iPad et Hachette : les libraires en colère

Anthony Nelzin-Santos |

Le Syndicat de la librairie française n'apprécie pas l'iBookstore, et encore moins que Hachette puisse être un partenaire privilégié d'Apple, partenariat « vécu comme le signe d’un profond mépris » par les 470 signataires d'un appel resté relativement discret. Et seul partenariat d'Hachette avec une société américaine (lire : iBookstore : Hachette Livre a signé avec Apple ).

ActuaLitté cite ainsi un signataire qui estime que Hachette favorise une concurrence jugée déloyale : le modèle du contrat d'agent utilisé par Apple fait grincer des dents parce qu'il s'opposerait à « la nécessaire maîtrise de la fixation du prix de vente au public par l’éditeur » et présenterait des « risque[s] de domination du marché, voire de quasi-monopole ».

Hachette jouerait donc le jeu de la « marginalisation de la librairie française » en se pliant aux conditions d'Apple. Plus qu'un combat des représentants de la culture française face aux intérêts financiers américains, antienne trop souvent entendue, c'est Hachette qui est pris pour cible : « depuis plusieurs années, ce groupe pratique une obstruction récurrente sur les sujets d’intérêt commun entre l’édition et la librairie, ne participe pas à des actions collectives en faveur du développement des librairies et maintient une très large part des librairies dans des conditions de rémunération inadaptées au regard des obligations qui lui sont conférées par la loi de 1981 ».

On n'entend ainsi aucune critique à l'encontre d'Albin Michel, pourtant éditeur du livre de Catherine Pancol, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi, qui s'affichait en pleine page sur les publicités pour l'iPad. Cet ouvrage est d'ailleurs un bon exemple pour l'argument développé par certains membres du SLF opposés à cet appel : « Les éditeurs ont besoin de créer de nouveaux points de vente, mais ne veulent pas pour autant éliminer la librairie, c'est ridicule. Où et comment se fera la valorisation de leurs livres ? Uniquement sur l'iBookstore ? C'est n'importe quoi. Sans se bercer d'illusions, c'est en librairie que la vie des livres se fait ». Le livre de Catherine Pancol a d'abord été un succès de librairie avant d'être disponible sur l'iPad.

Le futur portail 1001libraires.com, permettant d'allier shopping en ligne et contact avec le commerçant local, ferait d'une pierre deux coups, en quelque sorte. Il faut pourtant savoir raison garder : la librairie est un endroit incontournable pour la promotion d'un livre, et l'iBookstore n'est en aucun cas un concurrent, mais plutôt un complément qui s'adresse aussi à une clientèle nouvelle. Les chiffres de ventes restent pour le moment modestes en France : il y a quelques mois, Eyrolles indiquait avoir vendu « quelques centaines » de copies lors de la quinzaine de lancement de l'iPad en France (lire : Interview : Eyrolles, l'iPad et l'avenir des eBook).


avatar jececle59 | 
Après les majors du disque voici venu les libraires... C'est quand même marrant et à la foi effrayant de voir que certains adhèrent à la triste maxime : "la fin justifie les moyens". Prêt à mettre le flingue sur la tempe du consommateur et à le foutre en cage pour qu'il achète ses livres et pas celui (numérique) du voisin. A croire que le succès d'une enseigne d'un magasin ça ne se mérite pas. Qu'aujourd'hui on nous doit tout mais que l'on est en aucun cas redevable à personne. On se demande décidément qui exploite les autres.
avatar lamarmotte | 
oomu: "ne pas se faire d'illusions :si le piratage de roman est encore anecdotique, c'est parce qu'il est pénible de lire sur des écrans d'ordinateurs de bureaux.Plus les ipads, kindle et clones seront banalisés, plus le public cherchera à les remplir en livre." Tout à fait d"accord. C'est réellement une question de mois..même pas d'années, avant que le piratage n'ait un impact majeur sur les livres. On aura droit systématiquement aux mêmes argument à postériori pour se justifier "le piratage c'est bon pour les artistes" " Z'ont qu'a faire des concerts.. euh.. des lectures publiques" " De toute façon fô pas faire ça pour l'argent , fô vivre d'air pur et d'eau fraiche" etc.. Il ne tient qu'aux éditeurs de ne pas faire l'autruche et de s'adapter le plus vite possible à la technologie (et en adaptant les prix en conséquence, à la baisse) avant que les gens ne prennent de mauvaises habitudes.
avatar florian2010 | 
C'est grâce au prix unique du livre qu'il existe en France un vrai réseau de librairies ! La disparition des disquaires est un exemple à ne pas suivre... Remarquez qu'apple fait la même chose avec ses boutiques physiques : les prix sont les mêmes entre Apple store et entre Apple store et le site web... Ça permet de maintenir un tissu de boutique, contrairement au monde pc.
avatar madballnyhc | 
La question est : en quoi est-ce un avantage pour le consommateur au delà du discours corporatiste des libraires ? Parce que le prix unique du livre maintient surtout ce secteur à flots de manière totalement artificielle, en ne laissant pas intervenir la libre concurrence. Ce n'est clairement pas à l'avantage du consommateur, obligé de se farcir des bouquins à 25 euros ou d'attendre 2 ans pour les trouver à moindre coût.
avatar Yaznaz | 
"Parce que le prix unique du livre maintient surtout ce secteur à flots de manière totalement artificielle, en ne laissant pas intervenir la libre concurrence" La libre concurrence ça se termine par des supermarchés spécialisés ou des plateformes sur internet. Les détaillants traditionnels n'ayant plus assez de clients prêts à payer la valeur ajoutée éventuelle apportée par la proximité et le conseil. On en a eu de beaux exemples avec les disquaires puis les photographes.... je n'ai pas vraiment hâte de découvrir ça du côté des libraires.
avatar jececle59 | 
Bonne remarque Luminol. D'ailleurs je me demande si il y a des règlementations niveau prix des bouquins.
avatar ferannor | 
Étonné de voir qu'encore aujourd'hui des gens ignore cette loi! C'est, il me semble, Jacques Lang, alors ministre de la Culture (j'espère ne pas confondre avec la taxe pour la copie privée) qui a instauré la loi sur le tarif unique des livres, qui n'autorise que 5% maximum de rabais... Cela fait probablement baisser la concurrence, mais il faut aussi se dire qu'il n'y a pas plus de concurrence chez les éditeurs, un manuscrit n'est publié que dans une seule maison, du coup elle est libre de pas mal de choix, et ne se verra pas couper l'herbe sous le pied par un concurrent.
avatar Satoral | 
Bonjour, J'ai lu avec intérêt les commentaires à cette news, et ça tombe bien vu que j'ai sollicité Macgeneration hier soir pour évoquer iBookStore mais comme pas de réponse, je vais laisser pour le coup une petite opinion sur cette news qui fait débat. Je suis auteur indépendant, pas par défaut mais par choix. En effet, bien que j'ai des travaux qui transitent ici et là chez des éditeurs ou des producteurs, j'avais un projet qui n'aurait de toute façon intéressé personne ici puisqu'écrit en anglais (je suis franco-américain) donc je me suis laissé tenter à l'expérimentation de la chose. Et je dois dire que la vision de l'indépendant qui met un lien paypal sur son site ne peut pas être généralisé non plus tant la vie et le travail d'un indé sont compliqués. Honnêtement, les maisons de publication sont une chance pour un écrivain car elles lui permettent de se concentrer sur l'essentiel : écrire. Il faut bien comprendre qu'un auteur indé, à moins d'avoir de l'argent, est un "author of all trades". Excusez l'emprunt dérivé à l'anglais, mais il résume parfaitement les compétences qui lui sont "demandées" par un tel système. Un auteur indépendant n'est pas qu'un écrivain, c'est également un correcteur, un marqueteur, un publiciste, un communicateur, etc. Ça demande un véritable génie dans la maîtrise de toute la chaîne de distribution, publication et promotion. Qui plus est, contrairement à ce qui a été dit, le système français du livre ne vit pas dans le luxe, au contraire, il est en crise profonde. 97% des auteurs sont incapables de vivre de leurs royalties, 80 à 90% des marges des maisons sont faites à l'étranger, des maisons commencent à délocaliser la fabrication des livres de poche en Chine car les tarifs demandés par les imprimeurs (le syndicat le plus puissant du monde et des salaires dont certains pourraient rêver.) deviennent insoutenables. Cette année, à la rentrée, 81 nouveaux auteurs de roman verront leur livre édité, c'est deux fois moins qu'il y a deux ans et un minima absolu dans l'histoire du livre français. Pourtant, le nombre de manuscrits envoyés a explosé, record dans le sens inverse. Des grandes maisons ayant reçu près de 6000 manuscrits et les comités de lecture qui n'arrivent tout simplement plus suivre… Les libraires margent à 35%, soit. Apple marge à 30%, Amazon aussi maintenant. Au final, nous ne sommes pas très loin d'avoir les mêmes proportions partout, sauf pour un indé qui fait imprimer son livre et qui voit le revendeur prendre 50% ! Et bien souvent, le revendeur est… Amazon puisque c'est le plus grand vendeur de livres au monde. Il faut bien comprendre, de fait, que ça ne changera pas grand chose au prix des livres si les libraires disparaissent. On aura simplement des grandes entités qui les remplaceront et qui aligneront de toute façon leur prix les uns sur les autres. Pas plus de concurrence donc, surtout que le prix des livres numérique se rapproche du livre papier pour diverses raisons (quantité négligeable, coûts de production de cette version, TVA à 20.6%, etc) Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais plutôt revenir sur la place de l'indé là dedans vu qu'il y avait une ouverture enrichissante sur la lecture de demain. En tant qu'indé, je dois tout payer. Grosso modo, aucune maison pour financer derrière et appuyer de toutes ses forces pour la promo. Demandez aux indés comment ils obtiennent leur numéro ISBN, vous allez être surpris qu'ils mentent tous sur les imprimeurs et quantités envisagés pour ne pas se voir refouler. Aux USA, $99. Au Canada, gratuit… Les épreuves pour s'assurer que le produit est de qualité correcte à payer. Les exemplaires de review à envoyer dont il faut avancer les frais. Les communiqués de presse payants… Le maintient d'un site web… Eventuellement la pub, la correction, etc… Bref, on peut très vite exploser le budget. Tout ceci n'est pas gratuit, du moins si on se borne à proposer son livre aussi en version papier. J'ai personnellement choisi de limiter les coûts pour rendre un livre le plus abordable possible. Moins de 10 dollars en version papier (15€ en France vu les frais de fabrication et la marge du revendeur qui me saignent littéralement + la TVA que le livre US n'a pas, son prix étant HT) , 5 dollars en version digitale (ça me parait être une différence de prix respectueuse du lecteur), pas de DRM. En d'autres termes, j'ai décidé de tester une sorte de business model qui prenne en compte les demandes des utilisateurs. On verra la conclusion de l'expérience dans un an ou deux. Maintenant, au delà de ça, je ne vois pas forcément la lecture numérique comme une meilleure chose. Après avoir été confronté à l'aveuglement d'Apple dans sa philosophie, notamment au niveau de la validation, j'ai bien peur que les choses ne changent en rien. C'est bien simple, un mois pour avoir un verdict quant à la validation, une micro-erreur dans le fichier qui passe pourtant le test ePubCheck haut la main (et croyez moi, ça n'a pas été de tout repos, certains logiciels payants n'arrivent même pas générer des fichiers qui le passe…) et rejet immédiat sans prise en compte du degré de l'erreur (en fait, une image qui n'était pas manifestée dans le fichier .opf. Donc, modification et un mois de plus à attendre dans le meilleur des cas. Là je me suis dis, non, je préfère boycotter la plateforme quand je vois l'attitude d'Apple à l'égard des indépendants qui sont ceux qui ont le plus besoin d'aides et de "petites largesses" comme de laisser passer un fichier qui ne soit pas 100% parfait. Apple faisant toute la promotion sur ePubCheck 1.0.5 et quasiment aucune sur ses restrictions maison… Autant dire tout de suite que si les indés acceptent ça dès le départ, nous serons bel et bien enchaînés à la volonté d'une toute puissance. Amazon, Kindle pour ne pas le nommer, est complètement différent. La plateforme fournit des outils et ne demande pas un fichier parfait comme les produits Apple (ironie tant certains produits Apple sont loin d'être parfaits parfois), allant même jusqu'à mettre des outils de conversion à disposition de ceux qui en ont besoin. Calibre par exemple, est incapable de rendre un fichier qui passe le test ePubCheck 1.0.5 mais devient très utile pour convertir un fichier ePub en fichier mobi pour que la version Kindle soit la meilleure possible. C'est ce que j'ai fait, et Amazon en est très content, et je n'ai pas attendu un mois mais une seule journée pour la validation… Or, l'ironie est que le fichier ePub qui a servit à toutes les versions digitales sur le marché, a été créé spécialement pour Apple avec un iPad. J'y ai passé des jours pour soigner l'expérience utilisateur le mieux possible. Et pour un micro détail dans un fichier dont un auteur n'est même pas sensé connaitre l'existence, on me dégage sans même ne rien communiquer, aucune discussion, rien. Pas d'arrangement à l'amiable, juste rejeté comme un malpropre. Fichier analysé, au suivant. Il y a bien d'autres problèmes, comme la facilité relative (force pour le moment, voir comparaison plus haut avec Kindle ) de publier en version digitale, ce qui va immanquablement mener un tas de "rebuts des comités de lecture" (ce n'est pas péjoratif de ma part, loin de là) sur les plateformes sans que leur auteur n'ait pris en considération la difficulté de la tâche, ni forcément le respect de ce que j'aime à appeler l'expérience de lecture. En effet, il faut des compétences et un travail minutieux pour ça, parole de mec qui a tout simplement passé des mois sur les différentes versions distribuées. Au final, soit on retrouvera plus personne dans la masse, soit ces plateformes prendront des décisions radicales quitte à expulser tout simplement tous les indés et ne donner leur confiance qu'à des Books aggregators. Lulu en est un pour iBookStore par exemple, et ne contrôle absolument rien, même pas les prix. Ils sont en discussion avec Apple pour pouvoir changer le prix défini par défaut… ça fait des mois que ça dure. Alors certes, on peut aussi se dire que les auteurs qui valent le coup finiront toujours par être connus par bouche à oreille. Moi aussi je ne me fais pas de souci là dessus. Mais il ne fait nul doute, pour moi, que d'autres problématiques viendront remplacer tout bêtement celles d'aujourd'hui. Le prix en particulier, est quelque chose à analyser. A un extrême, l'auteur indé qui investit de l'argent et qui le répercute sur son prix de vente, de l'autre, une personne qui a pris goût au contenu gratuit… je vous laisse imaginer le désarroi qu'engendre la situation, et j'imagine déjà aisément que certains finiront par proposer des livres gratuits avec de la pub… Bref, en même temps, c'est quelque chose qui est excitant. Il faut prendre le bon wagon au bon moment, arriver avec le bon plan au bon endroit. Mais il y a tellement d'autres choses là dedans que deux heures ne seraient pas suffisantes. Donc si certains se sentent l'envie d'en discuter pour échanger nos expériences, n'hésitez pas à me contacter ;)
avatar RaZieL54 | 
Apple détruisant les libraires... A vrai dire je me fais pas trop de souci :en France les libraires et les auteurs survivent toujours contre vents et marrées et surtout face aux NMPP et consorts qui sont encore plus virulents que le sont les organisations des grands fossoyeurs de la musique et de la video (oui oui les industriels de l'entertainement, ca vous dit quelque chose? Ha,dopi, tant pis). Ce qui a détruit les disquaires, ce sont d'abord ces grandes firmes, bien avant les gros revendeurs genre FNAC qui phagocytaient tous les petits disquaires ... et ca 15-20 ans avant l'apparition du téléchargement... Et faut être réaliste, un iPad ou un kindle, ca peut contenir une bibliothèque entière, donc oui, ça va aider a préserver les forêts. Les bons libraire (les bons vendeurs conseillants bien leurs clients) vont toujours exister, lire leurs 8-10 ouvrages par semaine et papoter avec leurs clients, peut etre plus à travers le net qu'exposés au courants d'air sous le porche de leur échoppe, certes, mais le médium évoluant, l'Homme évolue aussi. Par contre c'est certain que la mafia de la distribution va prendre du plomb dans l'aile (déjà qu'ils viennent de se casser les dents face a la justice) Quand aux auteurs, ils auront peut etre un peu plus de chance et de liberté, qui sait... Et ils peuvent aussi éditer leurs oeuvres directement sur le Net, sous licence libre (Creative Commons) ou copyright et se faire rétribuer de manière un peu plus juste que selon les magouilles de la distribution actuelle... La force d'Apple c'est d'arriver à redistribuer les cartes face a des organisations hégémoniques qui tuent les arts et les lettres depuis longtemps(la marchandisation de la culture) et profitent de l'impotence et de la complicité des politiques... Sa faiblesse c'est d'être une société commerciale!
avatar Yaznaz | 
"Et faut être réaliste, un iPad ou un kindle, ca peut contenir une bibliothèque entière, donc oui, ça va aider a préserver les forêts." > Il faut arrêter de rêver, l'arbre à papier c'est une culture comme une autre. Si une culture ne rapporte plus (ou plus assez) on la remplace. A la rigueur ce qui peut éventuellement préserver ces zones arborées (qui sont très loin d'être des forêts) c'est l'augmentation de l'énergie fossile rendant le bois de chauffage économiquement intéressant... et encore, l'arbre à papier, ayant une croissance rapide, fait du mauvais bois de chauffage.
avatar stefhan | 
http://www.graphiline.com/article/11602/Le-prix-d-un-livre-papier--decompose-poste-par-poste => 10% pour l'auteur, 15% pour l'éditeur, 15% pour l'imprimeur, 17% pour le distributeur, 38% pour le libraire, 5% pour l'état (TVA). Donc un livre numérique qui n'a pas besoin d'être imprimé, stocké, transporté, et mis sur l'étalage d'un libraire devrait coûter 2 fois moins cher qu'un livre classique ! Voire moins car je ne peux ensuite pas le prêter (merci les DRM). Pourquoi ce n'est pas le cas ???
avatar stefhan | 
je viens de regarder les prix sur l'iBook Store, pour (au hasard) Amélie Nothomb... "une forme de vie" (qui vient de sortir) est à 15 € en papier, 12 € en numérique. Déjà pas normal. Mais là où ça devient du délire, c'est pour ses anciens livres ! "Stupeur et Tremblements " à 4.50 € en papier, contre 11 en numérique ! "Ni d'Eve ni d'Adam" 6 € en papier, 14 en numérique...
avatar Kevelian | 
y a des gugus ki vont te spliker que ouala la marge et le système font que tu peux pas payer moins cher un livre digital qu’un livre papier .. le problème est qu’il y a au milieu des gens qui ne vivent que de ça des sortes de Piggy Back (les insectes qui ne vivent que sur la peau d’un porc) .. Mais pour être franc le système français des livres ne survis que sur les bases d’un système ancestral , j’ai fait un tour sur les librairie en ligne ‘’ francaise’’ vu le choix et les prix je suis parti chez Amazon et Autres CANADIEN … J’ai piraté 120 bouquins français Via torrent faute d’avoir des choix sympa … un copain canadien m’a passé sa collection de Lagaffe et Ric Hochet qu’il a aussi piraté on ne pirate pas envie mais juste par manque de choix et de prix raisonnable si demain je trouve des titres sympa ''on the web’’ je les prend … quand j’aime un truc si je peux l’avoir je le paye si je peux pas je cherche un autre moyen si les éditeurs le comprennent pas tant pis pour eux et dommage pour les auteurs
avatar RaZieL54 | 
120 bouquins français... Ca c'est de la persévérance! Nul ironie ici, c'est juste que cela me semble etre un exploit. Ce que je trouve étonnant c'est que nul "défenseur" de la culture littéraire française ne se soit fait l'écho d'un phénomène assez majeur sur le web: les "oeuvres" sont en anglais! Que les mercantiles associés hurlent a s'époumoner, une quantité insignifiante de leurs produits sont accessible sur le NET! Ce que diffuse à l'écrasante majorité le web, c'est la culture anglo-saxonne: musique, film, séries ET littérature ... J'ai rien contre cette culture, j'en suis amateur. Mon propos est juste de remarquer qu'a l'heure actuelle, que ce soit du coté de l'offre commerciale ou du monde du P2P, la langue bénéficiant de la plus forte promotion: c'est l'anglais - le français n'existe pour ainsi dire pas! A mon sens le meilleur promoteur de l'utilisation de l'anglais, c'est depuis quelques années le WEB. Aujourd'hui une personne qui "telecharge des oeuvres protégées": films, musiques, et maintenant manuels et romans se doit de maîtriser un minimum l'anglais. Et il faut dire que c'est non seulement une motivation pour apprendre cette langue mais c'est aussi un moyen de perfectionnement apparemment efficace... Et vu la croissance du secteur industriel, pardon commercial, de la culture dans le monde anglosaxon, le telechargement semble bien lui reussir... Alors qu'en France (et dans la francophonie), c'est un désastre! Et je dois avouer qu'a l'heure actuelle, nombreux dans mon entourage sont les personnes ne lisant plus que des romans et de la presse anglosaxonne( il sont pourtant majoritairement de culture française assez élevée) Cela probablement grâce a la puissance économique du monde anglosaxon mais aussi a cause du système economico-politique français qui s'évertue à flinguer toutes innovations et promotions de la culture française par le numérique (anti google books, hadopi, barrage d'Amazon, etc) Si demain les auteurs français disparaissent, la cause n'en sera pas technologique, ni lié a leurs talents, mais certainement politique et mercantile... Quant a la sauvegarde des forêts, je persiste a penser que des cultures de bois a papiers sont prises sur des zones forestières, marécages et des terres agricoles nourricières, que l'industrie du papier à imprimer est un monstre de pollution et de dégradation environnementale au sens large (y a pas que le CO2: phosphate, nitrate, sulfures, acides, méthane, métaux lourds,consommation d'eau,etc) et qu'un bouquin finit souvent au feu plutôt qu'au recyclage. Alors un iPad ou un kindle, oui ca va contribuer a préserver l'environnement, pour peu que la pression des consommateurs (et associations) fassent un peu évoluer les pratiques industrielles et les gens arrêtent de jeter tout n'importe comment et fassent un peu durer leurs matériels!
avatar Satoral | 
Attention à juste intégrer la TVA de 20% sur les livres numériques dans le calcul. Mais oui, après je suis d'accord. Le seul problème, quand on se place de l'autre côté, c'est que : 1 ) Faut payer quelqu'un pour s'occuper de la version numérique ou le fait faire en externe. Ça peut prendre du temps de rendre un fichier propre. Et le temps c'est de l'argent. 2 ) les volumes de vente des livres français sont tout juste risibles vu qu'Amazon ne se bouge pas pour offrir un KindleStore français… Or, l'impulsion du livre numérique aujourd'hui, est donnée par Amazon qui est le plus grand vendeur de livres au monde. Donc qui dit volume de vente moindres + travail de conversion qui est pris en considération dans le prix = on touche pas aux prix, surtout que les libraires vont gueuler vu qu'ils sont intouchables en France. Même Amazon s'est mangé dans les dents, juste en mettant les fdp gratuits. Maintenant, pour prendre mon cas particulier en tant qu'indé. La version digitale coûte deux fois moins cher que la version papier, et pourtant j'y gagne autant. Le seul problème, c'est que plus je dépense en promotion/distribution (car des options sont payantes en distribution étendue), plus ça va se répercuter sur le prix du livre puisque il faudra prendre en considération ces coûts. J'ai donc bien peut que les maisons de publication y voient surtout un nouveau dérivé qui permet de rembourser quelques frais autres, notamment la promo, etc, en margeant plus sur le numérique. Pour jouer la transparence, sur un livre à $9.90, je gagne environ $3,27 en royalties. Je gagne la même somme sur une édition digitale à $4.90. Le cas est très particulier et pas généralisable vu qu'il y a des facteurs de coûts de production à prendre en compte, notamment le nombre de pages pour la version papier. En activant l'option Pro CreateSpace, je perçois ces royalties et je paye mes exemplaires $2.44 au lieu du double. C'est ce que les revendeurs payent. Sauf que j'ai du payer pour pouvoir toucher plus, et uniquement sur les ventes Amazon, sinon je ne touche plus que $1.70 à peu près. Maintenant, il faut savoir que les coûts de publication (options payantes, services payants, exemplaires de review, épreuves, pub, etc) ont été calculés au plus juste. Et que sur ces $3 ( sur lesquels on m'enlève les impôts ), je gagne réellement à peu près un dollar jusqu'à un volume de vente, et qu'ensuite je gagnerai un peu plus. Donc la tentation était grande de vendre l'édition numérique plus chère… mais j'ai préféré suivre les demandes des lecteurs, notamment niveau prix et DRM. D'autant que les DRM sont payants chez certains, et alourdissent la facture d'un dollar par exemplaire… En fait, le marché est compliqué car jeune. Pas de réel leader en distribution, pas de réel distributeur même pour être exact. Des coûts de fabrication qui existent quand même car il ne s'agit pas de convertir un bête fichier (on obtiendra une merde infâme) + des volumes minimes + une occasion de pouvoir rembourser des frais + le statut des libraires dans le domaine = cette situation. Pour ma part, j'ai préféré comprendre les lecteurs / consommateurs et rendre un eBook deux fois moins cher. Mais maintenant, je ne suis même pas sûr que ça aidera beaucoup.
avatar meego | 
Amélie Nothomb en numérique c'est PIRE qu'en papier !

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