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Test du Google Home

Mickaël Bazoge

Friday 18 August 2017 à 10:00 • 60

Accessoire

En lançant le Google Home en France, le moteur de recherche fait figure de pionnier : il lance en effet la première enceinte connectée dans l’Hexagone, alors que la concurrence reste cantonnée aux États-Unis et à une toute petite poignée de pays européens. Alexa, puisque c’est d’elle dont il est question, ne comprend que l’anglais et l’allemand.

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Quant à Apple, il y a bien le HomePod, mais l’enceinte connectée ne sera disponible qu’en décembre et uniquement en anglais (pour les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie). Le Google Home a donc un boulevard en France et au vu de la communication agressive de l’entreprise, il y a des chances pour que l’assistant y rencontre son petit succès. C’est d’autant plus vrai que le produit a des arguments en sa faveur, comme on va le voir dans ce test.

Petit et discret

L’enceinte en elle-même est un produit tout petit (14 cm de haut) qui trouvera naturellement sa place sur un bureau, une table de chevet ou dans la cuisine. Au vu de son prix (149 €), il faut se contenter d’une finition en plastique, mais cela n’empêche pas l’appareil d’être bien conçu. La base contient le haut-parleur entouré d’une grille tressée ; à l’intérieur se trouvent deux radiateurs passifs de 5 cm et un transducteur de même taille, pour une puissance de 10 watts.

Google décline l’enceinte en plusieurs coloris (uniquement pour la base) : en plus du gris classique, on peut opter pour du noir ou du marron/bronze. Le moteur de recherche vend d’ailleurs des bases seules, au prix de 24 € pièce. En retirant cette base, on repère un port micro USB qui ne sert que pour la maintenance.

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À l’arrière de l’enceinte prend place un bouton physique pour couper les deux micros qui tendent leurs oreilles en permanence dans l’attente de la requête « OK Google ». Sur la partie supérieure et inclinée, on profite d’un jeu de lumière qui s’active lorsque le Home réfléchit ou répond à une question. Les micros sont positionnés de part et d’autre de la surface tactile : un tapotement permet de couper le son.

Puisqu’on évoque le son, restons-y quelques instants. Malgré sa petite taille, le Google Home est un peu plus qu’un haut-parleur d'appoint : il offre des basses somme toute convaincantes pour ce format réduit, et la spatialisation est correcte. De quoi sonoriser tranquillou un bureau ou une chambre.

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On ne regrette finalement qu’une chose sur le plan matériel : que l'enceinte ne puisse pas être plus mobile. En l’absence d’une batterie interne, l’appareil doit impérativement être branché sur le secteur. C’est bien malheureux car son poids de 477 grammes est une invitation à le balader partout avec soi. Pas tellement dans la rue, mais plutôt au bord de la piscine de la maison ou dans le jardin, là où les prises électriques se font rares.

La voix de son maître

Le Google Home cache un assistant qui n’est autre que… Assistant, l’intelligence artificielle du moteur de recherche que l’on retrouve aussi dans les Pixel ou l’app Allo. Chacun n’offre pas les mêmes prestations, à l’instar de Siri qui est plus ou moins finaud suivant la plateforme (il y a tout un monde entre Siri sur iPhone et Siri sur Apple TV, par exemple). Mais avant de lancer « OK Google » à la cantonade, il convient tout d’abord de configurer l’enceinte.

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Tout passe par l’application dédiée, Google Home, qui malgré une interface qui ne reprend aucun des canons d’iOS, n’en reste pas moins simple à utiliser. Après détection de l’appareil, celui-ci émet un son qu’il faudra confirmer, puis il se connectera au réseau Wi-Fi de la maison (802.11 b/g/n/ac en 2,4 ou 5 GHz).

Il faut ensuite autoriser l'appareil à piocher dans nos informations personnelles pour des résultats optimisés. Sachez que l’enceinte ne sait pas encore distinguer les voix des résidents du foyer : n’importe qui est donc susceptible d’accéder aux données du propriétaire de l’enceinte pour peu qu’il lance « OK Google ». Au moment de la configuration initiale, vous pouvez autoriser l'Assistant à accéder à vos informations personnelles ; si vous ne l'autorisez pas, les capacités de Google Home seront fortement réduites.

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Il faut enfin associer quelques services en ligne, en particulier les services de streaming musicaux. Hélas, pas d’Apple Music à l’horizon, mais Deezer, Spotify et Google Play Musique sont de la partie, ce dernier offrant un essai gratuit de 14 jours pour se faire une idée.

Ensuite ? Eh bien c’est à vous de jouer ! Dites « OK Google » puis posez n’importe quelle question qui vous passe par la tête, et l’enceinte va tenter de vous répondre du mieux possible. Les possibilités sont assez riches :

  • traduction : « comment dit-on “chat rigolo” en espagnol ? » ;
  • ajout de produit sur une liste de courses : « ajoute “MacBook Pro” à ma liste de courses » ;
  • connaître les actualités : « donne moi les dernières infos » ;
  • connaître le programme de la journée : « quoi de neuf aujourd’hui ? » ;
  • calculer : « combien fait deux fois deux ? » ;
  • convertir des unités et des devises : « à quoi correspond un pied ? » ;
  • obtenir la définition d’un mot : « que signifie “poudre de perlimpinpin” ? » ;
  • prévenir de la date d’un prochain vol : « quand est-ce que je prends l’avion ? » ;
  • connaître les conditions de trafic et la durée d’un itinéraire : « comment est le trafic entre ici et la maison ? » ;
  • lire de la musique : « joue-moi quelque chose de cool »…

Et puis il y a tout le reste, des questions de culture générale (« qui a réalisé le film 2001, l’Odyssée de l’espace ? ») aux plus farfelues (« est-ce que tu connais Siri ? »). Le Google Home propose même des jeux, il suffit de lui dire « je m’ennuie » pour que l’assistant offre de quoi tuer le temps, seul ou à plusieurs ! Et bien plus encore. Google tient une liste des questions que l’on peut poser.

Voici un rapide comparatif en vidéo entre le Google Home et Siri avec des questions similaires (oui, la voix de Siri est en français-canadien) :

Le moteur de recherche a noué des partenariats avec plusieurs services disponibles en français, comme TuneIn qui permet d’écouter de nombreuses radios (demandez par exemple « je veux écouter Radio Nova »). On peut aussi contrôler à distance et à la voix les produits domotiques de Philips (Hue), Nest, Belkin (Wemo) et Lifx. Pas de HomeKit hélas, et il y a fort à parier que ce ne sera jamais le cas.

Plusieurs médias sont aussi partenaires comme Europe 1, RTL, Radio France ou encore France 24. Là aussi, une page spéciale est dédiée à tous ces partenariats, et l’application mobile permet de sélectionner les sources d’infos et l’ordre dans lesquelles on veut les écouter.

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Certains services sont plus pertinents que d’autres. Si on demande les dernières infos, le Home propose le dernier flash de France Info (très bien), mais si l’on souhaite les actus sportives, l’enceinte offre un bulletin… en anglais (bof). On peut moduler l’intitulé des questions et comme pour Siri, les réponses seront les mêmes qu’avec des questions « standard » ;. Néanmoins, l’Assistant de Google peut être collé : il sèchera sur « quel est le taux de change du dollar canadien », mais il donnera la réponse désirée avec « que vaut un dollar canadien en euro ».

La sensibilité de Google à l’actualité fait en sorte que les réponses de son Assistant s’adaptent très rapidement aux informations du moment, bien plus que Siri (lire : Quand Google Home marque un but, Siri joue toujours en défense).

Au rayon des déceptions, il n’est pas encore possible d’ajouter d’événement ni de rappel, alors qu’il y a une fonction de liste de courses et que l’on peut demander les rendez-vous du jour saisis dans l’agenda de Google. Tout cela devrait être proposé au fil du temps, car après tout le Google Home ne cesse d’apprendre comme l’Assistant le répète assez souvent.

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Le Google Home sait rebondir d’une question à l’autre, par exemple on peut demander « qui est le président des États-Unis » puis « et en France » pour obtenir les bonnes réponses à chaque fois. En revanche, la conversation est systématiquement hachée par l’obligation de commencer chaque question par « OK Google », ce qui n’est pas du tout naturel après la première question.

L’absence d’interface visuelle — en dehors des animations colorées — n’est finalement pas si handicapante. Il faut dire que les questions que l’on peut poser au Google Home ne nécessitent pas vraiment de support visuel (un historique des questions/réponses est disponible dans l'app). Il en ira certainement de même pour le HomePod ! On regrette néanmoins que Google n’ait pas fait l’effort de proposer une voix un peu moins robotique, on se croirait aux débuts de Siri. C’est d’autant plus dommage qu’avec iOS 11, Apple est en train d’améliorer sérieusement la qualité des voix de son assistant, allant jusqu’à leur donner une tessiture presque humaine assez troublante. Le Google Home ne laisse par ailleurs aucun choix du genre (l’assistant est… une assistante).

L'enceinte connectée prend une autre dimension quand on y ajoute un Chromecast, audio comme vidéo. Il devient ainsi possible de lui demander de lancer la lecture d’une bande-annonce ou d’un clip YouTube sur le téléviseur (sur lequel on aura installé le module Cast, donc), ou bien d’une série ou d’un film sur Netflix. C’est extrêmement efficace et l’assistant n’est pas mauvais pour reconnaitre les mots anglais (même si sur l’Apple TV, Siri se défend très bien à ce petit jeu).

La lecture d’un clip ou d’un film peut être contrôlée à la voix, pour avancer de dix minutes par exemple, demander l’affichage de sous-titres en français s’ils existent, ou pour basculer le doublage dans une autre langue. De même, et c’est valable aussi pour la lecture musicale avec les autres services de streaming et les radios, on peut modifier le volume sonore à la voix, passer au morceau suivant ou précédent (mais pas sauter la pub dans YouTube…), mettre en pause, etc. Dommage toutefois que le son de la vidéo ne soit pas diffusé par Home, cela aurait été bien pratique quand on regarde du contenu sur un moniteur dépourvu de haut-parleur.

Le support de Netflix n’est pas encore complet ; Home se contente de lancer le dernier épisode non lu d’une série, on ne peut pas lui demander « lis l’épisode 5 de la saison 3 de Voltron », par exemple. Pour améliorer encore l’expérience, le Google Home se devra d’assurer le support d’autres services comme OCS, myCANAL, Molotov et consorts. Cela viendra peut-être…

La version française du Google Home est moins complète que son homologue américaine (voir la liste). Malgré son absence dans la liste des fonctionnalités en France, Google Home peut servir de déclencheur d'actions IFTTT. On n'a cependant pas droit aux recettes de cuisine (il faut se contenter de réponses lues depuis des sites web), de la lecture de podcasts… Espérons que tout cela ira en s’améliorant !

Pour conclure

Le Google Home est une bonne surprise. Tout d’abord, c’est le premier assistant connecté du genre à être disponible en France, à un prix finalement assez abordable (rappelons que le HomePod coûtera 349 $, plus du double). La palette des fonctionnalités, bien que plus limitée par rapport à la déclinaison américaine, permet toutefois d’en profiter dans bien des situations. Et même la qualité sonore n’est pas vilaine ! On n’en attendait pas moins de Google, mais cela aurait pu être pire.

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Cette enceinte a donc bien des qualités et on sent que le moteur de recherche en a gardé sous la pédale pour en accomplir encore plus. On attend entre autres une voix plus agréable et plus de partenaires français pour multiplier le contenu disponible. Google oblige, le support de l’écosystème d’Apple est très limité, à l’exception de l’application iOS : pas de HomeKit, pas d’Apple Music… L’enceinte Home sera sans aucun doute plus utile aux utilisateurs impliqués dans l’univers Google (on trouve ici la FAQ sur la sécurité et la confidentialité des données).

Au bout du compte, je me suis étonné à utiliser le Google Home pour obtenir toutes sortes d’informations que je cherche habituellement sur internet derrière mon Mac ou mon iPad. J’ai ressenti moins de frustration avec l’Assistant de Google qu’avec Siri, peut-être grâce à une meilleure compréhension des questions et du contexte, mais aussi parce que les réponses sont plus précises et pertinentes (qui n’a pas poussé un soupir de dépit à la présentation par Siri de ses sempiternels résultats de recherche sur internet ?).

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