines de milliers de france (+ qu'un mac pro en euro actuel) et que la moindre app était pensé vers un marché scientifique et universitaire en passe de se faire carpetiser par la Finance.

etc etc. On pourrait faire de même avec quasi tout. Il est bête le public, bouh qu'il est bête.

La vérité est que les priorités des utilisateurs ne sont pas celles des geeks, et ce qui fait une machine à succès repose autant sur le logiciel, qu'un prix juste (attention "juste" ne signifie pas "pas cher",ho non) que la mise en avant des qualités du produit que sa distribution (on le trouve vite).

Mais aussi qu'un succès au près du grand public repose aussi sur le soutien des développeurs (des apps intéressantes en quantité), ce qui demande des outils et services développeurs de qualités (ce qu'Apple a construit inlassablement depuis _15_ ans sur la base de Nextstep)

Tout comme on le voit en console de jeux: le public va aussi là où vont les développeurs, l'un et l'autre ne sont pas aveugles et dur de dire si l'oeuf ou la poule le premier (les développeurs vont vers où c'est + facile de développer ET vers où y a des consommateurs, et les consommateurs vont vers où y a + d'app intéressantes ET la techno la plus excitante, SI elle LEUR est abordable)

bref, y a des raisons rationnelles et solides aux réussites et échecs. Même et surtout celui de Windows 3 (dont j'ai détesté au plus haut point les conséquences de ce succès inéluctable. Je dis ça pour les vieux qui ont vécu cette époque)

avatar oomu | 

"avec le cœur de webOS, à savoir le multitâche… que nous n'avons encore qu'en partie sur iOS."

il est restreint sous forme de services et quotas de temps, ce qui est une chose sur des machines aussi limitées et contenant foule d'informations sensibles.

aucune raison que tout tourne tout le temps.

avatar iBenou | 

Encore une fois, il ne faut pas être un génie pour inventer des fonctions comme ça, alors une fois que 2 ou 3 propositions sont parues, on fait vite le tour. Des petites cartes pour faire le multitâche c'est juste d'une telle évidence que présenter ça comme une idée de ouf, c'est un poil de l'arnaque. Maintenant, ordonner toutes les fonctions dans une cohérence générale et une écosystème, ça c'est autre chose...

avatar tchico | 

Palm, s'était le top en tout point.
Ex, Je préférais de loin graffiti a un clavier iOS super fatiguant et pas si rapide.
Amer constatation que ce n'est pas le meilleur qui gagne !
On dit toujours, ce sont les meilleurs qui partent les premier.

avatar gwen | 

Bravo Oomu. Voilà au moins une analyse sensée.

avatar RBC | 

Bel article hommage à Palm mais qui omet tout de même tous les points "noirs" de WebOS qui ont malheureusement fait que le petit Poucet n'a pas pû se développer plus.
Les points noirs en vrac :
• la rétro ingénierie sur iTunes, permettant de se faire passer pour un iPod, indigne d'une entreprise qui compte "vendre" des produits.
• la piètre qualité "tout plastique" des Palms, pire que Samsung c'est dire.
• le hardware, toujours un cran en dessous.
• WebOS en lui même, d'ailleurs son nom ne laissait planer aucun doute, était un système uniquement basé sur les Web Apps, un peu comme IOS 1 mais sans les apps natives. Alors que les anciens Palm avaient déjà de nombreuses applications incontournables ce qui a fait fuir les anciens Palm Boys.
...etc...

Bon, j'arrête de taper sur l'ambulance, ou plutôt sur le cercueil même si le plus grand coupable fut HP qui massacra ce qui restait... Dommage.

avatar Applesoft | 

WebOS probablement un poil trop en avance un hardware pas au niveau de la pomme à l'époque = un four au final

Dommage !

avatar Olivier S | 

Excellent article, c'est vrai.
Ça fait plaisir ce retour au source.
Malgré certains commentaires, je suis d'accord avec l'auteur : WebOs avec bien quelques longueurs d'avance sur IOS.
Mais cela ne date pas de WebOs...
Le Palm OS faisant déjà très fort a l'époque.. AppleStore n'est que réplique que ce qu'on pouvait faire le Palm OS et son store.. Déjà en 2005.
Le Treo 650 restera pour moi le Smartphone par excellence..
Il avait 10 ans d'avance sur les autres.
Steve Jobs a repris ce principe avec maestria en l'améliorant ... Comme pour le MP3 et l'iPod..
Mais je dois avouer que les derniers Treo (680 et suite ) n'étaient pas fiables.. Au niveau hardware c'était une catastrophe... D'ailleurs les derniers téléphones produits pas Hp ont été de meilleure qualité mais trop tard pour le marché. Rubinstein est venu trop tard...
Lui je le verrai revenir a la maison chez Apple, il a sa place la bas...

avatar Doctomac | 

@Olivier S

Je ne comprends pas ce que tu dis !! Encore une fois, si ce n'est quelques fonctions que certains qualifient de novatrices mais qui n'ont pu être proposées que par l'utilisation de web app (un défaut majeur de. WebOS qui explique son échec), l'OS de Palm a repris toutes les inventions de iOS qui je rappelle a été présenté bien avant.

avatar Doctomac | 

@joneskind

Encore une fois c'est parceque WebOS utilisait des web app, bien moins gourmandes en ressources. C'est d'ailleurs pour ça que l'OS a proposé du multitâche aussi avant iOS.

Afficher un aperçu des app ouvertes semble anodin mais oui, sur des appareils mobiles aux ressources limitées surtout à l'époque et avec des apps natives qui elles mêmes demandaient beaucoup de ressources, la tâche pouvait se révéler critique pour les performances globales. Où du moins une telle fonction n'aurait pas été satisfaisante dans son fonctionnement.

Encore une fois, Palm a profité de l'utilisation de web app pour proposer ce genre de chose. Sauf que cette stratégie s'est avérée un désastre pour eux dans la mesure où leur plateforme ne pouvait proposer que des apps limitées et les développeurs ont délaissé leur OS au profit de plateforme bien plus prometteuse en terme de développement d'apps comme iOS.

Dit autrement, cela donne ça :
- Apple a fait l'impasse au début sur certaines fonctions afin de proposer un OS performant articulé autour d'apps natives modernes.

- Palm s'est beaucoup inspiré de iOS pour faire WebOS et Palm a tenté de le positionner à son lancement en corrigeant certaines lacunes d'iOS mais avec un défaut majeur que fût l'utilisation de web apps.

L'histoire nous dit qui a eu raison.....

avatar Doctomac | 

p.s à la rédaction.

Je pense que que j'ai vais arrêter d'utiliser votre app iPad au détriment du site via Safari.

Si ce n'est afficher une page de pub à chaque fois que l'on fait une action, l'App est instable, buggée, la gestion des commentaire est désastreuse, quand on quitte l'App un instant le commentaire est effacé, l'interface est dégueulasse et plus adaptée à iOS 7 (l'OS est dispo depuis un an, on va passer à iOS 8) et j'en passe et des meilleurs......

avatar ddrmysti | 

L'histoire à montré que malheureusement il ne suffit pas d'être innovant pour éussir, al chance et le marketing jouent aussi beaucoup. On peut prendre comme exemple samsung qui doit son succès en grande partie à son marketing et à sa photocopieuse, ou encore android qui a eu la chance de proposer un iOS du pauvre quand apple à ouvert le marché du smartphone au grand publique.

avatar USB09 | 

@oomu
Ah enfin quelqu'un de sensé. Oui les carte n'apporte rien hormis faire design ou bien peu être créer un environnement réaliste.
Mais pour moi c'est une régression sur l'iPhone.
Il faut longuement faire défilé pour retrouver une application.

avatar Doctomac | 

@USB09,

Il y a une petite astuce. En défilant les icônes et non les vignettes, la vitesse de défilement est bien plus rapide.

avatar boubloux | 

@Doctomac :
Super astuce !!!

avatar FrancoBorgo | 

Excellent article. WebOS était définitivement visionnaire et mérite qu'il soit reconnu comme tel.J'adorais son design et c'est triste qu'il se soit perdu dans les méandres de
l'histoire.

Petite correction
Graffiti est apparu sur NewtonOS près de 3 ans avant la sortie de PalmOS.en tant qu'utilisateur de Newton, je ne l'aimais pas vraiment puisqu'on devait apprendre un alphabet modifié

http://en.m.wikipedia.org/wiki/Jeff_Hawkins

avatar JLG47 | 

J'ai eu plusieurs Palm dont u Treo. Écran tactile avant les autres, parfaitement intégré dans l'écosystème d'Apple, synchronisation, échange de donnes, un plaisir.

avatar FrancoBorgo | 

Bonjour JL, de quel modèle parle tu. http://en.wikipedia.org/wiki/Palm_Treo
Par rapport au newton, le Palm était mince et très léger puis Ils ont intégré la téléphonie, ce que le newton n'a pas eu le temps de faire avant sa disparition.

avatar Boud | 

Un peu comme l'OS10 de blackberry qui est bien plus performant que les autres, sauf que cet OS existe toujours. Alors c'est bien beau de faire appel à la mélancolie, mais un très bon produit, peu importe le domaine, cela ne suffit pas. Je vois trop en quoi web OS était visionnaire au demeurant, blackberry & Nokia avaient déjà réussi dans ce domaine auparavant. BREF.

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