Faut-il s'inquiéter de l'augmentation du DAS de l'iPhone 7 ?

Anthony Nelzin-Santos |

Plusieurs d’entre vous se sont inquiétés, dans les commentaires ou par e-mail, de la valeur du DAS de l’iPhone 7. Alors que l’iPhone 6s et l’iPhone 6s Plus affichaient un DAS de 0,87 W/kg et 0,93 W/kg, et que l’iPhone SE est mesuré à seulement 0,72 W/kg, l’iPhone 7 et l’iPhone 7 Plus sont donnés à 1,38 W/kg et 1,24 W/kg. Faisons un point sur le sujet.

Pourquoi le DAS de l’iPhone a-t-il augmenté ?

C’est une bonne question. Nous l’avons donc posée à Apple, mais la firme de Cupertino n’a pas souhaité nous répondre. Le nouvel arrangement des antennes n’y est sans doute pas étranger, mais il n’explique pas tout. Le DAS peut diminuer ou augmenter pour des raisons beaucoup moins évidentes : il est ainsi passé de 0,93 W/kg sur l’iPhone 6 à 0,87 W/kg sur l’iPhone 6s.

Ces deux téléphones sont très similaires, mais pas identiques : l’iPhone 6 possédait un modem Qualcomm MDM9625M LTE-A cat. 4 à 150 Mbit/s, alors que l’iPhone 6s embarque un modem Qualcomm MDM9635M LTE-A cat. 6 à 300 Mbit/s. Les modems et les émetteurs-récepteurs ont un impact limité mais direct sur le niveau d’émission, qui varie d’ailleurs selon le type de réseau ou les bandes utilisés. L’iPhone 7 en fournit un bon exemple.

Le modèle conçu pour les États-Unis et la Chine intègre un modem Qualcomm MDM9645M, tandis que le modèle « international » embarque un modem Intel XMM7360 (les deux prennent en charge la LTE-A cat. 12 à 450 Mbit/s, mais seule la puce Qualcomm est compatible avec les réseaux CDMA utilisés hors de l’Europe). Et le modèle sino-américain est donné à 1,37 W/kg, tandis que le modèle européen affiche cette fameuse valeur de 1,38 W/kg qui fait tant parler, 0,04 W/kg de plus que le modèle spécifique au Japon.

La carte-mère de l’iPhone 7, sur laquelle on trouve un modem Qualcomm ou Intel selon les modèles. Image CC BY-NC-SA iFixit5.
La carte-mère de l’iPhone 7, sur laquelle on trouve un modem Qualcomm ou Intel selon les modèles. Image CC BY-NC-SA iFixit.

Reste que les antennes forment la variable la plus importante de l’équation : leur position, leur conception, leur géométrie et bien d’autres aspects déterminent la manière dont l’iPhone se connecte au réseau. À ce titre, il est intéressant de constater que le rapport entre le petit et le grand iPhone s’est inversé : alors que l’iPhone 6s et l’iPhone 6s Plus affichaient un DAS de 0,87 W/kg et 0,93 W/kg, l’iPhone 7 et l’iPhone 7 Plus sont mesurés à 1,38 W/kg et 1,24 W/kg.

Mais au fait, c’est quoi, le DAS ?

Le « débit d’absorption spécifique » indique le taux auquel l’énergie d’un champ électromagnétique dans les radiofréquences est absorbée par les tissus humains, exprimé en watt par kilogrammes. Le DAS est notamment utilisé en médecine, pour mesurer l’exposition pendant un examen IRM par exemple, et en téléphonie, pour mesurer l’exposition pendant l’utilisation d’un téléphone portable.

Cette mesure diffère selon le type d’appareil et les normes employées. La plupart des pays anglo-saxons suivent les recommandations américaines, et mesurent l’exposition d’un gramme de tissu, alors que les pays européens mesurent sur dix grammes de tissu. En découlent deux normes, dont les mesures ne sont pas directement comparables :

  • la FCC et la plupart des régulateurs à travers le monde exigent que les téléphones possèdent un DAS inférieur à 1,6 W/kg ;
  • le CENELEC et les régulateurs européens exigent que les téléphones possèdent un DAS inférieur à 2 W/kg.

Ces mesures sont toutefois réalisées dans des conditions similaires : elles doivent simuler « les pires conditions d’utilisation dans toutes les bandes de fréquence » dans lesquelles l’appareil opère, pour citer les mots de la FCC. Seule la valeur la plus élevée, que l’appareil ne devrait jamais excéder en usage normal, est retenue.

Comment le DAS est-il mesuré ?

Les détails de la mesure du DAS varient selon la norme employée, mais le cadre général est le même partout. Le téléphone est d’abord configuré pour atteindre son plus haut niveau d’émission, puis placé dans une enceinte dédiée à la mesure des champs électromagnétiques. On y trouve des modèles standardisés de tête et de corps, remplis d’un gel « absorbant » les radiofréquences de la même manière que les tissus humains.

Le téléphone est placé dans diverses positions et à diverses distances des modèles, selon les spécifications des normes, et plusieurs mesures sont relevées à des points précis de la tête et du corps, là encore selon les spécifications des normes. Certaines mesures sont plus importantes que d’autres, car ce sont les deux mesures qui sont généralement communiquées au public :

  • celle réalisée contre la tête, qui simule une utilisation active, pendant un appel par exemple ;
  • et celle réalisée à 5 mm du corps, qui simule une utilisation plus passive, lorsque le téléphone est rangé dans une poche de veste par exemple.

Est-ce que cette mesure est fiable ?

Les mesures sont réputées fiables, mais il n’est pas certain qu’elles soient toujours représentatives. La mesure « près du corps » n’est sans doute pas aussi utile que serait une mesure « collée au corps », qui simulerait le rangement somme toute courant d’un téléphone dans une poche. Surtout, une « mesure du pire » n’est sans doute pas aussi utile que serait une moyenne d’exposition.

Les tests sont réalisés par les fabricants eux-mêmes, et sont rarement vérifiés par les autorités sanitaires. Même en partant du principe que les fabricants de téléphones sont plus honnêtes que les fabricants automobiles, l’opacité de la procédure pose problème, car elle occulte d’éventuels accidents statistiques et surtout empêche d’avoir une idée du niveau typique d’exposition lors d’une utilisation normale.

La valeur de 1,38 W/kg est donc purement indicative ?

Le DAS n’est rien d’autre qu’un indice. Il n’est pas inutile : il indique clairement que l’iPhone 7 peut émettre à une puissance bien plus élevée que ses concurrents et que la plupart de ses prédécesseurs. Mais il n’est pas l’alpha et l’oméga : il ne dit rien de l’avantage procuré par les antennes externes à reconfiguration dynamique employées par Apple, ou du bénéfice apporté par la détection de réseau assistée par Wi-Fi et GPS.

L’iPhone a toujours eu un DAS comparativement élevé, à l’inverse des smartphones de Samsung. Cette année toutefois, la palme revient à Huawei.

La FCC met d’ailleurs en garde contre la tendance à comparer les smartphones sous le seul biais du DAS, sans prendre en compte leurs spécifiés techniques et l’environnement dans lequel ils seront utilisés :

[…] les petites différences de DAS entre des modèles particuliers de téléphones ne sont pas un élément fiable pour comparer l’exposition des consommateurs aux radiofréquences, étant donné la variabilité de l’usage individuel.

L’endroit où vous utilisez votre téléphone, la manière dont vous le tenez, l’opérateur chez lequel il est connecté, et bien d'autres facteurs modifient considérablement votre niveau d’exposition. Le DAS ne rend pas compte de cette diversité des usages.

Donc l’augmentation du DAS de l’iPhone n’est pas vraiment grave ?

C’est… compliqué. Les effets des radiofréquences émises par les téléphones portables sont difficilement quantifiables : la littérature scientifique sur le sujet n’a pas d’avis arrêté, et les premières études épidémiologiques à long terme ne sont pas concluantes (et comment pourraient-elles l’être, alors que les normes cellulaires changent régulièrement, et que nous baignons dans les ondes radio à longueur d’année ?).

L’OMS résume la situation de manière laconique : « il n’a jamais été établi que le téléphone portable puisse être à l’origine d’un effet nocif pour la santé. » Mais tout le monde s’accordera pour dire qu’il vaut sans doute mieux limiter son exposition. L’« absence de certitude scientifique » ne doit pas empêcher le principe de précaution — au contraire, c’est sa principale motivation.

Mais alors, que faire ?

Le niveau d’exposition diminue en même temps que la distance à l’émetteur augmente : il vaut mieux ranger son iPhone dans son sac que dans sa poche. Le niveau d’émission est directement lié aux conditions de connexion : il diminue pendant un appel (puisque le téléphone est connecté au réseau), mais augmente sensiblement pendant un déplacement rapide (puisque le téléphone doit constamment changer de cellule).

Dans le train ou dans les zones mal couvertes, et évidemment la nuit, mieux vaut donc utiliser le mode avion. Évitez les étuis contenant des pièces métalliques, et dans l’absolu, vous devriez toujours utiliser votre casque pour…

…mais l’iPhone 7 n’a pas de prise jack !

À force de le répéter, on va finir par le savoir ! Apple n’a pas d’autre choix que de fournir « un accessoire permettant de limiter l’exposition de la tête aux émissions radioélectriques lors des communications » (article L34–9 du Code des postes et des communications électroniques), autrement dit un micro-casque. L’iPhone 7 est ainsi fourni avec une paire d’écouteurs Earpods à prise Lightning.

Tableau DAS iPhone
L’iPhone a toujours eu un DAS comparativement élevé, mais l’iPhone 7 atteint des sommets qui n’avaient pas été vus depuis l’iPhone 3G.

Dans le même temps, Apple incite fortement ses clients à couper le cordon, or les écouteurs Bluetooth émettent eux-mêmes des radiofréquences. L’expérience montre que les niveaux sont très faibles, mais avec une montre connectée au poignet et un smartphone en bandoulière, les chiffres s’additionnent.

Même si le DAS de l’iPhone 7 était plus bas, le futur sans fil voulu par la firme de Cupertino pose des questions de santé publique. Il serait de bon ton qu’Apple communique sur le niveau d’émission des AirPods, comme elle le fait pour l’Apple Watch et même pour les Mac récents, ne serait-ce que pour rassurer les utilisateurs les plus sensibles à la question.

avatar iVador | 

Excellent article merci !

avatar Gaillard | 

Oue mais ses pourri ses pas étonnant vous êtes des pigeon le das de iPhone vous grille tous le cerveau alors que chez Sammy ses pas le cas ( et me sorter pas la blague à 2 balles que Sammy nous grille le cerveau avec ses note 7 pck ses pourri et méchant )

avatar Smoky | 

Quel dommage que Samsung ne fournisse pas un correcteur orthographique aussi performant qu'Apple car là honnêtement ça m'écorche les yeux de lire (et d'essayer de comprendre) un texte comme celui que tu viens d'écrire...

Tu es sûr qu'il n'est pas déjà grillé le tien de cerveau ??

avatar r e m y | 

Il y a bien un correcteur orthographique sur Android, mais la dernière fois que Gaillard l'a activé, le processeur de son Samsung a littéralement fondu...

avatar Smoky | 

Mort de rire excellente celle-là :)

avatar dahutski | 

Pour griller, il faut en avoir un de cerveau !

avatar Arsenal Gear | 

Les DAS de "Sammy" a semble-t-il un effet nocif considérable sur ton orthographe.

avatar jerry75 | 

@Gaillard :
Je sais pas mais ce n'est pas rassurant de voir que toi aussi tu utilises un iphone. Je suppose que tu étais comme cela avant d'avoir un téléphone portable ? Parce que sinon la preuve est faite que le DAS t'as effectivement grillé les neurones ... pas rassurant tout ça !

avatar YAZombie | 

@Gaillard: La vache, dis donc, tu crois vraiment qu'avec cette écriture d'analphabète tu peux donner des leçons de quoi que ce soit et bénéficier de la moindre crédibilité? o0 Tu sais ce qu'on fait quand on écrit comme ça? On est humble.

avatar marc_os | 

@ Gaillard
Toi ton cerveau il est totalement grillé.
Je sais pas si tu a pris trop de DAS, mais ce que tu écris est quasiment illisible et par là même insupportable. J'ai abandonné à la moitié.
Comme on dit, « ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement ».
Tu ne dois pas capter grand chose vu comment tu écris.

avatar r e m y | 

@marc_os
"...Tu ne dois pas capter grand chose vu comment tu écris..."

Personne n'a jamais réussi à mesurer le DAS de Gaillard :-(

avatar Lecorbubu | 

@Gaillard :
Le troll volontairement truffé de fautes d'orthographes en plus de ne pas être amusant est consternant.

avatar bonnepoire | 

@Gaillard
Si tu as des samsoule, je pense que c'est plutôt ceux-là qui grillent les neurones. Sachouba est une autre pauvre victime.

avatar stefhan | 

Très détaillé l'article, merci MacG !

avatar frankm | 

En parlant de choses qui fâchent, qui s'est farci un dépannage en Apple Store. La formule a changé, non ?
- impossible de prendre un rendez-vous en ligne
- il faut aller très tôt à l'Apple store
- imaginez ceux qui arrivent de loin pour s'entendre dire qu'il n'y a pas le produit identique en stock
- et le exceptionnellement je vous accorde le changement de chargeur (bah oui merci j'ai pris un putain d'Apple care)

avatar Hercule Poirot | 

Ce symbole pour le note 7...

avatar LittleSushi | 

Je crois même que les mesures effectuées aux États Unis sont plus fiables, car ils mesurent 4 choses :
DAS tête
Das corps
Avec les mêmes résultats qu'en France
Puis rajoute le mode modem
Et le mode qui se rapproche le plus de l'utilisation sans fil cad 4g wifi Bluetooth
Corrigez moi si je me trompe

avatar Macuserman | 

Mouai. Suis radiologue. En IRM on en a rien à carrer du DAS.
Ça va finir par inquiéter les gens pour rien à forcer d'évoquer des grandeurs que personne ne connaît, ou ne comprend.

On a aucune augmentation de l'incidence des processus expansifs intracrâniens sur une étude australienne menée sur 20 ans. Les doses et les fréquences sont faibles.

Utilisez donc votre iPhone comme bon vous semble.

Mettez un casque en vélo, attachez vos ceintures, ne roulez pas bourrés et arrêtez de sur-sur-sur-saler les plats. Là ça sera utile.

avatar LittleSushi | 

@Macuserman :
Rien à voir, mais toi qui est radiologue, combien de radios mon corps peut encaisser dans une vie sans prendre de risque, certains médecins semblent en prescrire beaucoup trop, qu'en penses tu?
Merci

avatar Macuserman | 

@LittleSushi :

Impossible à dire. Ça dépend de ta corpulence, de tes antécédents aussi bien perso que familiaux, du type de radio, où quand comment. Mais les manip font tout ça très bien.

Si on prend comme référence une bête radio de poignet à disons 20kV ou Plus approprié, une RX Thorax simple il faut, d'après une très vieille étude, environ 8.000 radio pour déclencher 1 seul cancer du poumon (CBNPC). Le seuil chute à 1000 TDM (scanner) thoraciques simples. Mais Plus ça va moins les doses absorbées sont importantes et Plus les risques diminuent. C'est pour ça que le screening du K du poumon TDM Based est pas encore implanté en France alors qu'il y a d'énormes discussions (encore au dernier rendez-vous de l'AJR) aux States. Mais on s'éloigne.

En gros : le sacro saint rapport bénéfice risque de la radio est immensément en faveur de la radio.

avatar LittleSushi | 

@Macuserman :
Merci pour les chiffres ;-), c'est poumon sinus dans mon cas.

avatar Macuserman | 

@LittleSushi :
Je le permets quand même de mettre en doute l'intérêt de la radio des sinus qui est un examen hyper chiant à interpréter et dont les performances sont très très loin du scanner.

avatar LittleSushi | 

@Macuserman :
Moi aussi j'ai des doutes , c'est pour ça que je vais changer de médecin ;-)

avatar Manubzh | 

@Macuserman :
Ahahah c'est clair, c'est pas fiable, scanner pour tous

avatar LittleSushi | 

@A l'auteur de l'article
Voilà ce que disait l'oms en 2011, article du 01/06/11 du monde :

L'agence de recherche sur le cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué, mardi 31 mai, que l'usage des téléphones portables devait être considéré comme "peut-être cancérogène pour l'homme".
"Les preuves, qui continuent à s'accumuler, sont assez fortes pour justifier une classification au niveau 2b" – un des cinq niveaux de la classification qui définit des produits "peut-être cancérogènes pour l'homme"–, a estimé Jonathan Samet, président du groupe de travail.
Il s'exprimait à l'issue d'une réunion à laquelle ont participé pendant huit jours à Lyon une trentaine d'experts de quatorze pays sous l'égide du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/05/31/pour-l-oms-le-telephone...

avatar YAZombie | 

@LittleSushi: et voilà une critique mordante de l'étude Interphone sur laquelle se fondent les alarmistes lhttp://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1857
avec notamment ces petites phrases qui soulignent bien le manque de rigueur des débats sur le sujet:
"Pour les 5 sous-groupes constitués selon la durée cumulée des appels, ce n’est que dans celui des utilisateurs rapportant avoir téléphoné plus de 1640 heures qu’un risque significatif a été observé. Les auteurs [de l'étude] eux-mêmes expriment un certain scepticisme quant à ce résultat positif ; d’une part, parce qu’il n’apparaît que pour les utilisateurs « récents » (1 à 4 ans) et non pour les plus anciens ; d’autre part, parce que 38 cas déclarent téléphoner plus de 5 h par jour et 10 cas plus de 12 heures, ce qui leur paraît impossible." Les auteurs mettent d'ailleurs en question - avec des arguments - les témoignages de ces personnes, qui sont probablement des représentants ordinaires des risques statistiques moyens de gliomes.

Vraiment, sur ce sujet: il n'y a rien à voir.

avatar occam | 

La critique méthodologique que vous citez est justifiée.
Malheureusement, les erreurs conceptuelles et techniques de l’étude en cause ne sont pas exceptionnelles ; elles sont courantes dans ce genre de méta-analyse.

Cependant, André Aurengo commet lui-aussi, peut-être par raccourci, une confusion assez répandue entre la notion de “risk” et celle de “hazard”.

Exemples:
1- « Ses résultats, plus fiables que ceux des études « nationales », ne montrent aucun risque significatif de gliome ou de méningiome chez les utilisateurs réguliers d’un portable. »

2- « Aucun risque significatif de gliome n’a été trouvé pour les sous-groupes constitués selon l’ancienneté d’utilisation… »

La notion de « risque significatif » n’a aucun sens pour un lecteur non averti de la terminologie statistique sans que soit précisé le paramètre de comparaison déterminant le « seuil significatif » acceptable. Et encore, le plus souvent cela ne découle que du “p-hacking” et du “Null Hypothesis massaging”. Comme pour nombre d’études sur les risques cardio-vasculaires, ce genre d’argument n’est pas très informatif s’il ne prend pas en compte les “hazard factors” individuels, p.ex. prédispositions génétiques et facteurs environnementaux cumulatifs.

Quant à la conclusion :
« Mais les données disponibles sont de nature à rassurer l’immense majorité des utilisateurs…»
elle n’est simplement pas tenable. La rigueur n’est pas à sens unique.
Une étude de ce genre peut affirmer ne pas avoir détecté de corrélation statistiquement plausible entre un facteur postulé comme pathogène et l’incidence de la pathologie dans la cohorte observée comparée au groupe de contrôle. C’est ce qu’il faut expliquer. L’inférence inverse, selon laquelle l’absence d’association plausible sur l’échantillon impliquerait l’absence d’effet réel sur l’ensemble de la population, est logiquement et statistiquement infondée.
« The lady doth protest too much, methinks. » (Hamlet, III, 2)

avatar YAZombie | 

Si j'entends ta critique, il ne faut pas oublier que cet article n'a pas pour vocation d'être une contre-analyse, mais une vulgarisation - sur la base, tout de même, des critiques des auteurs de l'étude elle-même… Les précisions que tu demandes me semblent être plutôt de l'ordre de la revue scientifique, et donc pas de cet article.

En revanche, je ne comprends pas ta critique finale.
Une étude de ce genre peut affirmer ne pas avoir détecté de corrélation statistiquement plausible entre un facteur postulé comme pathogène et l’incidence de la pathologie dans la cohorte observée comparée au groupe de contrôle. C’est ce qu’il faut expliquer
C'est très clairement ce qui est expliqué dans le corps de l'article.

L’inférence inverse, selon laquelle l’absence d’association plausible sur l’échantillon impliquerait l’absence d’effet réel sur l’ensemble de la population, est logiquement et statistiquement infondée
La phrase "les données disponibles sont de nature à rassurer l’immense majorité des utilisateurs" ne me semble pas dire autre chose: les données actuelles n'indiquent strictement pas le moindre risque pour les utilisateurs "normaux". La science ne sachant pas démontrer l'innocuité, ta critique pourrait s'appliquer aussi bien aux risques de cancer dus à l'eau. Ou alors il y a qq chose que je ne comprends pas (je peux accepter ça). Mais dans ce cas, soyons plus précis: comment formulerais-tu cette phrase dans un article de vulgarisation?

avatar occam | 

@YAZombie :

« Mais dans ce cas, soyons plus précis: comment formulerais-tu cette phrase dans un article de vulgarisation? »

Simple. Si j'étais le rédacteur du site où cet article a paru, je couperais cette phrase. Carrément. Le reste de l'article tient debout sans qu'on ait besoin de “motherhood and apple pie”.

Une des grandes responsabilités de la pédagogie scientifique consiste à expliquer exactement ce qu'on peut dire, et ce qu'on ne peut pas dire. Le cas échéant, si l'on fait un travail de vulgarisation, il faut expliquer pourquoi on ne peut pas en dire plus que ce qui est étayé. Le propre de la science n'est pas de rassurer, mais d'aider à comprendre. Y compris les limites de ce qu'on peut affirmer, sur les bases des données disponibles.

avatar YAZombie | 

Je vois ce que tu veux dire. Je ne suis pas sûr d'être à 100% d'accord mais je comprends ton argument et en respecte la validité. Je suis partagé en raison des contre-vérités massivement diffusées par ailleurs (on en voit le résultat dans plus d'un commentaire, rien qu'ici), mais je reconnais que dans cet esprit la phrase prend alors un tour “politique” plus que scientifique.

avatar occam | 

@Macuserman :
S'agit-il de l'étude discutée dans ce survey de l'ARPANSA ?
http://www.arpansa.gov.au/radiationprotection/emr/literature/may16.cfm

avatar Macuserman | 

@occam :
Oui c'est celle là même. J'ai fait un peu de LCA dessus je l'ai trouvée très bien conduite.

avatar Paquito06 | 

@Macuserman :
J'ajouterais, se mettre une AW au poignet, enfiler une paire de sneaker et commencer a courir.
Bon sinon, une borne wifi c'est 20 fois moins eleve qu'un signal emis par l'iPhone, 30mW vs 600mW, (meme si je viens d'en compter 137 autour de moi, Manhattan oblige), et en prenant un metro surcharge avec des milliers de telephones/montres qui cherchent a capter en sous terrain, on peut pas trop y echapper. Saif en se retirant dans une grotte. YOLO.

avatar r e m y | 

@Paquito
Un bon bonnet en feuilles d'aluminium et tu es tranquille!

(sans oublier le slip dans le même matériau...)

avatar oomu | 

les appareils n'envoient pas des petits boulets qui vont tous vous toucher.

Ce sont des ondes radios, à une fréquence données : si y a masse d'appareils dans votre seule cabine de métro qui émettent tous en même temps sur toutes les fréquences (!) les machines se concurrençant sur les même fréquences ne créent pas une SUPER-onde qui s’additionneraient: elles se parasitent. Deux machines émettant sur la même fréquence à la même puissance ne font pas une "double-puissance".

Dans une telle situation, un seul appareil gagne, l'autre va cesser d'émettre, va déclarer que le réseau est mauvais (encombré), vous n'êtes exposé qu'aux seules fréquences émises par l'ensemble. .. Comme défini comme pire cas par les normes sanitaires (la plage totale des fréquences autorisé et niveau de puissance autorisé de la norme 3G/4G/Wifi)

bien entendu, le chapeau en alu rassure immédiatement et je conseille toujours aux gens de faire ce qui LES rassure, tant que ça ne fait pas de mal à autrui.

-
137 bornes wifi autour de vous: la plupart sont dans l'incapacité de faire leur job ("réseau encombré, fréquence utilisée, moi po pouvoir émettre si toutes fréquences être occupées nom d'une petite borne wifi")

Si on place 137 bornes dans UN seul voisinage, il faut les doter de la capacité de se synchroniser (un contrôleur) pour qu'elles n'émettent pas en même temps sur les même fréquences. Cela afin que ça soit UTILE ces conneries ! Autrement ça marche pas... ça fait pas double-puissance de ouf, ça fait la même puissance mais parasité, augmente le taux d'erreur et au final c'est un réseau nul qu'on abandonne.

avatar heret | 

Mouai. Suis radiologue. En IRM on en a rien à carrer du DAS.
Ça va finir par inquiéter les gens pour rien à forcer d'évoquer des grandeurs que personne ne connaît, ou ne comprend.

Même discours que mon cardiologue qui m'a dit, alors que je me plaignais des effets secondaires très négatifs d'un médicament, qu'il ne fallait pas lire les notices des médicaments. Cette réaction me conforte dans ce que je pense des docteurs en médecine.

avatar YAZombie | 

@heret: sauf qu'apparemment tu avais des effets secondaires réels (quoi que peut-être dus à un biais de confirmation?). Je te mets au défi de trouver dans la littérature scientifique des exemples d'effets négatifs réels de l'émission d'ondes non ionisantes sur des personnes (j'ai bien dit dans la littérature scientifique, parce des gens qui ressentent des effets négatifs près d'antennes pas encore mises en fonction, ça il y en a).
J'attends avec grande impatience.

avatar Macuserman | 

@heret :
Malheureusement tu compares deux choses qui n'ont rien à voir. J'expose simplement le fait qu'en radiologie (où on s'y connaît en ondes et consort) on utilisé Pas du tout ce genre de data parce que 1) c'est pas adapté au monde médical. Et que 2) les doses dont il est question sont ridicules et trop simplistes mais font peur de par leur incompréhension et de part la psychose gagnante autour du mot CANCER.

Pour mon confrère cardiologue, n'hésite pas à motiver un second avis si tu en es mécontent. Désolé pour toi ...

avatar jerry75 | 

@Macuserman :
Coucou ! Rien à voir avec le sujet, mais si tu es sur Paris, j'aurai bien besoin d'un RDV rapide ... c'est possible :-)

avatar Macuserman | 

@jerry75 :
Haha, désolé je suis dans la France d'en bas après avoir été dans la France de l'Est ^^

avatar oomu | 

@Macuserman

mais j'avais cessé les ziphons pour justement pouvoir sur-saler ma purée ! bouhouhouuuu...

avatar Manubzh | 

@Macuserman :
Coucou collègue, cest intéressant ce que tu dis, mais par contre il y a une similitude entre les ondes émises par un téléphone et celle d'une IRM (c'est une vraie question, je ne sais pas)
Parce que l'IRM est justement un examen non irradiant à la base, puisque c'est la mesure d'un signal (la résonance magnétique) appliqué par 2 champs magnétiques si je me souviens bien non ?

avatar murostuff | 

Faut-il s'inquiéter des publicités qui sort an tout bout de champ sur l'appli si on est pas premium ? Perso la pub se lance à chaque action, changement de page, retour à la page d'accueil, accès aux commentaires etc... à la fin ça devient fatiguant ! Je veux pas acheter la version premium !

avatar Mr_Antelux | 

@murostuff :
1 la pub est un poil trop invasive je trouve

avatar Rictusi | 

Utilise le site web...

avatar ios | 

Énorme le DAS du Note7 ^^

En espérant qu'il n'y ait pas de "téléphone Volkswagen (ou Renault)" dans les mesures de DAS

avatar Liena | 

@ios :
Si chez Volkswagen c'est même écrit dessus "Das auto"

avatar heret | 

9/10 ;)

avatar jojo5757 | 

@Liena :
Joli ! Bravo, mérite de figurer dans les commentaires de la semaine, respect !

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