L'IA et l'ultra-wideband vont s'inviter dans les objets connectés

Stéphane Moussie |

Bien que HomeKit et Alexa existent depuis 2014, et qu'ils aient été précédés par d'autres technologies bien avant, le marché de la domotique est « tout juste naissant ». C'est l'avis de Tyson Tuttle, CEO de Silicon Labs, l'un des principaux fournisseurs de puces pour objets connectés, dans une interview à EE Times.

Alors que le marché devrait croitre significativement dans les années à venir, Tyson Tuttle explique que son activité ne s'arrête pas quand les puces sont livrées aux fabricants : « Nos produits doivent être capables de prendre en charge de nouveaux logiciels et de nouveaux protocoles pour les 10 à 15 ans à venir. »

Image Silicon Labs

Une des avancées à venir dans l'internet des objets est l'intelligence artificielle, exécutée à même ces objets. C'est déjà le cas pour certaines caméras de surveillance, capables de reconnaître des visages en tirant parti d'un processus d'apprentissage automatique — Apple vient d'ailleurs de faire l'acquisition d'une start-up qui a conçu ce type d'IA.

Et cela va s'étendre à d'autres objets connectés, qui pourront « s'entraîner, s'actionner et être capable d'extraire des informations de leur environnement. » Silicon Labs prévoit de sortir des puces compatibles avec ces nouvelles capacités d'ici la conférence Works With Smart Home Conference qui aura lieu en septembre. Conférence durant laquelle le fournisseur va inviter sur scène « Google, Amazon et d'autres. »

Parmi les autres, il pourrait y avoir Apple. Tous ces acteurs se sont rassemblés récemment autour du projet Connected Home over IP (CHIP) qui vise à créer un nouveau standard améliorant l'interopérabilité des objets connectés. Un projet susceptible de faire décoller le marché en facilitant la vie des consommateurs comme des industriels.

Outre l'IA, un autre acronyme pourrait fleurir prochainement sur le marché de la domotique, c'est UWB, pour ultra-wideband. « Nous sommes intéressés [par l'UWB]. L'UWB devient plus intéressant maintenant qu'il fait partie des iPhone et des smartphones Samsung [ce n'est pas encore le cas pour Samsung, mais le fabricant a rejoint un consortium UWB l'année dernière, ndr] », déclare Tyson Tuttle.

Les iPhone 11 disposent en effet de cette technologie de transmission sans fil qu'ils utilisent uniquement dans le cadre d'AirDrop pour le moment, mais elle pourrait être mise à profit pour les futurs balises de géolocalisation AirTag.

Apple a d'ailleurs déposé une demande de brevet mentionnant l'ultra-wideband comme protocole de communication utilisable pour des prises connectées. La technologie servirait à déterminer la position et l'angle de chaque prise par rapport aux autres et par rapport à une télécommande. Imaginez un peu : on pourrait éteindre et allumer une prise en la pointant avec son iPhone.

« Pour être clair, cela ne veut pas dire que Silicon Labs va faire de l'UWB », temporise néanmoins son CEO. NXP, un autre fournisseur important, s'est, lui, bien lancé sur le marché de l'UWB en lançant sa solution ainsi qu'en créant le consortium FiRA pour promouvoir cette technologie.


avatar 7X | 

J'ai dans l'idée que CHIP ne sera pas "cheap". Avec la baisse du niveau de vie des classes moyennes, la domotique pourrait rester un produit de niche voir de luxe.

avatar armandgz123 | 

@7X

Pas sûr, si de nouvelles solutions plus intelligentes sortent (j’en attends pas mal des chinois qui sont bon sur les solutions smart).
Par exemple, un interrupteur directement connecté qui connecte automatiquement toutes les ampoules d’une pièce (plutôt que rendre chaque ampoule connectée...).

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