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Oracle se serait bien payé RIM ou Palm

À l'occasion du procès qui oppose sa société à Google, le CEO d'Oracle Larry Ellison a révélé qu'il avait à un moment envisagé de se lancer dans le marché du smartphone en faisant l'acquisition de Palm ou de RIM. Il aurait ainsi fait concurrence à Android, au centre de ce procès, ou à iOS, l'OS mobile de son bon ami Steve Jobs. Après plusieurs semaines d'étude du marché, cette idée s'est révélé « mauvaise » et sans grande pertinence financière ou concurrentielle, et a donc été abandonnée.

Spécialiste de la gestion de bases de données, Oracle est parfaitement étranger au marché du grand public et à celui de la téléphonie : une acquisition aurait été un moyen d'acquérir ces compétences. RIM, société sans doute assez proche d'Oracle dans son cœur de métier, aurait été à l'époque considéré comme trop cher. Palm a quant à elle été achetée par HP, qui s'est depuis retiré du marché. Oracle aurait aussi réfléchi à un partenariat, notamment avec… des fabricants de smartphones sous Android, dont Samsung.

Le juge en charge du dossier a tenu à préciser que ce procès ne devait pas se transformer en bataille « Java contre Android. » Larry Ellison a pourtant été fidèle à sa réputation et a adopté une stratégie très agressive, indiquant qu'il a tenté à de multiples reprises de convaincre Eric Schmidt et Larry Page d'adopter une version de Java « compatible avec la version standard ». Larry Page, le CEO de Google, a d'ailleurs confirmé que sa société avait bel et bien envisagé la possibilité de licencier Java. Avant de finalement travailler sur sa propre version, au cœur de cette bataille de propriété intellectuelle (lire toute l'actualité de l'affaire Oracle v Google).

[Via WSJ et Reuters]

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Dans les petits secrets d'Android

La procédure qui oppose Oracle à Google est décidément riche d'enseignements. Un nouveau document interne à Google a été rendu public dans le cadre de cette procédure, et illustre ce que beaucoup soupçonnaient.

Le document en question pose les bases du modèle économique d'Android, répondant notamment à la question "Si on le distribue gratuitement, comment s'assurer d'en tirer un bénéfice ?", et deux points en particulier retiennent l'attention :

  • Il ne faut pas développer ouvertement, mais au contraire ne rendre le code source disponible qu'une fois que l'innovation est terminée

  • Mener la conception des appareils : Donner un accès préliminaire au logiciel à des partenaires qui fabriquent et distribuent des appareils suivant nos spécifications (c'est à dire Motorola et Verizon). Ils obtiennent un avantage non-contractuel avec une mise sur le marché en avance, et en échange ils s'alignent sur notre standard
  • skitched

    Naturellement, ce document date de bien avant l'acquisition de Motorola par Google, il ne s'agit donc pas de favoriser les téléphones propres de Google, cependant il pose clairement les bases de partenariats à deux vitesses pour les fabricants de téléphone et les opérateurs téléphoniques. L'utilisation de ce système d'exploitation n'est donc résolument pas sans contrepartie pour les fabricants. Certes, ils peuvent faire le choix de passer outre les exigences de Google, mais doivent payer le prix de cette liberté avec un désavantage commercial face à ceux qui s'y conforment. D'autre part, l'ouverture proverbiale d'Android montre ici une limite de plus : les contributions au système ne se font qu'a posteriori, Google conservant l'exclusivité et la mainmise sur le développement et la direction d'Android.

    Source : FOSS Patents

    

    Oracle taxe Google d'irresponsabilité

    Florian Müller, le spécialiste de la propriété intellectuelle qui suit de près l'évolution de l'affaire opposant Oracle à Google remarque que les esprits (re)commencent à s'échauffer. Dans un mémo à l'adresse de la cour en charge de l'affaire, Oracle affirme que Google cherche à ralentir les débats, et l'accuse de la plus grande irresponsabilité vis-à-vis de ses partenaires.

    Bugdroid

    Le 2 février dernier, Google se plaignait du fait qu'Oracle l'attaque directement. L'hypothèse d'Oracle est simple : elle considère que Google viole la propriété intellectuelle d'Oracle sur plusieurs points dans Android ; Google contrôlant la marque déposée Android, gérant le développement de l'OS et imposant des règles, elle est responsable de ce problème ; Google doit donc vérifier que ses partenaires n'ont pas été « contaminés » par cette violation. Google considère cette procédure comme un « fardeau » auquel elle n'a pas à se plier.

    « Oracle formule l'hypothèse que du code Android dans le dépôt public a été implémenté et/ou utilisé par des acteurs tiers. […] Oracle n'a fourni aucune preuve de ce qu'elle avance. » explique Google, qui précise qu'elle n'est pas responsable du comportement de ses partenaires : « depuis au moins le 4 octobre 2010, Google a averti Oracle que les "développeurs sont libres de modifier le code source de la plateforme Android pour répondre à leurs besoins spécifiques" ».

    Pas de quoi convaincre Oracle, qui a répondu le 7 février : « Google en sait beaucoup plus sur la manière dont Android est implémenté et utilisé qu'elle ne veut bien le dire. Par exemple, Google interdit l'utilisation de la marque déposée Android si l'appareil n'est pas considéré comme "compatible Android" ». En effet, un fabricant ne peut théoriquement pas utiliser la marque Android s'il ne répond pas à un cahier des charges prédéfini. Google n'autorise pas non plus la modification de nombreux aspects de son implémentation de Java dans Android. Bref, la firme de Moutain View aurait beau jeu de repousser du dos de la main ces objections : Google contrôle Android.

    Pire, selon Oracle, cette conduite est simplement irresponsable : « ayant atteint son objectif, Google veut poignarder ses partenaires et ses utilisateurs dans le dos, feignant l'ignorance ». Oracle attaque ainsi frontalement la firme de Moutain View sur un point qui avait déjà été soulevé : Google ne fournit aucun soutien judiciaire à ses partenaires, et mieux s'en lave même les mains (lire : Android au cœur de la tourmente judiciaire). Un élément d'insécurité qui pourrait jouer des tours à Google : RIM aurait par exemple choisi de ne pas utiliser la machine virtuelle Dalvik à la lumière de l'affaire Oracle-Google (lire : BlackBerry PlayBook : des apps Android, mais pas Dalvik).

    

    Code copié dans Android : l'affaire continue

    Il y a quelques jours, Florian Müller affirmait avoir trouvé 43 fichiers dans le code d'Android qui violaient potentiellement la propriété intellectuelle de Sun/Oracle sur Java (lire : Oracle/Google : Android contiendrait du code copié de Java). La découverte de l'Allemand, spécialiste de la propriété intellectuelle passé par Blizzard et MySQL, a provoqué de nombreuses réactions (lire : Code copié dans Android : quelques précisions). Müller remet aujourd'hui le couvert, répondant à ses critiques en affirmant que ces fichiers se retrouvent aussi dans les versions d'Android des différents fabricants.

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    Code copié dans Android : quelques précisions

    Hier, Florian Müller publiait neuf documents PDF pour un total de 46 pages, documentant sa thèse selon laquelle Android contenait 43 fichiers qui seraient directement du code copié du code de Java (lire : Oracle/Google : Android contiendrait du code copié de Java). Cette accusation, qui s'est répandue comme une traînée de poudre, a provoqué de nombreuses réactions, dont des réfutations. Nous vous proposons quelques précisions pour mieux comprendre cette affaire épineuse et complexe.

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    Oracle/Google : Android contiendrait du code copié de Java

    Selon Florian Mueller de FOSS Patents, Android contiendrait 43 fichiers qui seraient directement copiés du code de Java. Cette découverte intervient alors qu'Oracle a attaqué Google en justice, pour avoir « sciemment, directement et de manière répétée violé la propriété intellectuelle d'Oracle afférant à Java » et parce que l'implémentation de Java faite par Android ne respecte pas le standard et serait faite sans licence officielle (lire : Oracle attaque Google en justice).

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    Dans le cadre de cette affaire, Oracle avait fourni un extrait de code source d'Android reprenant du code de Java. Mueller aurait trouvé six fichiers qui contiendraient une copie directe du code de Java 2 Standard Edition (J2SE). Les fichiers auraient été extraits par décompilation et seraient présents dans Android 2.2 Froyo et 2.3 Gingerbread. De plus, Android contiendrait 37 fichiers portant la mention « PROPRIETARY/CONFIDENTIAL » et accompagnés par un fichier affirmant le copyright de Sun et portant la mention « DO NOT DISTRIBUTE! ». L'ensemble de ces fichiers serait donc dérivé d'un travail sous copyright de Sun/Oracle : Google les aurait copiés et redistribués sous une nouvelle licence (Apache).

    Attention cependant à ne pas sauter trop vite aux conclusions : on ne sait pour le moment pas si Google n'a pas par exemple de droits de licence sur ces fichiers, malgré les désaccords opposant la firme de Moutain View à Oracle. Mueller remarque cependant que Google n'a pas répondu à l'attaque d'Oracle sur le terrain judiciaire, ce qui serait un aveu de faiblesse (lire : Google en position de faiblesse sur les brevets). Reste que la violation présumée du droit d'auteur de Sun/Oracle risque de faire grand bruit, bruit amplifié par le discours de défense de Google, qui se place en défenseur de l'open-source (lire : Java : Google répond à Oracle).