Scott Forstall rompt le silence pour les 10 ans de l'iPhone

Mickaël Bazoge |

Débarqué d’Apple après la débâcle du lancement de Plans dans iOS 6, Scott Forstall s’est depuis muré dans le silence. Celui qui était vice-président d’Apple pour iOS s’est lancé dans une nouvelle carrière étonnante, la production de comédies musicales à Broadway, où il connait d'ailleurs un grand succès.

À l’occasion des dix ans de l’iPhone, Scott Forstall a bien voulu répondre à quelques questions durant une conférence organisée par le musée de l’histoire de l’informatique de Mountain View, en Californie. Interrogé par le journaliste John Markoff, l’intervention de Forstall est précédée d’une discussion avec d’anciens membres de l’équipe de développement de l’iPhone (Hugo Fiennes, Nitin Ganatra et Scott Herz).

Celui qui fut l’architecte du système d’exploitation mobile d’Apple a multiplié les anecdotes sur l’origine de l’iPhone et de l’iPad, la conception de ces appareils, sa relation avec Steve Jobs, et bien d’autres encore. Florilège.

Scott Forstall ne porte pas la même chemise que durant la WWDC 2012 (ici sur cette photo), même si elle est très similaire : « J’en possède plusieurs qui se ressemblent ». Cliquer pour agrandir

Microsoft sent le poisson

Au tout début de sa carrière dans le petit monde de l’informatique, en 1992, Scott Forstall approche Microsoft, où il avait été stagiaire, et NeXT. L’entretien d’embauche avec Steve Jobs dure une poignée de minutes, avant que le fondateur d’Apple ne lui glisse qu’il va recevoir une proposition qu’il ne saurait refuser. Forstall prévient alors Microsoft qu’il a trouvé un emploi ailleurs.

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Quelques temps plus tard, il reçoit chez lui un colis contenant… un gros poisson. « Je savais que ça venait de Microsoft, il y avait l’adresse de retour sur la boîte », s’amuse-t-il. Il contacte alors les ressources humaines de l’éditeur, qui lui explique alors la raison de cet envoi incongru (« Vous savez, j’ai déjà vu des films de mafia »).

Le recruteur lui répond qu’il voulait lui envoyer quelque chose qui allait lui manquer de Seattle, là où est basé le QG de Microsoft. « [Microsoft] pensait que j’allais changer d’avis parce qu’il n’y a aucun poisson dans la Bay Area [de San Francisco] ! ». Ce soir là, Forstall fait un barbecue.

De la tablette…

Scott Forstall revient sur la conception de l’iPhone qui au départ était une tablette. « Tout a commencé parce que Steve Jobs détestait ce gars de Microsoft (…) À chaque fois que Steve rencontrait ce type, il revenait énervé ». Un jour, cette personne affirme au patron d’Apple que Microsoft va tout casser avec ses tablettes et le stylet. Le lundi suivant, Steve Jobs vient au bureau avec une idée : « Montrons-leur comment il faut vraiment faire les choses ».

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Jobs est persuadé que le stylet n'est pas la solution. « On le perd, c’est encombrant, alors que nous avons dix stylets toujours sur nous », explique Forstall en montrant les dix doigts de ses mains. « Je possédais des appareils à utiliser avec un stylet, et je détestais ça ». Steve Jobs veut d’une part un écran capacitif (à l’époque, les dalles étaient résistives et il fallait appuyer fort dessus) et multi-points.

Un prototype d’iPad datant de 2005.

Le premier prototype tient sur une « table géante », il y a un projecteur au plafond et on peut déplacer une photo sur la table avec le doigt. « Dès qu’on avait vu ça, on savait que c’était ce qu’il fallait faire. C’était cool ».

… au téléphone

Le développement de l’iPhone passe par la reconnaissance du fait qu’Apple bascule du monde de l’informatique (« Apple Computer Inc ») à celui d’entreprise d’électronique grand public (« Apple Inc »). L’iPod et son succès phénoménal étaient passés par là. « Nous étions toujours en train de nous demander, qu’est-ce qui peut remplacer l’iPod ? ». Le produit qui revient sans cesse, c'est le téléphone. « L’idée, c’était que le téléphone allait cannibaliser l’iPod ».

Le prototype Wallaby, branché à un Power Mac G3 afin de simuler la partie matérielle de l’iPhone.

Le téléphone, c’est une chose intéressante pour la communication évidemment, explique-t-il, mais cela rend les gens angoissés, nerveux. Alors que lui et Jobs ont leurs téléphones en main, ce dernier demande : « est-ce que tu penses qu’on peut prendre la démo de la tablette, avec la même technologie multi-touch, et la réduire suffisamment pour qu’elle tienne dans la poche ? ».

De retour auprès de l’équipe en charge du design, Forstall explique la vision de Jobs. On lui présente alors une démonstration simple, la navigation dans une liste de contacts sur une surface qui tient dans la main. « C’était magique, on appuyait sur un nom et la fiche du contact apparaissait ».

« Après cette démonstration, on savait que c’était ce qu’il fallait faire. C’était cela le téléphone que nous voulions. Steve a vu ça et il a dit : “mettez le projet tablette sur pause, et construisons un téléphone basé sur le multi-touch” ».

Cingular est dans la place

Le seul problème, quand on développe un téléphone, c’est qu’il faut s’y connaitre un peu en téléphonie. Or, ce n’est pas du tout le cas de Scott Forstall (« le premier SMS que j’ai envoyé, c’était depuis mon iPhone »), ni même d’Apple. C’est pourquoi le constructeur cherche des partenaires auprès des opérateurs. « Est-ce que nous devenons un MVNO [un opérateur virtuel] ? Est-ce que nous achetons des fréquences ? (…) Nous avons donc rencontré des opérateurs ».

L’expérience n’est guère concluante. « Les opérateurs rencontrés à l’époque pensaient que les constructeurs étaient horribles. Horribles dans l’expérience utilisateur, horribles dans la cohérence [des produits]… Ils nous ont donné des centaines de pages d’exigences à remplir : voici tout ce que votre téléphone doit faire ».

Refroidi par cette montagne de spécifications, Apple décide alors de laisser les opérateurs gérer le réseau. Pour le reste, c’est-à-dire le matériel, les opérateurs «  n’ont pas à savoir ce que nous faisons ». Tout ce que le constructeur veut, ce sont juste les différents points techniques à respecter pour accéder au réseau.

Quelques “smartphones” d’avant l’iPhone.

Aucun opérateur ne se montre réellement intéressé par un tel deal, à l’exception de Cingular. L’entreprise, qui allait devenir AT&T, accepte de laisser Apple construire son téléphone et va s’assurer qu’il fonctionne sur son réseau (l’histoire a démontré plus tard que l’iPhone éprouvait durement ce réseau). C’est un pari, Cingular n’ayant aucune idée de ce qu’Apple a en tête. « Nous n’avions encore rien démarré », sourit Forstall en se remémorant l'épisode.

Cela n’empêche pas Cingular de faire des propositions, comme d’ajouter un bouton dédié à l’e-mail… « On va y réfléchir », répond Forstall, « peut-être que nous ajouterons ça quelques mois après le lancement du téléphone ». L’opérateur commence alors à imaginer qu’Apple développe… un « Lego Phone ». « Les gens iront au magasin, où ils pourront acheter un petit morceau de plastique à brancher sur le téléphone pour lancer un logiciel d’e-mail ! ». À cette idée, Scott Forstall rétorque simplement : « Oh, vous pensez ce que vous voulez penser »…

Le Wi-Fi gratuit du Four Seasons

En décembre 2006, un mois avant de présenter officiellement l’iPhone, Steve Jobs et Scott Forstall s’envolent pour Las Vegas rencontrer les dirigeants de Cingular/AT&T. L’objectif est de réaliser une démonstration de l’appareil, car après tout l’opérateur va être le distributeur exclusif du smartphone aux États-Unis. Forstall se déplace avec une mallette métallique contenant quatre prototypes.

Avant d’arriver à l’hôtel Four Seasons, Scott se demande si la réception cellulaire sera suffisante pour effectuer ses démonstrations. Il décide, pour être certain de faire son effet, de les réaliser en Wi-Fi. « Et soudain je pense que l’hôtel facture le Wi-Fi. J’appelle l’hôtel et vu que je ne peux pas dire que je suis d’Apple, je me fais passer pour un dirigeant de Cingular : “je dois faire une démo de ce nouvel appareil, et j’ai besoin du Wi-Fi. Merci de faire en sorte que le Wi-Fi soit gratuit dans la suite [où se dérouleront les démos], pour que je puisse m’y connecter” ».

Mais il y a un problème. Le Four Seasons et le Mandalay Bay partagent en effet un seul point de connexion à internet pour les deux hôtels. La gratuité du Wi-Fi dans une suite signifie la gratuité partout, dans les deux établissements ! Forstall dit alors au Four Seasons : « Eh bien voilà, vous avez trouvé la solution ! ». L’hôtel accepte sous la pression, Scott faisant bien comprendre qu’AT&T est un gros client.

Juste avant de réaliser sa démonstration, l’iPhone se connecte instantanément au Wi-Fi du Four Seasons. Le succès est total, les dirigeants de l’opérateur sont emballés. Trois jours après la présentation, un employé du Four Seasons appelle Forstall : « S’il vous plait, est-ce que je peux de nouveau facturer l’accès Wi-Fi ? Nous avons perdu des dizaines de milliers de dollars ! ».

Les premiers tests de l’iPhone

En 2007, à la sortie de l’iPhone, les testeurs n’avaient pas compris de quoi il retournait. Ils comptaient le nombre de “clics” pour réaliser une action. « Pour envoyer un e-mail, il fallait faire six clics, ou quelque chose comme ça ». L’iPhone était comparé aux autres téléphones de l’époque, mais le smartphone d’Apple « changeait complètement le paradigme, il modifiait totalement la manière dont les choses devaient être faites ». Il ne s’agissait pas de compter le nombre de tapotements, mais de faire en sorte que quiconque puisse utiliser l’appareil. Pas besoin d’un diplôme de droit comme pour un BlackBerry, illustre-t-il.

Pour le reste, Forstall ne se sentait pas concerné par ces premiers tests. « J’avais utilisé l’iPhone. Je savais que c’était génial. Les tests n’avaient aucune pertinence pour moi car nous avions un bon produit ».

Au moment du développement de l’iPhone, l’appareil n’était alors utilisé qu’à l’intérieur du campus. Forstall décide d’en prendre un avec lui, avec la bénédiction de Steve Jobs… Même si lui aussi, voulait l’utiliser en dehors du bureau. « La configuration était un peu lourde, ça l’aurait ennuyé », explique Forstall. Le premier jour où il a pu se balader avec un prototype en poche, il était « terrifié ».

Une fois chez lui, il s’est mis à utiliser l’iPhone partout dans la maison. « Ça n’était pas du travail, c’était à chaque fois fantastique. Je savais que cela allait fonctionner ». Les mois passent et Steve Jobs n’en peut plus, il exige lui aussi d’avoir un iPhone. « Quelqu’un lui configure alors un téléphone, on était les deux seules personnes à utiliser l'iPhone. [Jobs] m’appelait tout le temps ! On était un samedi matin à 11 heures, il m’appelle et il me dit : “on a des invités à la maison, ils m’ennuient, je suis dans la salle de bains” ! »

Steve Jobs et la maladie de Scott Forstall

Interrogé sur sa relation avec Steve Jobs, Scott Forstall décrit un homme « unique », « intense ». « J’ai rencontré pas mal de grands dirigeants dans le monde, et je peux vous dire, par expérience, manger avec ces dirigeants est plus relaxant que les déjeuners du mardi avec Steve ». Jobs poussait les personnes qui travaillaient avec lui à donner le meilleur.

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Tout cela est connu, mais Scott Forstall partage une histoire particulière qu’il a vécue avec Steve Jobs, et qu’il n’avait jamais raconté auparavant en public. Le fondateur d’Apple savait faire preuve de beaucoup de compassion pour ses amis et ses proches. « Il m’a sauvé la vie », raconte-t-il. Pendant le développement de Mac OS X et avant l’iPhone, Forstall tombe malade suite à la propagation d’un virus dans l’école de ses enfants. Il vomit constamment, pendant une semaine, deux semaines, et ça n’en finit pas.

Pendant cette épreuve où Scott perd beaucoup de poids, Jobs l’appelle chaque jour pour prendre de ses nouvelles. Rien ne fonctionne pour guérir, pas même les bons conseils de Steve (« Tu dois manger tel type de pomme »), mais rien n’y fait. Il vomit toutes les vingt minutes. « Je suis allé à l’hôpital, mais ils n’ont rien trouvé ». Finalement, Forstall est fixé sur son sort : il est atteint d’un virus très rare, « sept cas toutes les décennies ».

« Je suis en train de mourir », poursuit-il. « Je ne pouvais plus parler, Steve parlait à ma femme. Je vomissais toutes les cinq minutes, je voulais mourir (…) Je voulais me casser un doigt pour ressentir de la douleur, autre chose que des nausées ». Scott était alors nourri par intraveineuse, « j’étais en train de disparaitre ».

Après deux mois de survie dans cette situation, un soir vers 22h, « Steve m’appelle et il me dit : “je connais la meilleure acupunctrice au monde. Elle va te soigner” ». Il n’avait jamais essayé l’acupuncture, mais il était prêt à tester n’importe quoi pour se sentir mieux. À l’époque, Forstall était à l’hôpital et il fallait donc que l’acupunctrice puisse venir jusqu’à lui. Si l’établissement le refusait, Jobs a assuré qu’il dédierait une aile entière de l’hôpital de Stanford rien que pour ça !

L’acupunctrice arrive finalement vers minuit. Scott lui demande s’il doit croire en cette spécialité. Elle lui répond que ça n’a aucune importance. « Immédiatement, les nausées disparaissent. Pour la première fois en deux mois, je ne vomis pas pendant huit heures ». Le traitement se poursuit et il ne vomit plus du tout. Le lendemain, il sort de l’hôpital, l’acupunctrice revient et peu de temps après, il retrouve de l’appétit. Et ainsi de suite jusqu’à la guérison. « J’étais en train de mourir et Steve m’a fait rencontrer cette personne, et je lui suis redevable ».

Siri — « Quand j’ai vu Siri [fonctionner] pour la première fois, je n’y ai pas cru, je pensais que ça ne serait possible que dans vingt ans ». Quand il était malade, Steve Jobs adorait parler à Siri quand il était trop fatigué pour écrire.

Le skeuomorphisme dans toute sa splendeur (ou pas), ici dans Game Center sous OS X — Cliquer pour agrandir

Skeuomorphisme — On a souvent attribué à Forstall l’aspect skeuomorphique d’iOS. « C’est un mot horrible, skeuomorphisme ! ». Dans son travail de designer, il cherche d’abord la facilité d’usage, le fait que le produit soit agréable, amusant, compréhensible, qu’on ne soit pas obligé de lire un mode d’emploi. « Chez Apple, on parle de design “photoréaliste”, métaphorique, fiable (…) Ça ne signifie pas pour autant que tout soit réussi. Il y a des choses pour lesquelles je suis moins fan ».

La mort de Steve Jobs — « Cela va vous surprendre, mais sa mort m’a surpris. C’était comme si il allait toujours être ici. (…) J’étais dévasté. Je me sentais si proche de lui ». Jobs était aussi quelqu’un d’amusant ; « il voulait toujours payer au Caffe Macs [la cafétéria du campus], ça me mettait dans l’embarras, je pouvais me permettre de payer les 8 $ de mon déjeuner ! ». Arrivé à la caisse, Jobs passait son badge et la somme était prélevée directement sur la feuille de paie. Or, le patron n’était rémunéré qu’1 $ par an… Il disait : « Je ne sais pas qui paie pour ce badge ! ».

AR/VR — La réalité augmentée est « très intéressante » pour Forstall, mais seulement si le form factor du produit AR a du sens. Si ce n’est pas le cas, alors cette technologie ne percera pas.

L’avenir — Pas de projet technologique pour Scott Forstall, du moins pas dans l’immédiat. Il donne des conseils à des start-ups, il continue son activité de producteur de comédies musicales, mais « je ne suis pas en train de concevoir quelque chose ».

avatar nabaztag | 

Intéressante rétrospective de Scott Forstall sur sa courte carrière chez Apple ponctuée d'anecdotes qui confirment la stature hors norme de son légendaire PDG, Steve JOBS ...
dommage que Forstall n'ait pas su relever le défi de Plan qui a eu raison de son poste font il fut évincé sans ménagement, aucun...

avatar minipapy | 

À mon avis, Plans n'a été qu'un prétexte. Les vraies raisons de son renvoi sont plus complexes (incompatibilité Ive/Forstall ? rapport de domination avec Tim Cook ?).

avatar reborn | 

@minipapy

Non Cook lui faisait confiance, avant le fiasco de plan. La mission de Cook c'est d'abord de faire en sorte qu'Apple fonctionne harmonieusement.

Si il y avait bien un mec à canaliser c'est lui, à cause de ce qu'il est devenu.

avatar bonnepoire | 

Je suis également convaincu que Forstall gênait certains. Il était aussi autoritaire que Jobs qui lui laissait beaucoup de libertés. Son travail est réellement impressionnant et Apple lui doit son succès autant qu'aux designs de Ive et aux visions de Jobs.

Cook n'est pas capable de faire perdurer ce feu sacré. .

avatar Doctomac | 

"Intéressante rétrospective de Scott Forstall sur sa courte carrière chez Apple ponctuée"

Courte carrière ?

avatar Mac13 | 

Ah... les anecdotes sont les trésors des communications...

avatar Arkos | 

Je lui souhaite la réussite dans sa nouvelle carrière !!

avatar powergeek | 

Le passage sur Steve Jobs est vraiment émouvant...

avatar iPop | 

@powergeek

Oui, je trouve aussi.
Ca ma même donné l'envie de revoir la Keynote

avatar reborn | 

Bon débarras, iOS faisait du surplace coincé dans les dogmes "Jobsien"

avatar Powerdom | 

Je ne sais pas qui paie pour ce badge ?
Excellent

avatar Ginger bread | 

Quelle gageure qu il soit parti.
Un gars qui donne le meilleur de lui meme.

avatar Malum | 

Connaissez-vous le sens de gageure ? Je ne comprends pas le sens que vous lui donnez ici.

avatar NymphadoraTonks | 

Intéressante reconversion, de la high tech au monde de l'art. Quoique les deux sont souvent liés.

avatar Remords Sincères | 

Faire perdre des milliers de dollars à des hotels pour pas payer le Wifi......
Apple, champions de la pingrerie et de l'avarice depuis 2006.

avatar deltiox | 

@Remords Sincères

Oui mais en même temps, facturer le wifi quand on connaît les prix des hôtels four Seasons
A pingre, pingre et demi

avatar niicoo76 | 

@Remords Sincères

Ne pas oublier qu'à ce moment l'iPhone n'était pas sorti. Apple n'était pas la même qu'aujourd'hui financièrement

avatar Mickaël Bazoge | 
De plus, je peux me tromper mais à l'époque, ça devait pas être évident de se connecter à du Wi-Fi payant depuis un iPhone (en plus un proto au logiciel pas finalisé).
avatar MarcMame | 

@MickaëlBazoge

Il paraît évident que ce n'était pas un pb d'argent mais de connexion rapide et immédiate.

avatar VanZoo | 

@Remords Sincères

Tu n'as pas lu l'article ?

avatar jeserkrugger | 

@Remords Sincères :
Je pense que c'était peut être aussi une raison technique... pas de possibilité de saisir une cb ou autres l'époque. On parle de prototyoe

avatar marc_os | 

@Remords Sincères :
T'as tout compris. :/

avatar narugi | 

Comme quoi la médecine alternative peut avoir des effets incroyables.
J'en reviens pas des effets que ca a pu avoir sur cet homme alors même que la médecine traditionnelle le condamnait...

avatar Remords Sincères | 

Faut croire que ça fonctionne pas sur les maladies sérieuses comme le cancer du pancreas par contre. Jobs a refusé pendant 9 mois une opération pour retirer sa tumeur pour se soigner qu'avec des plantes et de l'acupuncture, et quand il a compris qu'elle progressait (parce qu'une soupe aux orties et 3 aiguilles dans le pieds font rarement des miracles), a décidé de se faire opérer

Sans la médecine moderne, il était mort en 2005.

avatar occam | 

@Remords Sincères

Fort plausible.

On peut même penser que les accès de « pensée magique » et de mysticisme qui faisaient parfois le charme incongru de Jobs aient facilité les ravages de la maladie en retardant une opération qui aurait pu être effectuée à temps.

Dans l'interview que son biographe Walter Isaacson donna à « 60 Minutes » après la mort de Jobs, il disait :
« We talked about this a lot. He wanted to talk about it, how he regretted it….I think he felt he should have been operated on sooner… He said, ‘I didn’t want my body to be opened…I didn’t want to be violated in that way.' »

Un jeune chirurgien oncologiste de Harvard, Ramzi Amri, a encaissé pas mal de flak à l'époque pour avoir été le premier à expliquer en termes très crus pourquoi l'attachement de Jobs aux « médecines alternatives » à un stage crucial de sa maladie a probablement signé son arrêt de mort :
https://www.quora.com/Steve-Jobs/Why-did-Steve-Jobs-choose-not-to-effect...

En ce qui concerne la maladie de Scott Forstall, nous ne disposons pas de détails cliniques, de diagnostic, de dossier médical.
Pour l'instant, nous n'avons que son récit.
En vue des antécédents, sauf complément d'information, je suis sceptique.

avatar Elmediterraneo | 

L'Apple de Jobs et Forstall c'était quelque chose. En tout cas si un jour Apple est dans la mouise et que Cook, Ive et Schiller ne sont plus la c'est Forstall qu'il faut rappeler comme Jobs en 1997.

avatar ovea | 

Il a totalement raison sur AR.
Sur l'iPhone c'est encore de la recherche pour une technologie bien mise en forme.
D'ailleurs avec la caméra avant et arrière, ça va finir par fusionner, tant le pointage avec un champ aussi réduit et coupé en deux manque d'ergonomie.
Une caméra AR 360° en haut de l'écran changera beaucoup la donne.

avatar pocketalex | 

article PASSIONANT

je l'ai dévoré, merci MacG

avatar colossus928 | 

Superbe synthèse. Merci !

avatar VanZoo | 

S.Jobs a choisi T.Cook, pas Forstall !

avatar Bruno de Malaisie | 

Merci pour l'article!!!!
Passionnant comme très souvent.
De plus, de la part d'un des membres de la garde rapprochée de Steve Jobs que l'on n'a pas entendu depuis son éviction d'Apple.

avatar NAVY7GAS | 

Il y'a des articles qu'on retarde sa lecture car on sait qu'il sera passionnant ; on le garde pour quand on est libre et confortablement prêt à le lire.

Le passage avec Steve Jobs est émouvant c'est vrai.
Cet article nous fait penser que Jobs et Forstall n'étaient pas des personnalités tels qu'on pourrait l'imaginer. Aucuns passages négatifs, ou l'écriture et son interview étaient sincères ou tout est policé pour ne pas déranger à l'histoire de la marque. Je ne sais pas et au fond je ne veux pas le savoir, je ne veux garder que le meilleur de cette épopée.

avatar marc_os | 

@NAVY7GAS :
« il y a des articles qu'on retarde sa lecture ». Ah la la. :-(

avatar leber726 | 

"il y a des articles qu'on retarde sa lecture dont auquel", moi j'aurais dit.

avatar NAVY7GAS | 

Sinon j'espère qu'à l'approche de cet anniversaire qu'on ne pourra plus revenir en arrière, Apple aura préparé un speech avant l'annonce et quelque chose de fort surprenant en rapport à son histoire et de son fondateur. Un truc inoubliable qui nous scotchera avant même le bouquet final qui je l'espère ne sera pas un pétard mouillé mais un de ces trucs que Jobs savait si bien nous concocter et qui nous faisait nous savoir, pour ceux qui étaient encore là avec lui dans ce monde, chanceux d'y être encore et qu'on entrait là dans une ère nouvelle technologique. Un truc de dingue qu'on ne pourrait revenir en arrière !
Allé, encore quelques poignées de semaines à attendre. Apple pendant toutes ces années aura réussi à nous mettre dans des situations, Semper Fi, mais quel ascenseur émotionnel ce truc, 10 ans...

avatar misterbrown | 

Super article, il ne manque que l'adresse de cette acuponctrice!

avatar stemou75 | 

Les anecdotes de cet entretien montrent à quel point Forstall, un ancien de NEXT depuis 1992, était proche de Steve Jobs. Alors évidemment à la mort de celui-ci, il fallait que Cook trouve un prétexte pour se débarrasser de quelqu'un dont la personnalité n'est clairement pas de même style.

avatar marc_os | 

@stemou75 :
Évidemment. :/

avatar Malum | 

Cette histoire de l'acupuncture est de l'ordre de la pensée magique. Ce ne doit être tout simplement qu'une coïncidence. L'acupuncture est censée agir en régulant les hypothétiques flux vitaux qui suivent certains canaux. Dès le départ on se rend compte avec les variations anatomiques que s'il est possible de trouver une veine car elle se voit ou se sent, trouver le même genre de canal virtuel chez deux personnes différentes relève de la prestidigitation. Enfin on ne peut croire en une pseudo médecine qui propose un mode d'action et qui guérirait une maladie qui n'a aucun rapport avec ce mode d'action. Le virus lui n'est pas dans un canoé sur le fleuve vital où l'acupuncture pourrait le couler. Il se moque bien de ce truc. Lui il envahit le corps et circule dans le réel. En revanche la pensée magique, ou comme dans les contes la parole performative, peut agir. Les émotions agissent sur les régulations hormonales qui elles ont un impact sur la défense immunitaire, on connaît aussi l'effet placebo. Il s'agit dans le cas d'un virus de problème de lutte de l'organisme contre un corps étranger ce qui est le danger d'une transplantation et la survie dans une infection. Le virus a dû arriver en fin de cycle de vie soit spontanément soit parce que le corps a fini par l'emporter. On guérit spontanément d'une grippe, sans acupuncture.

avatar NAVY7GAS | 

@Malum :

Nan c'est réel. On n'est pas dans la magie, les ancestraux chinois le pratiquaient déjà avant même que la pénicilline n'existait. D'ailleurs c'est je ne sais plus quel docteur et savant autrichien ou scandinave du 17 ou 18ème siècle qui avait fait un voyage en Asie dans les endroits les plus reculés de Chine et qui avait retranscrit dans ses mémoires comment les chinois se soignaient et par quelles études approfondies ils comprenaient le corps humain.
En rentrant dans son pays et en présentant ses recherches, il a dû faire face au scepticisme de ses confrères le tournant en ridicule voire à de l'agressivité de ses comparses voulant aller jusqu'à lui faire déchoir de son statut de chercheur en médecine en plaidant la folie, le faisant faire des examens voir s'il n'aurait pas attrapé quoique ce soit lors de son voyage.
Tout ça pour dire qu'encore aujourd'hui la pratique n'est pas encore bien établie pour pouvoir figurer dans la médecine traditionnelle mais elle est néanmoins vérifiable et plus ou moins acceptée dans nos contrées. C'est pas encore aujourd'hui que la sécu remboursera ces actes, mais rembourse-elle totalement les autres pratiques presque similaires (?)

En tout cas pour ma part, j'en ai eu à faire l'expérience.
À l'époque après avoir quitté l'armée pour revenir dans le civil, après un déploiement de plusieurs mois dans un pays du Centrafrique, mon corps s'était fatigué et n'arrivait plus à absorber les nutriments que je lui donnais, clairement je n'arrivais plus à reprendre du poids, ma masse corporelle avait chuté. J'avais tout essayé, aucuns médecins ni militaires ni civils pouvaient comprendre ce qui m'arrivait, c'était pas bien grave ce que je me disais, alors que d'autres prenaient du poids en revenant, moi je mincissais, ça m'allait bien, sauf pour ma famille qui s'inquiétait..
J'ai essayé l'acupuncture par un ami d'un proche qui le pratiquait dans le 13e et j'ai pu retrouver de ma masse initiale. Plus mince mais stabilisé aujourd'hui.

avatar NymphadoraTonks | 

@NAVY7GAS

Meme sur un sujet médical, ta haine de l'Occident suinte. Dans tous tes commentaires, tous sans exception, tu as toujours ce goût de haine.
Et cette survalorisation de tout ce qui n'est pas occidental.
L'acupuncture, c'est du bidon. Point, de l'effet placebo puissance 1000.
Autant la réflexologie est prouvée, autant l'acupuncture est du charlatanisme.
Et c'est pas parce que l'on utilise cette méthode depuis 2000 ans que cela fonctionne.
Avant on trépanait pour un mal de tête aussi .

avatar NAVY7GAS | 

@NymphadoraTonks :

Nan fils ce n'est pas de la haine juste un constat de ce que j'ai pu étudier, voir, entendre, sentir et comprendre dans d'autres contrées, des régions centrafricaines, des pays d'Afrique sont encore à l'état tel qu'ont laissé les colonisateurs et usurpateurs profiteurs de l'Occident. En Asie, pareil.

Mais rassures-toi y'a du bon du côté de chez nous que je remarque aussi, en tout cas pour certains pays d'Europe, France, Allemagne, Royaume-Unis entre autres, on a reconnu les erreurs du passé, le mauvais karma qu'on avait semé par le passé, on s'efforce de se faire pardonner par la tolérance et la résilience, on encaisse les retours de bâtons (les immigrations), le fait qu'on n'ait pas voté pour leur renvoi, car solutions de facilité (radical = piège = situations qui s'envenimeront), malgré ce qu'ils nous font subir (attentats) là où les ricains n'ont toujours rien compris dans leur grande majorité et continuent à fonctionner œil pour œil , dent pour dent alors que leurs maux viennent des pêchés de leurs pères ; eux sont les occidentaux en général que je vise et que je méprise.

avatar Malum | 

Vos amis les Asiatiques ont inventé ce que l'on appelle le supplice chinois. Votre ami Pol Pot a usé de l'acupuncture à grande échelle 1/3 de sa population a été zigouillée, le plus grand génocide proportionnellement de tous les temps. Votre ami Mao et ses successeurs c'est la révolution culturelle et en trente ans entre 50 et 100 millions de morts. Votre ami Kim Jun Il c'est paix et sérénité.

La médecine chinoise est une vaste blague du simple fait que les mêmes composants suivant les régions ont des noms différents ou à l'inverse le même nom correspond à des composants aux propriétés totalement différentes.

Les Japonais ont envahi la Corée et se sont servis des femmes comme bétail sexuel. Les Chinois ont envahi le Tibet et massacré sa population. Les Chinois ont envahi les pays voisins et imposé leur mode de vie. Entre le nord et le sud de la Chine se fut des siècles de guerre avec tortures, assasinats, massacres, esclavagismes, acculturation, imposition d'une langue et d'un mode de vie. Ne parlons pas des haines recuites entre les Thaïlandais, les Birmans et les Vietnamiens.

Voilà moi aussi je peux faire de l'Histoire et comme vous je peux généraliser et mettre tout le monde dans le même sac et parler d'un peuple au nom des exactions d'une partie de ceux-ci. En revanche ce qui est certain c'est qu'en matière de massacres les Asiatiques sont les rois du monde suivis de près par les Communistes puis Hitler et ses copy cats comme les Islamistes ou le massacreur en chef de la Syrie. Dans cet horrible liste les Américains ne sont pas en tête. Ni les Occidentaux qui ont eux inventé la démocratie.

Quant au mirage que le temps donne la légitimité Zeus était responsable des éclairs, les chats noirs des malheurs, il y avait de l'air dans les artères (d'où leur nom), on soignait les cancers en ouvrant la plaie et mettant un morceau de viande pour le nourrir, on arrachait la rate pour courir plus vite, on mangeait le cœur d'un ennemi valeureux etc.

avatar leber726 | 

Dans les années 70 ma mère qui attendait un de mes frères a eu des problèmes de dos épouvantables. La médecine française lui a proposé de passer le reste de sa grossesse dans une coque, perspective qui l'effrayait. Sur conseil d'une collègue elle est allée voir un acupuncteur chinois, en deux RDV le problème était réglé, elle ne sentait plus son dos.
Je dis ça je dis rien, j'en pense pas grand chose, d'ailleurs je ne me soigne qu'avec la médecine normale et il ne m'est jamais venu à l'idée de voir ailleurs. Mais ça s'est passé comme ça.

avatar Espcustom | 

Passionnant comme article ? le départ de Forstall n'était qu'une question de temps je pense suite au décès de Jobs.

Qu'on le veuille ou non Apple a changé depuis et ça ne lui allait plus. Plans a été je pense la goutte d'eau.

avatar reborn | 

Cherchez pas 12h à 14h. Aussi bon fut-il son départ fut une excellent chose pour Apple.

avatar konoplyanka06 | 

Forstall représentait une des principales figures d'Apple des années 2000. À l'époque il était au même niveau que Tim Cook dans la hiérarchie d'Apple. Le numéro deux était d'ailleurs Phil Schiller aux environs des années 2009-2010 quand Steve Jobs s'est absenté une première fois pour maladie. Puis peu de temps avant son décès, Steve a décidé subitement de nommer Tim Cook, car celui-ci avait fortement participé au succès financier d'Apple.

Jobs avait nommé Cook pour ses qualités de gestionnaire. Bingo car, Apple est depuis devenu la première entreprise en terme de capitalisation financière.

Néanmoins Tim Cook ne peut pas tout avoir et le fait qu'une personne comme Forstall ait été débauché sans ménagement fut une des plus grave erreur que Tim Cook ait faite. Forstall est visiblement un visionnaire du calibre de Steve Jobs. Pour preuve ces deux là était visiblement très proches et à eux deux seuls, ils ont imaginés le concept de l'iPhone (vous voyez apparaître Cook dans cette petite histoire ?)

Après je sent que Tim Cook veut tourner trop vite la page Steve Jobs sans savoir qu'Apple c'est l'âme de Steve Jobs. Tim Cook va finir par transformer Apple en Big Brother s'il continue à oublier l'ADN de la marque. Ce n'est pas pour rien que Steve Jobs refusait de payer les dividendes aux actionnaires ...

Car Steve Jobs voulait par exemple révolutionner la TV peu avant sa mort. Tim Cook lui nous a juste sorti une
AppleTV avec des apps et Siri. Insuffisant car les Apps et Siri ne viennent pas de son ère. Les deux seuls produit 100% Tim sont l'Apple Watch et la HomePod Station. C'est pas assez selon-moi en 6 ans de règne.

Pour terminer petite devinette : Où bossait Tim Cook durant la sortie du spot 1984 de Ridley Scott ?

avatar reborn | 

@konoplyanka06

C'est du grand n'importe quoi, encore une fois basé sur un mépris de Tim Cook ?

avatar Arnaud de la Grandière | 

Pour rappel, quand même, l'acupuncture n'a démontré aucun effet avéré au delà de l'effet placebo, les anecdotes de cet ordre ne constituent pas une preuve de quoi que ce soit (considérer que ce serait l'acupuncture qui a "sauvé la vie" de Scott Forstall reviendrait à considérer que boire un café provoque la pluie s'il a plu après avoir bu un café), et Steve Jobs a probablement écourté inutilement sa vie en accordant trop longtemps foi à des traitements "alternatifs" pour son cancer (sachant que la médecine "alternative" qui a fait la preuve de son efficacité s'appelle "médecine").

http://amara.org/fr/videos/d0ONjLw01K27/info/tim-minchins-storm-the-anim...

avatar byte_order | 

> Pour rappel, quand même, l'acupuncture n'a démontré aucun effet avéré au delà de l'effet placebo

Exact.
C'est juste dommage d'oublier de rappeler, également, que l'effet placebo a démontré des effets avérés.

Le cerveau est un organe, lui aussi. Et toute action sur un organe au sein d'un système complexe d’interaction entre de multiples organes dont certains très complexes peut entrainer des effets. Vu la complexité élevé du cerveau, prétendre connaitre tous les effets possibles de tout action faite sur cet organe relève de l'arrogance (ou d'un certain corporatisme, voir les deux à la fois).

Cela ne signifie pas que l'acupuncture soit de la médecine.
Mais cela signifie que la médecine ignore encore beaucoup de choses, à l'instar de toutes les autres sciences : ce qui est connu est infiniment faible par rapport à ce qu'il reste à découvrir.

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